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#BacPhilo : en faut-il peu pour être heureux ?

24/01/2021 | par Sylvain Portier | dans Le Bac philo

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LE BAC PHILO : À partir de 2021, les élèves de Terminale se confrontent à une réforme du Baccalauréat. iPhilo se propose donc de publier des extraits d’analyses de notions de philosophie faites par Sylvain Portier dans Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses). Ce mois-ci, le bonheur.


Docteur en philosophie, Sylvain Portier est professeur de lycée en Loire-Atlantique, conférencier et rédacteur en chef d’iPhilo. Il a notamment publié  Fichte, philosophe du Non-Moi (Éd. L’Harmattan, 2011), Philosophie, les bons plans (Éd. Ellipses, 2016) et Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses, 2014 et 2020). Il a réalisé des conférences pour les Éditions M-Éditer. Un compte philosophique Instagram peut être suivi.

Le problème du bonheur vient du fait que ce soit un concept indéterminé, non pas par accident, mais par essence : s’il désigne un état de bien-être total et durable, il est proche du plaisir, à ceci près qu’il n’est pas ponctuel et qu’il couvre l’ensemble des aspects de la vie de la personne. Le bonheur serait un état de bien-être parfait, à la fois passé, présent et à venir… mais comment savoir ce que l’on veut précisément lorsque l’on veut être heureux ?

Lire aussi : Le philosophe n’est pas un professeur de bonheur (Eric Delassus)

Nos désirs étant en nombre illimité, l’hédoniste ne pourra jamais tous les satisfaire. C’est donc une quête sans fin, au sens où elle ne finira jamais… mais peut-être aussi sans fin au sens de but, puisque le seul objectif du désir est de resurgir sans cesse, de se conserver comme désir. Socrate utilise alors l’image d’une personne qui tente de «remplir une passoire avec une écumoire». Dans un autre passage, il compare Calliclès aux Danaïdes qui, selon la mythologie grecque, ont été condamnées par les dieux à remplir éternellement un puits sans fond. Chaque désir assouvi laissant place à un nouveau désir, le bonheur selon Calliclès est donc à la fois un état de perpétuelle excitation et de perpétuelle frustration.

Lire aussi : Épictète, le bonheur par détachement (Sylvain Portier)

On peut alors se demander si être heureux, ce n’est pas avant tout être libéré de chaines intérieures, telles que l’esclavage du désir. Il est même possible de radicaliser cette volonté de détachement par rapport au désir, afin d’être heureux. Le stoïcisme d’Épictète définit ainsi le bonheur comme une libération radicale de l’emprise des envies dont nous sommes esclaves, parfois même sans nous en rendre compte. Il faut donc à la fois peu de choses matérielles et quelque chose de difficile à acquérir pour être heureux, car c’est sur notre capacité à prendre un recul par rapport à ce que nous ressentons et par rapport aux influences extérieures que repose le vrai bonheur.

(…)

Pour aller plus loin : Sylvain Portier, Philosophie, contrôle continu, Éd. Ellipses, 2020.

Inclus, un corrigé Corrigé d’explication de texte : Schopenhauer – le bonheur et l’absurdité de la vie

 

Sylvain Portier

Docteur en philosophie, Sylvain Portier est professeur de lycée en Loire-Atlantique, conférencier et rédacteur en chef d'iPhilo. Il a notamment publié Fichte, philosophe du Non-Moi (Éd. L’Harmattan, 2011), Philosophie, les bons plans (Éd. Ellipses, 2016) et Philosophie, contrôle continu (Éd. Ellipses, 2014 et 2020). Il a réalisé des conférences (disponibles en ligne) pour les Éditions M-Éditer.

 

 

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