iPhilo » C’est l’anniversaire d’iPhilo : merci à tous !

C’est l’anniversaire d’iPhilo : merci à tous !

6/02/2013 | par L'équipe d'iPhilo | dans Philo Contemporaine | 1 commentaire

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C’était à la terrasse d’un café à Boulogne-Billancourt, il y a maintenant deux ans de cela. L’idée étrange de réaliser une application iPhone de philosophie nous vient à l’esprit. Quelque chose de très simple, quelques Quizz et un test « Quel philosophe êtes-vous ? ». Nous n’avions en réalité pas mesuré le vrai potentiel de ces petites applications pour téléphones intelligents et tablettes numériques. Nous nous mettons au travail. Il fallait coder de bric et de broc ce petit produit technologique. Il fallait aussi écrire les textes, avec le peu de culture que nous avions. L’année de terminale n’était pas si loin et notre grande référence en philosophie restait notre professeur de terminale. Les textes se sont enrichis au fur et à mesure des cours reçus à Clignancourt en licence de philosophie. Lecture des trois Critiques de Kant ; découverte de Etre et temps d’Heidegger ; initiation aux présocratiques, à l’Ethique à Nicomaque ; aux Confessions de saint Augustin ; à la Théorie de la justice de Rawls. Les textes font leur bout de chemin et puis, un jour, une idée nouvelle nous vient. Pourquoi ne pas demander à un philosophe, chaque mois, de commenter l’actualité ?

Scepticisme dès le départ. Comment les contacter ? Accepteront-ils ? Pourquoi au juste le feraient-ils ? Mais comme nous dira Bruno Jarrosson quelques temps plus tard : quand on est jeune, on commence par faire les choses et on se demande ensuite ce que l’on pourra en faire. Ca change avec l’âge, mais l’intérêt à vingt ans, c’est que l’on ne se pose pas toutes ces questions de buts, d’objectifs, ou encore moins de modèle économique. On fait, et ensuite on avise. Au pis, qu’y perdrions-nous ? Bref, deux d’entre nous partaient en Angleterre, un autre au Canada, un autre à Hong-Kong.  Ce n’était pas très commode pour contacter des philosophes français … On a essayé et, surprise heureuse, le 6 février 2012, les trois premiers Editos sont publiés. Et depuis, ils défilent chaque semaine, de contributeur en contributeur.

Autre miracle, les gens téléchargent l’application gratuite et 365 jours après les deux premiers Editos de Jean Picq et Pierre-Henri Tavoillot, plus de 10 000 personnes l’ont sur leur iPhone. A quoi ressemble cette soixantaine de personnes qui découvre chaque jour iPhilo sur leur mobile ? Nous n’en savons rien, mais ils sont là, et ils lisent !

C’est un anniversaire bien agréable pour iPhilo, quelques semaines après le lancement d’un nouveau site internet et d’une version spécifique de l’application pour iPad. Nous souhaitons remercier chaleureusement nos milliers de lecteurs et nos 80 contributeurs qui ont donné en un an près de cent articles à ce petit média. Un merci plus particulier à Laurence Hansen-Löve et Elizabeth Antébi qui nous suivent avec constance et régularité depuis le début de cette aventure.

Nous profiterons de cette deuxième année pour approfondir et enrichir le concept d’ « iPhilo » – nous avons plusieurs pistes que vous découvrirez bientôt.

Mais déjà, la petite morale de cette année est bien simple : comme le disait Aristote, c’est en jouant de la cithare que l’on devient cithariste. Profitons de cet anniversaire pour reprendre les mots magnifiques que prononça Jankélévitch en hommage à Henri Bergson : comme Platon dans La République ou Aristote dans L’éthique à Nicomaque, il faut faire avec l’âme toute entière, et non avec un petit bout de celle-ci. Il faut faire « avec le cœur tout entier, et non avec petit un bout de ventricule ou d’oreillette ». Il ne faut pas juste se convertir, se retourner, mais aussi marcher, agir et donc faire. L’engagement bergsonien doit être primaire, sans exposant de conscience. Il ne signifie pas intention d’engagement ou engagement à s’engager. Bergson répète dans Les deux sources de la morale et de la religion : « N’écoutez pas les hommes, regardez ce qu’ils font ». Retour à l’immédiat, aux choses elles-mêmes, à une conscience drastique. Ce qui importe, c’est non de dire, mais de faire. Il y a des choses, les plus précieuses, qui ne sont pas faites pour être dites, mais pour qu’on les fasse. Et en un sens, la philosophie est dans ce cas : ne point parler de la philosophie, mais en faire, précisément. Cette considération du faire ouvre l’homme au mouvement. L’homme se délie de ses problèmes en brisant le cercle vicieux. Comment peut-on devenir cithariste quand on ne l’est pas déjà ? En effet, si on ne l’est pas du tout, comment le devenir sans point d’appui ni prise ? Et si on l’est déjà, on n’a pas besoin de le devenir. Et bien tout simplement, le problème se résout en jouant de la cithare ! Dans l’acte même par lequel on se jette à l’eau, parfois maladroitement, la solution se dessine. Il y a  donc une trouvaille immédiate et magique dans l’acte drastique. Suivant l’impératif de Bergson dans Le possible et le réel, Il faut faire la chose pour qu’elle puisse être possible et l’avoir toujours été, de façon rétrospective.

Encore une fois, merci à tous, car nous avons lancé iPhilo en univers incertain, sans vraiment savoir ce que cela allait donner. Nous en savons déjà un peu plus, mais de ce qu’iPhilo sera demain, mystère ! Le poète Henri Heine expliquait ainsi « Pourtant, je l’ai vécu, mais ne me demandez pas comment ».

 

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Commentaires

[…] nos esprits et nous avons commencé à plancher sur ce que pourrait être l’application. La version longue de l’histoire se trouve sur iPhilo.fr, mais je voudrais ici revenir sur l’aspect technique de la chose et des enseignements que […]

par c2prods » iPhilo : un an après - le 7 février, 2013



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