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Je suis la crise de l’école républicaine

2/02/2015 | par Anne Frémaux | dans Art & Société | 15 commentaires

 

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Au lendemain des événements tragiques de Charlie, l’école a une nouvelle fois été pointée du doigt, diversement mise en cause ou appelée à la rescousse par les responsables politiques. L’exécutif a ainsi annoncé, en grandes pompes, une refonte de l’école destinée à lui permettre de retrouver « sa capacité à intégrer et former les citoyens de demain ». Encore une fois, l’on peut déplorer une occasion manquée de mentionner et de traiter les vrais problèmes au profit d’annonces politiques manifestant une grande distance face à la réalité et l’ampleur de la crise que traverse notre école et qui est inséparable de celle qui affecte la société dans son ensemble. De nombreuses mesures ont ainsi été annoncées, dont beaucoup apparaissent comme des emplâtres sur une jambe de bois ou sont même de nature à alimenter les problèmes qu’elles sont censées résoudre: parmi elles, l’accent mis par exemple sur les rites républicains (drapeau, Marseillaise, journée de la laïcité etc.) qui auront probablement comme effet, en l’absence de réformes de fond changeant réellement la logique du système, d’attiser la haine d’élèves se sentant déjà exclus de la communauté républicaine et qui verront là une nouvelle occasion de clamer leurs différences et de défier un modèle qui les rejette. Il reviendra, comme à l’accoutumée, aux membres de la communauté éducative, de « contenir », dans le silence médiatique revenu, les débordements occasionnés par des symboles perçus comme provocateurs.
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L’esprit du système éducatif en crise

Une autre mesure concernerait la formation des professeurs et du personnel éducatif «à la laïcité et à l’enseignement moral et civique ». Cette mesure laisse (maladroitement ?) sous-entendre que la responsabilité de la crise sociale et morale que nous traversons serait à chercher du côté du manque de connaissances républicaines (ou de la volonté de les transmettre ?) des professeurs. Ceux-ci sont pourtant déjà sélectionnés par des épreuves mettant à l’essai leurs valeurs républicaines et sont déjà formés, grâce aux ESPE[1], à ces sujets. On ne voit guère ici ce qu’une telle mesure pourrait réellement apporter de nouveau. Peut-être faudrait-il plutôt s’interroger sur la remise en question des concours de l’enseignement au profit de l’emploi massif de vacataires[2] bon marché, recrutés parmi les étudiants, les retraités ou d’autres non-professionnels, qui ne sont pas formés, mais immédiatement disponibles, corvéables et « remerciables » à merci. Mais ce problème de fond, qui touche à la qualification et au statut des enseignants n’est malheureusement pas abordé. Une autre mesure mentionnée est l’envoi de mille « ambassadeurs des valeurs républicaines » dans les établissements. Les membres de ce petit contingent de représentants de la laïcité, comme on l’imagine, rendront de temps à autre visite aux établissements en difficulté et, une fois leur messe dite, repartiront prêcher dans d’autres déserts culturels et républicains laissant les enseignants seuls face à leurs classes. Ce genre d’événements ponctuels existe déjà dans les établissements scolaires et ne représente en aucun cas une solution de sortie de crise. On pourrait plutôt se demander si la présence d’adultes (enseignants, pions, CPE, éducateurs, psychologues, infirmières) dont le nombre s’est réduit comme peau de chagrin au cours des dernières décennies et qui ont parfois été remplacés par de simples caméras de surveillance, ne serait pas plus à même de redonner crédit à l’institution scolaire et foi en sa mission civilisatrice. Les valeurs touchant à la laïcité sont déjà en réalité largement enseignées par l’ensemble du corps éducatif et plus particulièrement par les professeurs d’histoire, de français ou de philosophie. De nouveaux enseignements ou « de nouveaux contenus liés à l’enseignement moral ou civique » comme l’évoque la ministre ne changeront rien à la situation actuelle et aux drames futurs à venir. C’est l’esprit tout entier du système éducatif qu’il faut réformer et sans doute davantage, l’esprit tout entier de la société. Le gouvernement s’honorerait d’une véritable lutte contre le terrorisme en travaillant à offrir une société plus juste, plus équitable et plus solidaire – en d’autres termes plus humaine (ou plus socialiste ?)- afin de redonner espoir aux jeunes qui, en quête de sens pour leur vie, se jettent aujourd’hui dans les bras des djihadistes. Cela vaudrait sans doute mieux que de s’époumoner à scander des slogans dépourvus de contenu effectif et dont personne n’est plus dupe. Ce n’est pas en inventant de nouveaux mots ou en donnant de nouveaux titres à d’anciennes formules (l’éducation civique n’est pas une nouveauté) que l’on changera la réalité.

Concernant le système éducatif à strictement parler « qui n’est pas responsable de tout mais qui peut être une solution majeure » comme le fait remarquer justement la ministre de l’éducation nationale, l’un des projecteurs aurait pu être braqué sur la solitude de l’enseignant dans son effort quotidien de transmission de savoir et de socialisation des élèves ou encore sur le manque patent de support apporté par l’administration elle-même qui a vite fait d’évoquer « le manque de charisme du professeur » en cas de problème. L’ampleur de la tragédie Charlie a obligé nos gouvernements, une fois n’est pas coutume, à réagir au lot d’incivilités survenues pendant la minute de silence. Ce sont là des faits habituellement passés sous silence.
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L’enfant-roi au centre du système et le savoir relégué en périphérie

Aussi, le véritable acte de courage de notre ministre, en réaction à l’événement terroriste, a-t-il consisté à mettre sur la table la question de l’autorité à l’école. Cette notion a pourtant bel et bien été battue en brèche par les différents gouvernements, socialistes et de droite, qui se sont succédé depuis plus de trente ans. Et parmi toutes les mesures destructrices de l’école, il faut retenir un moment phare, celui de la loi d’orientation de 1989 également appelée « loi Jospin », qui, en plaçant l’élève « au centre du système », en lieu et place de la transmission du savoir, a contribué à la chute du système éducatif français (dont témoignent par exemple les études PISA successives») et par là même à la relégation des intérêts de l’élève, du centre proclamé aux espaces périphériques.

Concrètement, mettre l’enfant « au centre » a signifié par exemple donner à la parole de l’ « apprenant » (terme fumeux censé consacrer la propension « naturelle » de l’individu pour le savoir) autant de valeur que celle du professeur ou à faire de l’école, non plus un lieu de transmission de savoir, mais « un lieu de vie » démocratique ou, en d’autres termes, une grande garderie sociale. Bien entendu, par sa formulation positive, la phrase « mettre l’élève au centre », rend difficile l’exercice de contradiction. On oublie cependant que c’est la centralité du savoir qui rend l’acte d’instruction et d’éducation possible ou encore la sortie hors de l’état de naturalité que constitue l’enfance. En effet, on ne donne pas naissance à des citoyens responsables en flattant démagogiquement les instincts primaires de l’individu. C’est là une réalité bien connue de tout psychanalyste rompu aux dérives de l’enfant roi[3] comme aux philosophes pour qui l’apprentissage de la liberté passe avant tout par l’obéissance à la loi (auto-nomos). En résumé, ce qui a été mis au centre au nom de principes égalitaires et libertaires tronqués, cela n’a pas été l’intérêt de l’élève mais bien plutôt ses dérives pulsionnelles que le corps éducatif, faute de soutien institutionnel, peine à dompter et encore plus à sublimer. Ces réformes ont contribué non seulement à nourrir des « illusions perdues » (un baccalauréat dévalorisé donné en lot de compensation aux classes sociales défavorisées) mais ont surtout abouti au relativisme et à la dévaluation du savoir (la science étant mise au même plan qu’une simple opinion, religieuse, par exemple) ainsi qu’à la dévalorisation générale des enseignements prodigués. La série de réformes votées dans les années 80 dont la loi Jospin est l’apothéose et qui ont été confirmées par tous les gouvernements suivants, ont finalement contribué à nous conduire à cette situation ubuesque où il apparaît difficile, voire impossible, de contester une croyance au nom de la raison.

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La faillite de l’élitisme républicain

Mais plus encore, en dévaluant le savoir enseigné aux masses, en acceptant un enseignement de « seconde zone » pour des citoyens de « seconde zone » (incluant au passage de nombreuses classes moyennes qui se révoltent par le vote frontiste), ces mesures ont contribué à rétrécir encore davantage le socle social de notre élitisme républicain et à mettre en œuvre ce que les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet décrivent comme étant « la faillite de l’élitisme républicain »[4]. En effet, le niveau du savoir étant dévalué pour la masse au nom d’impératifs démagogiques et économiques non dénués de mépris, seuls les établissements privilégiés ayant échappé au nivellement par le bas et donnant accès aux filière d’élite (bonnes prépas, grandes écoles), produisent encore des élites sous un mode devenu quasi « congénital » (les fameux « fils et filles de »). La France prive ainsi non seulement sa jeunesse de perspectives d’avenir mais se prive elle-même d’un vivier dynamique et imaginatif de jeunes dirigeants innovants. La France se sclérose sous le poids de son élitisme héréditaire anti-républicain et il faudrait vraiment venir d’une planète lointaine pour oser déclarer aux jeunes français venus des cités que « devenir millionnaire est un « simple » acte de volonté »….Comme le disent les deux sociologues, « non seulement [notre école] compte un taux très élevé de jeunes en échec, mais elle ne parvient pas à fournir des élites assez étoffées pour répondre aux besoins de la nouvelle donne économique. En somme, elle n’est ni juste ni efficace (…) Quelle ironie de l’histoire : notre modèle ne parvient même plus à former ces puissantes élites pour lesquelles il semble pourtant organisé.»[5]

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La perte d’autorité des enseignants illustre la perte d’autorité du savoir tout entier

Car, que l’on ne s’y trompe pas : parler de la perte d’autorité des enseignants, c’est en réalité parler de la perte de l’autorité du savoir lui-même qui, dans un système républicain, constitue (ou devrait constituer) le fondement de l’ascenseur social. Dès lors que l’école est devenue un « lieu de vie » (un parc d’attractions scolaires et périscolaires) perdant son privilège de « lieu de transmission de savoir » qui lui était traditionnellement dévolu, on voit mal comment elle pourrait encore résister aux attaques du dehors, aux comportements profanes qui peuvent légitimement y pénétrer sans filtre et sans retenue et qui sont largement véhiculés par la société du spectacle dans son œuvre anti-civilisatrice bien connue. Bien sûr, à cela on répondra par l’idée, consensuellement véhiculée sans être pour autant questionnée, que l’école ne doit pas ou ne peut pas être un sanctuaire. Eh bien, contre cette objection généralement avancée sous couvert de lutte contre l’antimodernisme, le passéisme ou le conservatisme, il faut répondre que ceux qui prônent la perméabilité de l’école au monde extérieur sont ceux qui avouent généralement leur impuissance éducative et qui ont abdiqué l’idée fondamentale selon laquelle l’école doit être avant tout un lieu de dépaysement social et culturel, une « oasis de  décélération » face au zapping permanent, un lieu d’accès aux savoirs fondateurs que la société capitaliste, par sa volonté de profit, dévalorise au profit des plaisirs immédiats et faciles.
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Ecole et capitalisme, de faux amis

En résumé, l’école républicaine devrait avoir comme souci de transmettre des savoirs, des vertus et des attitudes indépendantes de l’ordre capitaliste plutôt que de produire des consommateurs incivils, parfois violents, abreuvés au biberon d’une pseudo « culture jeune» rivée au culte fondamentalement anti-émancipateur de la marchandise (blockbusters américains et Cie).  Laisser la société capitaliste pénétrer l’école, c’est accepter finalement que nos élèves se transforment en « caillera », comme le dit Michéa, c’est-à-dire en individus parfaitement adaptés (et intégrés) au système dans lequel ils évoluent : « [e]n assignant à toute activité humaine un objectif unique (la thune), un modèle unique (la transaction violente ou bizness) et un modèle anthropologique unique (être un vrai chacal), la Caillera se contente en effet de recycler, à l’usage des périphéries du système, la pratique et l’imaginaire qui en définissent le Centre et le Sommet ». Comment après tout en vouloir aux « golden boys des bas-fonds » qui ne font qu’appliquer les recettes du modèle économique dominant ? La caillera qui peuple nos écoles est à ce titre « parfaitement intégrée au modèle [dominant] qui détruit notre société »[6].

Ceux qui veulent ouvrir l’école « au monde » (sous-entendu à la société marchande) sont aussi ceux qui y voient l’opportunité d’un grand marché économique et un moyen précoce d’habituer les jeunes aux modes de consommation en vogue, comme ce fut le cas pour l’introduction des TICE (technologies de l’information et de la communication) présentées à tort comme une panacée éducative. Il s’agit là d’une perméabilité forcée à laquelle les directives économiques européennes ne sont pas étrangères, de nombreux ajustements structurels étant exigés par la réforme capitaliste de l’école. Or, s’il y a bien un lieu où le conservatisme doit être défendu, où la place du passé doit être consacrée face aux œuvres éphémères et aux simples effets de mode, c’est sans conteste l’école dont la mission première est de transmettre notre héritage culturel aux jeunes générations et, comme le disait Arendt, d’assurer ainsi la continuité d’une civilisation constituée où «les nouveaux venus (…) sont introduits dans un monde préétabli (…) »[7]. Assurer la continuité entre le passé et le présent, transmettre les éléments de la tradition qui résistent encore à l’esprit de « consumation » présent, mettre en dialogue tradition et modernité en gardant le meilleur de chacune, telles sont les missions fondamentales de l’école. Comme le dit Patrick Viveret, « La modernité, c’est l’émancipation, la liberté de conscience, les droits humains et en particulier les droits des femmes. Mais sans le pire de la modernité qui est la chosification du vivant, de la nature, des humains et donc la marchandisation intégrale. » En ce sens le lien à la nature, à la vie, le réseau de liens sociaux, de civilités et de valeurs (qu’il s’agisse du sens de l’honneur, du devoir, de la compassion, du courage, du dévouement …), tout ce qu’Orwell appelle la « common decency » et qui constitue l’infrastructure morale indispensable de toute société juste, hérités de notre tradition et de notre histoire commune, peuvent servir de garde-fou contre les dérives d’une modernité devenue prédatrice et nihiliste. On ne fera pas l’économie, en effet,  si l’on veut lutter contre les dérives extrémistes en tous genres (religieux et politiques) de la question de la quête de sens, fondamentale dans toute communauté humaine, et à laquelle le système économique chrématistique est incapable de donner une réponse satisfaisante.
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L’école et le sacré

Aujourd’hui, ce sont dans des lieux sacrés tels que les églises, les mosquées, les synagogues ou dans diverses institutions sectaires (scientologie, centre de la Kabbale, etc.) dont certains acteurs et chanteurs se posent en adeptes, que se transmet le savoir (encore) respecté par beaucoup de nos élèves. Ce phénomène constitue sans aucun doute une réaction de défense face au désenchantement provoqué par notre « ère [postmoderne] du vide » admirablement décrite par Lipovetski[8] (et marquée par le néo-nihilisme, l’individualisme, la fin des grandes idéologies et l’accélération permanente) mais il constitue aussi fort probablement une conséquence de la perte d’intelligence critique impliquée par la disparition des savoirs fondamentaux, qui rend la jeunesse de plus en plus perméable aux manipulations en tous genres.

D’un côté, il faut en effet dénoncer ce que Michéa appelle à juste titre « l’enseignement de l’ignorance » qui se traduit par « un déclin continu de l’intelligence critique et du sens de la langue auquel ont conduit les réformes imposées depuis trente ans, par la classe dominante et ses experts « en sciences de l’éducation » »[9]. D’un autre côté, il faut produire une réflexion (urgente) sur le fondamentalisme « marchand » qui réduit toute chose à un bien marchand profane (vie comprise) et toute valeur à une valeur monétaire. Pourquoi en effet les religions au XXIème siècle ont-elles encore (ou à nouveau), autant d’importance dans nos démocraties avancées si ce n’est pour contrebalancer le matérialisme immoral et absurde (au sens de « dépourvu de sens ») de nos civilisations marchandes qui n’ont pour seules divinités que les courbes de croissance et les taux de profit? Comme le dit fort bien Patrick Viveret, il faut remettre à l’honneur une véritable logique d’égalité « parce que si l’on regarde les causes profondes des replis identitaires qui donnent naissance à des fondamentalismes identitaires, il y a ce que Joseph Stiglitz, mais aussi Bernard Maris qui a été tué, appellent le fondamentalisme marchand [c’est-à-dire la volonté de transformer tous les liens sociaux en rapports marchands – NDLR]. C’est-à-dire cette logique de l’oligarchie et du capitalisme financier, qui en détruisant les bases même du lien social, des identités et des cultures, ouvrent la voie à des fondamentalismes identitaires. »[10]

A défaut de nous poser, ici, la question du besoin anthropologique de sacré et de spiritualité mis à mal par un matérialisme réducteur, contentons nous de rappeler, encore une fois, avec Hannah Arendt,  que la crise majeure de notre temps est celle de l’autorité et notamment de l’autorité des humanités face à l’autoritarisme des marchés. Encore convient-il de produire une clarification sémantique : l’autorité n’est pas le pouvoir, L’auctoritas n’est pas la potestas, comme l’ont malheureusement mal compris les pédagogistes partisans d’une éducation sans contrainte. Se soumettre au savoir de l’enseignant, ce n’est pas s’en remettre à une autorité arbitraire mais bien plutôt à l’autorité de la raison, des valeurs laïques et de la culture humaniste qui constituent le fondement de notre République. Il n’y a pas de pédagogie sans autorité et il n’y a pas d’autorité sans respect, sans acceptation d’une forme de transcendance qu’est supposé incarner l’idéal républicain en l’absence de religion officielle. Finalement, comme le dit fort bien Robert Redeker, « ouvrir l’école sur la vie revenait à faire entrer le vide dans l’école »[11]. Or, s’il y a bien une connaissance que les élèvent continuent de posséder, c’est celle du système dans lequel ils évoluent : un système dans lequel les actes de défiance, de désobéissance ou d’incivilités ne sont pas sanctionnés et sont même valorisés par la société du spectacle, un système dans lequel leurs professeurs ont perdu le soutien des parents et de l’institution (pourquoi résisteraient-ils à la tentation de suivre le mouvement démagogique qui les flattent comme « enfants rois »), un système dans lequel leur simple opinion vaut autant que celle de leurs professeurs, un système dans lequel le vrai savoir qui permet d’accéder aux bonnes positions ne leur est finalement pas octroyé. La démocratisation de l’école a en effet été un mensonge absolu, comme en témoigne la baisse continue du pourcentage d’élèves d’origine populaire à l’ENA, l’ENS, Polytechnique et autres grandes écoles. A ce titre, c’est l’autorité du modèle républicain tout entier qui est en cause et plus particulièrement l’incarnation de ses idéaux de justice, d’équité et d’égalité des chances.

Le gouvernement et les médias ont dès lors raison de tourner leurs projecteurs vers l’école car c’est par cette sphère prépolitique que passe (en partie) la préservation de notre civilisation humaniste dont l’attaque par l’Islam radical ne constitue qu’un symptôme : symptôme d’une maladie autrement plus grave car plus enracinée qui touche la question des (non) valeurs présentes au cœur d’une société qui a détourné ses idéaux libéraux-libertaires au profit d’un système économique anthropologiquement destructeur qui fait fi de toute limite (morale, sociale, écologique) et ébranle ce faisant le socle civilisateur du monde commun. Comme le disait Lacordaire, un des théoriciens du christianisme social, « entre le riche et le pauvre, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime ». Tel est le sens d’une liberté républicaine bien comprise. Concernant le mépris des masses, des idéaux professés par notre triple devise républicaine, les jeunes ne s’y trompent pas. Ils perçoivent les raisons de leur échec sans forcément en comprendre les méandres et l’expriment ainsi à leur manière : « C’est la faute au système ».


[1] Écoles supérieures du professorat et de l’éducation ayant succédé aux IUFM en 2013
[2] Voir http://www.lemonde.fr/education/article/2011/11/25/le-grand-malaise-des-precaires-de-l-education_1609283_1473685.html
[3] Voir par exemple sur ces questions Jean-Pierre Lebrun
[4] Christian Baudelot et Roger Establet, L’élitisme républicain. L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales, coll. La République des idées, éd. du Seuil, 2009
[5] http://www.alternatives-economiques.fr/la-faillite-de-l-elitisme-republicain_fr_art_633_47329.html
[6] Jean-Claude Michéa, L’ enseignement de l’ignorance, Climats, 1999, p.100
[7] Hannah Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972, p122.
[8] A lire impérativement, le toujours très actuel essai de G. Lipovestki, L’ère du vide. Essais sur l’individualisme contemporain, Paris: Folio, 1989
[9] Jean-Claude Michéa, L’ enseignement de l’ignorance, Climats, 1999, page de garde.
[10] Patrick Viveret, »Pour empêcher le risque de la logique guerrière : la citoyenneté terrienne » in Reporterre http://www.reporterre.net/Pour-empecher-le-risque-de-la
[11] http://pedagogisme.centerblog.net/2887582-L-ecole–lieu-de-vie-ou-l-ere-du-vide

 

Anne Frémaux

Professeur agrégée de philosophie, Anne Frémaux prépare une thèse de doctorat en écologie politique sur la décroissance. Elle est l'auteur du livre La nécessité d'une écologie radicale (éd. Sang de la terre).

 

 

Commentaires

Le plus drôle – parce qu’il faut bien en rire – ce sont toutes ces sorties, stages & Cie, encouragés par l’institution scolaire (corrompue par le pédagocentrisme), comme si l’école « véritable » devait se faire en dehors de l’école…

par Jean-Sébastien Philippart - le 2 février, 2015


Je me suis permis de mettre votre site en lien sur mon blog suite à l’accueil favorable d’amis à qui j’avais transmis votre article. http://blog-de-guy.blogspot.fr/ Je l’avais également recommandé sur Facebook. Merci

par Guy Chassigneux - le 3 février, 2015


Quand , dans le primaire , les professeurs choisissent ( ou sont contraints par le Réglement , je ne sais pas) de ne pas donner de devoirs à faire chez soi, pour ne pas discriminer les élèves dont les parents ne pourraient pas les aider , n’organise-t-on pas, en réalité , le nivellement par le bas ? Et ce, en toute bonne conscience « républicaine » . Puisque l’on est maintenant convaincu que c’est au primaire que tout se joue , pourquoi ne pas rajouter des heures « d’étude », pendant lesquelles tous feraient leurs devoirs ? En incitant , notamment, les « bons » à aider les « moins bons ». Les premiers découvriraient ce que nous savons tous : l’effort consenti pour expliquer quelque chose à quelqu’un…est très profitable à celui qui explique , car il le fait lui-même progresser dans sa compréhension ! Les seconds découvriraient…qu’ils ne sont pas si « nuls », pour peu qu’on les aide sans arrogance . Ne connaissant pas du tout ce dossier de l’école , je propose peut-être des solutions qui existent déjà . En tous les cas, de l’extérieur , il me semble que l’école primaire a quatre missions : apprendre à lire, écrire, compter, raisonner. Epargnons-lui les couillonnades sur l’apprentissage des rites républicains : les élèves ont moins de 10-11 ans , tout ce fatras viendra bien assez tôt .

par Philippe Le Corroller - le 3 février, 2015


Merci Monsieur Guy Chassigneux pour la mention d’iPhilo sur votre blog !

par L'équipe d'iPhilo - le 3 février, 2015


Oui, Guy, merci d’avoir ajouté ce lien sur ton blog…

Je suis un avocat du diable depuis ma naissance, sinon avant.
Quelques commentaires, en partant de mon expérience personnelle, en réponse à votre réflexion intéressante.

En arrivant en France comme immigrée de première génération, au moment où mes enfants ont accédé à l’institution scolaire, j’ai ressenti comme d’autres la tonalité sacrée de la mission de l’école républicaine. (Je n’ai rien contre le sacré, en l’occurrence.) Mais j’ai été désagréablement surprise de constater à quel point l’école républicaine (que je ne confondrais pas avec ses enseignants pris individuellement, attention) tirait son identité même de mon exclusion en tant que parent partageant la tache importante de transmettre les valeurs que vous appelez civilisatrices à mes enfants. Comme si JE faisais de la garderie avec mes enfants, alors que l’Ecole était chargée de les civiliser, et les instruire…
Pourquoi avoir fait un antagonisme de ce qui aurait pu, pourrait être, une charge, et un bonheur partagés ?
L’identité et la mission quasi sacrée de l’école républicaine avaient un sens à une époque où l’instruction était assurée par des maîtres qui avaient presque toujours un niveau de culture bien supérieur aux enseignés et parents d’enseignés.
Le monde d’hier n’est pas le monde d’aujourd’hui. L’école républicaine a très largement réussi sa mission d’antan, et sa crise, que vous reconnaissez comme une crise de civilisation, résulte, comme on pourrait s’y attendre, en grande partie de sa.. réussite.
Contrairement à ce qu' »on » nous a appris (et pas à l’école..) la réussite, sociale, scolaire ou autre s’accompagne du prix à payer pour cette réussite, et cela, bon nombre de personnes bien intentionnées semblent l’ignorer.
Par exemple… qu’advient-il au désir quand l’idéal a été atteint ?…
Il rame, le désir…Après les préliminaires, l’érection, la détumescence… c’est une loi bien plus fondamentale encore que les lois de la République, tout de même. Une loi que les bonnes intentions utopiques ne vont pas faire disparaître (je l’espère…).
Nous vivons une époque de décadence… des valeurs républicaines, des valeurs chrétiennes sur lesquelles reposent la République, à l’insu de trop d’anticléricaux, malheureusement. Une époque qui ressemble probablement beaucoup à celle où Saint François a déserté son milieu confortable d’origine pour embrasser la pauvreté, et, avant, où Jésus a renversé les tables des marchands dans le temple, en décrétant que la maison de son père était une maison de prières, pas un repaire de brigands (pour vendre et acheter). Matthieu, 21, 12.
Nous vivons une époque de perte de foi dans le salut que devait nous apporter la raison, opposée de manière simpliste à l’obscurantisme, identifié aux croyances religieuses. (La deuxième guerre mondiale aurait du nous alerter à l’inévitable corruption de l’idéal de la raison, mais nous n’avons pas encore tiré cette leçon de l’épisode. Attention, je ne dis pas que la raison n’est pas bien, mais j’attire l’attention sur la foi dans le salut par la raison.)
Il y aurait davantage à dire, mais la sonnerie va retentir…

par Debra - le 3 février, 2015


que c’est vrai!! un plaisir a lire .mais l’autorité !!! e il en etait question  » de mon temps déjà .Pour moi ,c’était on est la pour apprendre ,les connaissances ,d’abord ,c’était pas toujours évident ,mais cel marchait .on est pas des copains ,je vous aide mais à vous de…. je ne crois pas que cela soit encore le cas .Il faut séduire et apprendre n’est pas toujours facile .mais c’est l.avis d’une vieille……..merci encore ‘j.b

par besset - le 4 février, 2015


J’avais aussi écrit à quelques complices enseignants :

« Une copine me transmet ce lien. Il y a de quoi être ébranlé : voilà une philosophe qui étudie sur la décroissance et s’avère plus proche de Chevènement que des libertaires qui ne seraient pas sortis de 68. Véhémente et cohérente, si je ne suis pas d’accord avec tout, son apport me semble intéressant. »

Et les réponses ont été contrastées :

– « Je ne suis pas du tout d’accord avec ce texte, une « scrongneugneu » de plus, qui en appelle à l’autorité du maître, et au retour aux « saines valeurs » d’autrefois (blouse grise? encre violette?). Non, les mauvais résultats à PISA ne sont pas dus au fait que ce pauvre Jospin ait décidé de mettre l’élève au centre dus système!!! … On souffre en France d’un divorce entre les paroles et les actions. Ce n’est pas parce qu’on a dit qu’on allait mettre l’enfant au centre du système qu’on l’a fait… bien au contraire, et ce que je vois de manière permanente au travers de mes petits enfants, c’est que…. dans le fond, depuis mon temps (à part l’encre violette et les blouses grises) peu de choses ont changé!!! »

– « Très bonne copie de A. F. 20/20 !! (Et Y paraît qu’chuis pô très généreux !! Pô-Pô-Pô !!)
MalheureuZ’ment, j’dois retourner à MES copies, qui, je le crains fort, ne sont qu’une triste illustration de ce « pauvrisme » décrit dans l’article…
une philosophe Véhémente et cohérente ET per-cu-tan-te!! ET trèès réaliste!! »

– « Dire que l’école aujourd’hui est un vaste parc d’attraction… Quelle caricature!
Se rend-elle compte qu’elle méprise, par de tels propos, le travail de dizaines de milliers d’enseignants qui y laissent des larmes et du sang chaque jour???
Ce n’est pas du tout la réalité.
Je m’inscris totalement en faux contre cette affirmation.
… Il y a bien l’analyse de l’entrée du capitalisme dans l’école, mais il lui manque cruellement la suite et le lien avec la société, le monde actuel et sa nécessaire transformation. Hé! Hé! Excusez du peu…
La ritournelle sur l’autorité du maître n’est qu’un ballon de baudruche.
Car tant que des jeunes filles (par exemple) se feront éclater le corps bardé d’explosif sur des marchés publics, même à des milliers de km de là… La recette du père fouettard ne restera qu’une vaste mascarade
Dire que c’est dans les lieux de cultes que se fait la transmission des savoirs…. De combien d’enfants parle-t-on???
Ce n’est pas la raison principale de l’enrayage du … système. »

par Guy Chassigneux - le 4 février, 2015


Effectivement, cette « crise » de l’institution scolaire n’est que l’épiphénomène de celle qui affecte plus globalement la République. Les quelques « mesurettes » malgré -peut être même en raison de- leur charge symbolique ne sauraient suffire à rattraper des décennies, sinon de lâche démagogie du moins d’angélisme coupable. La pente paraît difficile à remonter…Je pense, quant à moi, que la « sanctuarisation » de l’école comme lieu exclusif de transmission des savoirs n’est pas un concept passéiste. Ce n’est pas me semble-t-il, la suppression de la notation chiffrée qui en montre le chemin…

par Amanou Michèle - le 5 février, 2015


Article intéressant et nourri mais affaibli par quelques partis pris : les « pédagogistes », par exemple, néologisme dans lequel on a mis tout (le pire) et n’importe quoi (le pire aussi) sans les distinctions que mériterait un article présenté comme philosophique. C’est dommage. Même chose sur la « remise de l’élève au centre du système éducatif », présentée comme une catastrophe, alors que ce slogan était seulement destiné à considérer (à nouveau) comme centrale la préoccupation que devait avoir l’enseignant pour l’élève, ce qui paraît pour le moins indispensable quand on choisit ce métier. Bref, le drapeau intéressant levé en début d’article est petit à petit recouvert par des banderoles futiles agitées furieusement depuis quelques décennies par des idéologues à la petite semaine qu’on essaie de fuir en se précipitant sur les articles d’iphilo. Dommage.

par Roland LEY - le 5 février, 2015


Je rejoins le commentaire précédent. Cela dit, deux points, brefs trop brefs sans doute.
Sur l’enfant roi. Etes-vous si sûrs que la condition des enfants est celle d’enfants roi? Des consommateurs de tout et de n’importe quoi qu’ils ne demandent même pas peut-être, mais des enfants roi? Je vois dans ma vie professionnelle des enfants qui s’adaptent vaille que vaille à la vie de plus en plus dure de leurs parents, enfants qui subissent des séparations, enfants en carence affective… Mais pas des êtres autour desquels l’univers tournerait. Non, nos gamins ne sont pas des Roi-soleil en miniature.
Autorité. Je ne sais pas ce que c’est qu’avoir de l’autorité (je suis un instit’ avec 40 ans d’ancienneté) mais je crois à peu près savoir ce que c’est que FAIRE AUTORITE. Ce n’est pas la même chose et il me semble préfarable et en tout cas plus efficace de faire autoirité auprès des élèves qu’avoir de l’autorité. J’appelle faire autorité, êstre rspecté pour ce que l’on est, ce que l’on fait, ce que l’on dit et ce que l’on montre de soi et de l’institution que l’on représente (en l’occurence l’école).
Enfin ce dont souffre l’école, de mon modeste point de vue, ce sont les polémiques et les opinions tranchées. Opinions? Il me semblait justement que la philosophie, c’était de remettre en cause la doxa…
Alain Wagneur

par Alain Wagneur - le 5 février, 2015


…Suite à l’annonce faite hier par François Hollande de résoudre (en partie) la crise de l’école par le numérique, je ne peux que vous donner raison: Un « emplâtre sur une jambe de bois », disiez-vous… Une provocation ?! Pire que cela une fuite en avant technologique et capitaliste qui ne résoudra rien (un opportunisme typique du fondamentalisme marchand)…A t-on jamais vu plus piteuse annonce (pour ne pas dire plus)?! Décidément, vous allez finir par me convaincre que la vraie radicalité se situe aujourd’hui dans le « conservatisme progressiste et critique » ou la prudence à l’égard des innovations technologiques dont nous repaissent les gouvernements de droite comme de gauche et qu’ils présentent comme remèdes à tous nos maux (optimisme technologique et espoirs de développement de nouveaux marchés)…Tout cela nous prépare malheureusement de nouveaux Charlie …Bonjour Tristesse !

par Marius Redem - le 6 février, 2015


Merci Anne Frémaux pour cet excellent article. Dans la foulée je pensais que pour « redonner espoir aux jeunes qui, en quête de sens pour leur vie, se jettent aujourd’hui dans les bras des djihadistes » il conviendrait peut-être d’aider ceux qui le peuvent à renouer avec leur culture d’origine avec l’apport d’ Avicenne et Averroès ou d’auteurs contemporains comme l’immortelle Assia Djebar pour leur montrer que la pensée occidentale n’est pas seulement judéo-chrétienne et gréco-romaine, mais aussi celle d’Al Andalus tout en leur rappelant que certains de leurs ancêtres ont sacrifié leur vie pour défendre la France durant les dernières guerres, ce qui serait de nature à retisser des liens avec notre République. Il conviendrait peut-être aussi d’évaluer de façon scientifique les outils pédagogiques utilisés (on commence seulement à réaliser par des études récentes les ravages produits par l’apprentissage de la lecture avec la seule méthode globale). Arrêtons bien sûr de diminuer le nombre d’heures de français (qui a baissé de moitié en 25 ans au profit de contenus aléatoires), car la capacité à penser est directement fonction du nombre de mots connus (ce que savent très bien les systèmes totalitaires qui commencent toujours par brûler les livres). Laissons enfin les parents hors de l’école (ils ne doivent pas plus être des parents rois que leurs enfants, et n’ont pas de compétences pédagogiques) tant il semble aujourd’hui évident qu’il faut replacer le savoir comme unique point central, car lui seul « élève », avec une application ferme de la laïcité comme rempart à tous les fondamentalismes.

par Christian Crouigneau - le 9 février, 2015


Très bel article, qui m’a fait vibrer.
Petite anecdote pour illustrer la décadence grandissante dans l’Éducation Nationale : je suis directeur d’une école primaire dans une zone très sensible; notre secrétaire est décédée il y a quelques jours. Au lieu de nous permettre de nous rendre à ses obsèques (seule « requête » que nous demandions), nous a été envoyée une cellule d’aide psychologique; celle-ci nous a fortement conseillé d’adopter un protocole stérile et déshumanisé.
A quand le retour du bon sens?

par Patrick - le 11 février, 2015


Bonjour Anne,

Pour l’essentiel, je partage cette analyse critique bien conduite. J’ignore s’il faut continuer de sanctuariser l’école: car si les humanités forment assurément le socle de notre civilisation et des idéaux de la République, rien ne dit qu’il faille en faire pour autant un refuge contre les avancées du temps. Sinon, pour toutes ces fractures, incohérences et discours de propagande qui déchirent l’école et la société, je trouve votre analyse très percutante. Car, comme vous le dites très justement, nous vivons bien dans « une société qui a détourné ses idéaux libéraux-libertaires au profit d’un système économique anthropologiquement destructeur qui fait fi de toute limite (morale, sociale, écologique) et ébranle ce faisant le socle civilisateur du monde commun. »

par Guillon-Legeay - le 20 février, 2015


Drôlement riche votre argumentaire Madame Frémaux ! Plein de questions émergent après lecture. Quelques unes en vrac:
Et si les profs n’étaient ni moins bons ni meilleurs qu’avant, mais qu’ils ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec les réseaux sociaux dont les jeunes sont si dépendants !
A propos des fabriques de l’élitisme républicain que sont les bonnes filières dans les bons quartiers qui peinent de plus en plus à recruter dans les milieux sociaux moins favorisés, faut-il s’en alarmer ? L’endogamie finit par avoir des effets que l’on sait. On le voit parfaitement dans le formatage de nos élites incapables de réagir courageusement devant un certain délitement de l’esprit républicain. Et puis, autant que je sache, ce n’est pas d »hier que date cette ségrégation scolaire, même l’école de Jules Ferry l’avait parfaitement organisée. Mais bon, tout cela se discute et votre contribution est intéressante. Signé  » un vieux soixante-huitard devenu par vocation et le hasard des événements un Principal de collège en zone  » prioritaire « .

par Marcel Dehem - le 11 mars, 2015



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