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#BacPhilo : la vérité, claire et définitive?

28/11/2020 | par Sylvain Portier | dans Le Bac philo

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LE BAC PHILO : À partir de 2021, les élèves de Terminale se confrontent à une réforme du Baccalauréat. iPhilo se propose donc de publier des extraits d’analyses de notions de philosophie faites par Sylvain Portier dans Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses). Ce mois-ci, la vérité.


Docteur en philosophie, Sylvain Portier est professeur de lycée en Loire-Atlantique, conférencier et rédacteur en chef d’iPhilo. Il a notamment publié  Fichte, philosophe du Non-Moi (Éd. L’Harmattan, 2011), Philosophie, les bons plans (Éd. Ellipses, 2016) et Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses, 2014 et 2020). Il a réalisé des conférences pour les Éditions M-Éditer. Un compte philosophique Instagram peut être suivi.


Le terme vérité caractérise une affirmation, un énoncé quand il est en accord avec ce que l’on peut observer. Toutefois, on emploie parfois le mot vrai pour caractériser une chose, pour insister sur son authenticité (ex : c’est un vrai Picasso) ou sur la correspondance entre cette chose et l’idée qu’on s’en fait (ex : s’il n’y a pas de sapin, ce n’est pas un vrai Noël). On dit certes parfois que l’on a chacun sa vérité, mais cela vient du fait que l’on parle mal : la vérité se définit précisément par son caractère objectif et universel. Mieux vaudrait donc parler ici d’opinion, de point de vue, de conviction ou d’interprétation, mais pas de vérité. Le problème est alors que, lorsque l’on est dans le vrai, on sait que l’on y est mais que, quand on est dans l’erreur ou l’illusion, on peut tout aussi fermement croire que l’on est dans le vrai.

Lire aussi : L’ère de la post-vérité ou le «complexe de Jocaste» (Alain Cambier)

La vérité a également des enjeux d’ordre moral. Le mensonge en est un bon exemple : avoir le courage de connaître la vérité, même si elle n’est pas toujours plaisante, est un devoir moral qui nous donne la fierté de nous élever au-dessus des animaux et des personnes dogmatiques. Le philosophe John Stuart-Mill ira dans le même sens en considérant, dans L’utilitarisme, qu’il «vaut mieux être un homme insatisfait qu’un pourceau satisfait», qu’il «vaut mieux être Socrate malheureux plutôt qu’un imbécile heureux». Et «si l’imbécile et le pourceau sont d’un autre avis, c’est qu’ils ne connaissent qu’un côté de la question». Ce serait même là ce qui ferait la grandeur de l’homme, plus que tout ce qu’il a pu conquérir ou amasser.

Lire aussi : La science est-elle vraie ? (Bruno Jarrosson)

Parmi les vérités, certaines semblent indubitables : ce sont les vérités dites scientifiques. Elles reposent en effet sur des preuves expérimentales et sur des démonstrations, c’est-à-dire des déductions rationnellement nécessaires, effectuées à partir de certaines prémisses que l’on accepte. Un système scientifique possède donc toujours certaines limites : en progressant, la science explique certains phénomènes mais en découvre de nouveaux, qui remettent en cause nos certitudes antérieures et demandent à leur tour à être expliqués. C’est pourquoi il serait simpliste de croire que les sciences dures forment des systèmes qui seraient établis de façon claire et définitive.

(…)

Pour aller plus loin : Sylvain PORTIER, Philosophie, contrôle continu, Éd. Ellipses, 2020.

Inclus, un corrigé de dissertation : La découverte de la vérité passe-t-elle par le dialogue ?

 

Sylvain Portier

Docteur en philosophie, Sylvain Portier est professeur de lycée en Loire-Atlantique, conférencier et rédacteur en chef d'iPhilo. Il a notamment publié Fichte, philosophe du Non-Moi (Éd. L’Harmattan, 2011), Philosophie, les bons plans (Éd. Ellipses, 2016) et Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses, 2014 et 2020). Il a réalisé des conférences (disponibles en ligne) pour les Éditions M-Éditer.

 

 

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