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Au-delà du progressisme ?

4/10/2015 | par Philippe Granarolo | dans Philo Contemporaine | 5 commentaires

 

Dialogue Granarolo Redeker
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TRIBUNE : Philippe Granarolo, engageant un dialogue avec Robert Redeker et son dernier ouvrage Le progrès. Point final, estime que les pensées déclinistes n’ont pas lieu d’être. Si, comme le décrit bien Robert Redeker, le progressisme a vécu, pour le nietzschéen Philippe Granarolo, quelque chose d’autre pourrait bien émerger, un sens nouveau, en équilibre comme le funambule sur son fil, qui permettrait à l’homme, conscient de ses faiblesses, de surmonter les défis , notamment écologiques, du 21e siècle, sans pour autant qu’il ne tombe dans les grands mythes religieux, les fantasmagories sans cesse attirées par les extrêmes.
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Lire les « bonnes feuilles » de l’essai Le progrès. Point final de Robert Redeker publiées sur iPhilo

La croyance au Progrès fut fortement ébranlée par les barbaries du XXe siècle, si bien que de nombreux intellectuels (1) annoncèrent dans la seconde moitié de ce siècle  l’effondrement de cette croyance que le siècle des Lumières avait imposée à la civilisation occidentale, et celle-ci dominant alors le monde, à l’ensemble de la planète. Mais l’idée de Progrès n’a pas disparu brutalement du paysage. Elle a agonisé pendant quelques décennies, et ce n’est qu’à la fin du siècle dernier et à l’aube du XXIe siècle que nos plus grands essayistes en ont rédigé le faire-part de deuil (2). L’un des derniers envois est celui de Robert Redeker, dont Le Progrès ? Point final (3) peut se lire comme une synthèse de ce qu’avaient proposé ses nombreux prédécesseurs.

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Du Progrès comme croyance

« Le progrès est un processus nécessaire, continu, linéaire, cumulatif, irréversible et indéfini, illimité », écrit Pierre-André Taguieff dans un livre de référence pour notre propos, Du Progrès (4). Cette série d’adjectifs mériterait un long commentaire qui déborderait le cadre de cette chronique.  Je n’en retiendrai donc que deux, « nécessaire » et « irréversible », qui suffisent à rendre évidente l’idée que le Progrès est de l’ordre de la croyance. L’idée de Progrès regarde toujours dans les deux directions du passé et de l’avenir, et pose comme nécessaire une amélioration des choses au cours du temps.

Dans Le Progrès ? Point final, Robert Redeker constate que « le progrès est valeur au sens où il juge et norme à la fois » (5). En tant qu’il juge, il ne saurait lui-même être jugé. En tant qu’il mesure, il ne saurait être mesuré. Ce serait comme se demander quelle est la chaleur de la température. Il est néanmoins possible d’interroger la manière dont le Progrès mesure le passé par rapport au présent. Pour en être capable, il est dans l’obligation de poser l’existence d’un but, d’une fin en direction de laquelle procède l’histoire, fin dont le présent est plus proche que ne l’était le passé. Or s’il existe un concept inscrit de part en part dans la croyance, c’est bien le concept de « fin », c’est bien la notion de « finalité ». Spinoza fut l’un des premiers philosophes à dénoncer brillamment l’illusion finaliste dès le XVIIe siècle. Nietzsche prendra le relais deux siècles plus tard.

Aucune finalité n’a résisté aux cataclysmes du XXe siècle, et avec l’effondrement des fins se sont écroulés un à un tous les progressismes, ainsi que le remarque Robert Redeker : « La fin du progrès traduit une définalisation généralisée de l’humain et du monde » (6). Or la civilisation occidentale si longtemps dominante a imposé les cadres de son finalisme au reste de la planète, et l’on doit se demander si ce que Robert Redeker nomme « définalisation » peut prendre une autre tournure que l’effondrement tragique que Nietzsche baptisa du nom de « nihilisme ».

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Du Progrès comme croyance religieuse éminemment dangereuse

« Le progressisme est une religion politique » (7), peut-on lire sous la plume de Robert Redeker dans Le Progrès ? Point final. Les phénomènes totalitaires nous ont appris ce qui caractérisait les idéologies progressistes, aussi diverses qu’elles soient. Si des progressions indiscutables peuvent être notées dans quantité de domaines, si des progressions sont constatables, en particulier chaque fois que l’on dispose d’une échelle de mesure propre au domaine en question, il en va tout autrement du progressisme affirmant la marche triomphale de l’humanité vers un paradis sur terre. Robert Redeker ajoute alors : « La foi progressiste est la croyance en l’élément – de nature philosophique – joignant tous ces progrès disjoints, empiriquement constatables. Elle est une vision totalisatrice » (8). Totalisatrice, et même aisément totalitaire, ainsi que l’histoire du XXe siècle en a apporté les plus tragiques démonstrations.

Quand elle vise le passé, quand elle compare le passé au présent, l’idée de Progrès est moralement dangereuse parce que naïvement hiérarchisante. On doit à l’anthropologue  Claude Lévi-Strauss de nous avoir mieux que d’autres mis en garde contre ce péril. Dans sa célébrissime contribution à une brochure de l’UNESCO consacrée au racisme et publiée en 1952 sous le titre Race et histoire (9), l’anthropologue, au lendemain de l’holocauste, illustre le péril par une superbe métaphore, celle de l’escalier. Si nous sommes persuadés, dit-il en substance, que l’humanité tout entière est en train de gravir un escalier, escalier sur lequel certaines cultures stationnent sur les marches les plus élevées, d’autres sur des marches intermédiaires, d’autres encore tout en bas sur les premières marches, comment ne pas tomber dans les pires travers ethnocentriques ? Comment la civilisation occidentale, convaincue d’avoir atteint les marches les plus élevées, pourrait-elle éviter de se poser comme donneuse de leçons, comment pourrait-elle ne pas se sentir investie d’une mission sacrée, celle d’aider les autres cultures à atteindre son merveilleux degré de civilisation ?

La grande Hannah Arendt n’a pas eu besoin de lire Lévi-Strauss pour parvenir aux mêmes conclusions. Son analyse du totalitarisme a probablement été le chemin personnel qui l’a amenée, tout comme Lévi-Strauss, à dénoncer les dangers du progressisme. Elle les a résumés de façon magistralement elliptique dans un essai qui n’est pas l’une de ses publications les mieux connues, Juger. Sur la philosophie politique de Kant. On peut y lire cette formule : « Il est contraire à la dignité de l’homme de croire au progrès » (10).  Difficile de dire autant en si peu de mots.

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Notre nouvel horizon

Indépendamment des totalitarismes, n’est-ce pas la bombe d’Hiroshima, le 6 août 1945 (peut-être le jour le plus important du siècle dernier), qui a fait s’écrouler, en même temps que les buildings de la ville japonaise, les thèses progressistes ? Le scientisme n’a-t-il pas agonisé en même temps qu’étaient anéantis ou irradiés des centaines de milliers de Japonais ? Dans un beau livre intitulé L’irremplaçable, le philosophe danois Peter Kemp rejoint le constat que je viens d’énoncer en écrivant : « La fabrication de la bombe remettait en question le dogme selon lequel la science et la technique, sous la double conduite des scientifiques et des techniciens, allaient donner le jour à une société meilleure. » (11).

Que le constat de la mort du progressisme s’inscrive le plus souvent dans un schéma « déclinologique » (12) n’a rien de surprenant. Robert Redeker s’inscrit dans cette lignée. Sans doute Robert Redeker répète-t-il en diverses pages de son livre que le progrès continue après la mort du progressisme, mais cette continuation s’effectue sur le mode d’un prolongement absurde. Une fin qui ne saurait en être une, la santé, objet de toutes nos préoccupations, ne saurait faire office de religion de substitution. Elle a pris la place du politique, mais d’un politique sans finalité qui n’est plus que la caricature de ce qu’il fut. « Au-delà de l’écroulement de la politique, la santé », affirme-t-il, « est le nom hypercontemporain de la mort de Dieu » (13). La conclusion de l’ouvrage de Robert Redeker est fondamentalement déclinologique, les premières lignes en donnant le ton : « Dans quel climat vit-on, une fois le progrès trépassé ? Dans une sorte de corruption généralisée des fins et des valeurs, de confusion liée à la perte de tous les repères autres que productivistes / consuméristes, ou opérationnalistes » (14).

Faut-il pour autant considérer comme négligeable et vide de sens la conscience aigüe de notre précarité, conscience que nous sommes en train d’acquérir ? Si l’on considère comme valide l’argument de Robert Redeker selon lequel l’hypothèse du péché originel a su longtemps nous protéger des dérives d’une maîtrise sans limites et nous garder des tentations redoutables de créer un « homme nouveau » (15), comment ne pas voir dans ce que je nomme la nouvelle conscience de notre précarité une nouvelle guise du péché originel capable de nous apporter les mêmes protections ?

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Un troisième Occident ?

« Le Progrès a été le second Occident », écrit Robert Redeker avant de préciser que « l’Occident a été civilisation universelle par deux fois : par le christianisme dans son assise médiévale, puis par le progrès » (16). De nombreux signes ne nous indiquent-ils pas, sitôt que nous bouchons nos oreilles aux sirènes du déclin, que nous sommes en chemin vers un nouveau sens ? Un sens que seul l’Occident, parce que lui seul a été deux fois universel comme le signale pertinemment Robert Redeker, est apte à proposer. On taxera probablement d’ethnocentrique cette espérance. Mais quoi de moins ethnocentrique que l’idée d’une responsabilité de la civilisation occidentale en ces temps de péril ? Quoi de moins ethnocentrique en réalité que la certitude qui anime Marcel Conche à propos de l’avenir grec de la philosophie  (17) ? Un avenir grec de la philosophie qui représente à mes yeux, on l’aura compris, l’autre dénomination de la résurrection du sens.

Notre civilisation occidentale a une indéniable responsabilité. Elle a précipité l’humanité entière dans l’impasse de la domination méprisante. Quelle place pourrait être accordée aux préoccupations écologiques si l’euphorie progressiste persévérait à nous inculquer ses certitudes sur la capacité de la science à régler tous les dérèglements engendrés par les technologies qui en sont issues ? A l’inverse, si nous devenons capables de nous en détacher, nous pourrons, suivant l’indépassable métaphore nietzschéenne, reprendre notre parcours sur le fil sur lequel nous avançons tels des funambules (18).

Un troisième Occident pourrait naître, dont la mission serait d’apprendre l’équilibre à toute la planète. Un troisième Occident dont la mission serait de s’enseigner à lui-même et d’apprendre aux autres à se libérer de toutes les fantasmagories bâties autour des extrêmes. Un troisième Occident qui apprendrait enfin à rire de toutes ses convictions. Un troisième Occident qui, guidé par Nietzsche, érigerait le funambule en paradigme de nos existences, rouvrant ainsi l’histoire sans retomber dans les ornières du progressisme.

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(1)  On peut considérer George Steiner comme leur chef de file. Dans le château de Barbe-Bleue / Notes pour une redéfinition de la culture, publié en 1971, est l’un des premiers essais à constater de façon définitive l’extinction des idéaux des Lumières. Le livre fut traduit en français dès 1973 aux Éditions du Seuil.
(2) Parmi eux, Pierre-André Taguieff, avec L’effacement de l’avenir (Éditions, Galilée, 2000), Du Progrès (Éditions Librio, 2001), et Le Sens du Progrès (Flammarion, 2004) est celui qui a développé les analyses les plus approfondies. D’autres noms peuvent être cités, tels ceux de Peter Kemp (L’irremplaçable. Une éthique de la technologie, 1991), d’Alain Finkielkraut (L’humanité perdue / Essai sur le XXème siècle, 1996), de Karel Kosic (La Crise des temps modernes, 2003), de Robert Redeker (Le Progrès, ou l’opium de l’histoire, 2004), de Rémi Brague (Le règne de l’homme / Genèse et échec du projet moderne, 2015), auxquels il convient d’ajouter le nom de mon ami le très regretté Jean-François Mattei avec son dernier essai publié à titre posthume (L’homme dévasté, 2015).
(3)  Le Progrès ? Point final, de Robert Redeker, Nice, Éditions Ovadia, 2015.
(4) Pierre-André Taguieff, Du Progrès, Paris, Librio, 2001, p. 58.
(5)  Le Progrès ? Point final, op. cit. p. 24.
(6) Le Progrès ? Point final, op. cit. p. 95.
(7)  Robert Redeker, Le Progrès ? Point final, op. cit. p. 31.
(8) Ibidem, p. 33.
(9) Race et histoire, Paris, Éditions Gonthier, collection « Médiations », 1959.
(10)  Hannah Arendt, Juger. Sur la philosophie politique de Kant, Paris, Le Seuil, 1991, p. 117.
(11)  Peter Kemp, L’irremplaçable, Paris, Le Cerf, 1999, p. 20.
(12)  Il est devenu banal de qualifier de « déclinologues » la famille des philosophes qui consacrent l’essentiel de leurs analyses à mettre en évidence l’effondrement de notre civilisation. En France, Alain Finkielkraut est souvent considéré comme le chef de file des déclinologues.
(13)  Robert Redeker, Le Progrès ? Point final, op. cit. p. 195.
(14) Ibidem, p. 211.
(15)  Robert Redeker mène à plusieurs reprises dans son ouvrage une analyse critique très pertinente de la thématique de l’ « homme nouveau ». Le remarquable ouvrage reproduisant les principales interventions d’un colloque organisé à l’Institut d’Études Politiques de Paris en mars 2000, L’homme nouveau dans l’Europe fasciste (1922-1945) publié en 2004 par les Éditions Fayard, corrobore tout à fait ses analyses.
(16) Robert Redeker, Le Progrès ? Point final, op. cit. p. 124.
(17) Marcel Conche, La raison philosophique vers son avenir grec, in  Avenir de la raison, Devenir des rationalités, Actes du XXème Congrès de l’Association des Sociétés de Philosophie de Langue Française, Paris, Vrin, 2004, p. 82-100. J’ai eu la chance d’assister à cette conférence prononcée à Nice fin août 2002. Elle a suffi à me convaincre de la profondeur de la pensée de Marcel Conche, dont je suis depuis devenu l’ami et avec qui j’ai le privilège de m’entretenir régulièrement.
(18) Cf. Philippe Granarolo, A l’école du funambule, in Éloge de l’équilibre, Éditions L’Harmattan, Paris, 2009, p. 23-47. Ce texte, le premier de cet ouvrage collectif préfacé par Marcel Conche, est intégralement consacré à une interprétation de la métaphore du funambule qui court tout au long du prologue du Zarathoustra de Nietzsche. On me pardonnera de m’inspirer des derniers mots de ce texte pour rédiger la conclusion de cet article.

 

Philippe Granarolo

Docteur d'Etat ès Lettres et agrégé en philosophie, Philippe Granarolo est professeur honoraire de Khâgne au lycée Dumont d'Urville de Toulon et membre de l'Académie du Var. Spécialiste de Nietzsche, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment Nietzsche : cinq scénarios pour le futur (Les Belles Lettres, 2014) . Nous vous conseillons son site internet : http://www.granarolo.fr/. Suivre surTwitter : @PGranarolo

 

 

Commentaires

Faut-il absolument mettre en doute  » la capacité de la science à régler tous les dérèglements engendré par les technologies qui en sont issues  » ? A ce prix seulement , nous pourrions  » accorder de la place aux préoccupations écologiques  » ? J’avoue avoir du mal à partager vos certitudes . Il me semble que l’industrie a parfaitement compris que son avenir résidait désormais dans la  » croissance verte  » : lutte contre le réchauffement climatique , économies d’énergie , voitures propres , nano-particules médicamenteuses , etc … Difficile , il est vrai , pour elle de faire autrement , sous la pression conjointe des politiques et des consommateurs. Ceux qui trichent avec cette nouvelle donne s’exposent à de redoutables mésaventures , comme le scandale Volkswagen – littéralement , la voiture du peuple – vient de l’illustrer de façon spectaculaire . Pour le coup , ils ont joué…aux funambules ! Etes-vous bien sûr de vouloir  » ériger le funambule en paradigme de nos existences  » ?

par Philippe Le Corroller - le 4 octobre, 2015


Bonjour,

La science ne pense pas. Ce n’est pas son postulat. Elle remet ce dernier à l’extérieur du labo : aux commissions d’éthiques et de surveillance, aux futurologues, aux politiques, aux sociologues, aux citoyens, aux lanceurs d’alertes (protégés par la loi) aux philosophes et phénoménologues, aux industriels.

Bien évidemment, il est impératif, non pas de douter à priori, de leurs découvertes, mais les soumettre à des examens approfondis, aux fins d’évaluer le retentissement du bien fondé à échelle planétaire ; pour en faire un authentique progrès.

Il ne s’agirait pas de faire, des découvertes, ou « avancées », des systèmes ou modélisations, des applications superfétatoires voire fallacieuses, qui se déploieraient dans un marché ouvert au sauvage.

L’écologie est une voie salutaire s’adressant au citoyen du monde. De la matière première : naturelle, durable et gratuite.Des concepts non spéculatifs qui intéresseraient pas ou peu la sphère industrielle et capitalistique…

Quand au progressisme, au transhumanisme, et autres technologies à caractère par trop virtuelles, ils auraient pour besogne, que des raccourcis voués à la facilité et au profit.

par philo'ofser - le 6 octobre, 2015


Je n’ai pas résisté à la tentation de lire cet article sur un thème qui m’est particulièrement cher…
Ce qui fait l’identité de l’Occident, c’est le rôle, et l’idéal que notre civilisation assigne, non pas seulement au progrès, mais à la mission/vocation, ainsi qu’au nouveau.
« Nouveau monde », « nouveau Testament », « bonne nouvelle » « les nouvelles », etc, si on s’écoute bien, on a un aperçu du poids écrasant du mot « nouveau » dans nos têtes.
Donc, quand on se met à penser au progrès, on convoque par la même occasion le mot « nouveau ».
Ou plutôt, je devrais dire que le mot « nouveau » s’attache à divers phénomènes, courants… idées… dans le long cours d’une civilisation aussi complexe, et vieille (!) que la nôtre. Le progrès est une.. nouvelle formulation, un nouvel avatar du nouveau…
Et autre chose : quand je lis « un nouveau sens…. un sens que seul l’Occident, parce qu’il a été deux fois universel… est apte à proposer », je me mets à réfléchir dans ma petite tête.
Cette formulation permet de comprendre des enjeux fondamentaux pour l’Occident : deux UNIVERSALISMES (se souvenir que le mot « catholique » en GREC veut dire « universel »…) « LUI SEUL/UN NOUVEAU SENS »…ces signifiants définissent assez bien le projet universalisant (et donc… totalisant…) d’une civilisation qui s’est toujours sentie investie d’une… vocation et d’une mission (divine…même sans Dieu, d’ailleurs…).
Des fois, je médite la réalisation que le soleil, invariablement, depuis la nuit des temps, et bien avant que « leslumières » soient dans les têtes de nos récents ancêtres, décline vers l’Ouest. L’Occident…
Pour la santé, il est tout de même triste de constater qu’au moment même où l’idéal cartésien se réalise, la médecine de la personne que Paul Tournier chérissait est morte. La santé est devenue une affaire.. industrielle, et ce n’est pas pour le souverain bien du sujet singulier (la personne).
Ces fichus paradoxes…

par Debra - le 6 octobre, 2015


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