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La philosophie au coeur de notre vie

28/11/2014 | par Daniel Guillon-Legeay | dans Philo Contemporaine | 9 commentaires

 

PhilosophieAuQuotidien
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S’il me fallait expliquer brièvement – en une phrase – en quoi consiste la philosophie à des non spécialistes, je choisirais, entre toutes les options possibles, celle-ci qui est de Montaigne : « Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies » 1. En d’autres termes, et pour faire simple, Montaigne nous rappelle que c’est dans notre vie, et non dans nos paroles, que notre pensée se reflète véritablement. Montaigne nous enjoint de nous garder autant que possible de dire ou d’écrire des discours que le cours de notre vie pourrait s’en venir démentir. Les paroles s’envolent, les actions perdurent… Toute la difficulté consiste donc dans notre capacité à savoir accorder ensemble nos pensées, nos paroles et nos actes. C’est non seulement une excellent principe de pédagogie (ne pas faire le contraire de ce que l’on dit), mais encore de philosophie : mettre en accord nos paroles avec nos pensées (en vertu d’une exigence de lucidité), puis mettre nos actions en accord avec nos paroles (en vertu d’une exigence de cohérence et de persévérance). Dans sa formulation ramassée, élégante, nette et incisive, cette affirmation de Montaigne exprime avec force le projet fondamental et l’exigence suprême de la philosophie comprise comme recherche du savoir et amour de la sagesse.

Si le sens de la formule se comprend aisément, sa portée en revanche fait difficulté. D’abord parce qu’elle remet en question une certaine idée de la philosophie: n’est-elle pas d’abord affaire de spécialistes ? Ensuite, parce qu’elle nous enjoint de nous soumettre à une épreuve exigeante : sommes-nous toujours capables de concilier nos paroles et nos actes, emportés que nous sommes dans l’écheveau de situations inextricables et mouvantes ?

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Preuve irréfutable

Le projet fondamental de la philosophie consiste à inciter chacun de nous à bien vivre (et à bien mourir, car l’un ne va pas sans l’autre), à tout mettre en œuvre pour que notre vie soit justement une vie réussie et que nous n’ayons ni trop de remords en la vivant, ni trop de regrets en la quittant. Or, précisément, un tel projet n’est réalisable qu’à la condition expresse de savoir accorder ensemble nos pensées, nos paroles et nos actes. Dans la formule : « Le vrai miroir de nos discours est le cours de nos vies. », le terme de discours renvoie tout autant à la pensée, saisie dans l’une de ses caractéristiques essentielles (la discursivité), qu’à l’expression de la parole (quand elle s’efforce à quelque cohérence). Il s’agit donc, nous dit Montaigne, de faire preuve de raison non seulement dans l’élaboration de nos raisonnements et de nos propos (être rationnels), mais encore dans la conduite de nos actions (être raisonnables). Et de fait, nous pouvons bien lire les gros traités de la philosophie, de la théologie et de la science, mais à quoi cela sert-il si nous nous montrons, dans les faits, incapables d’en tirer des enseignements et de les mettre ensuite en pratique ? De même, nous pouvons bien prodiguer moult conseils à autrui ; mais que valent-ils si nous ne nous les appliquons pas d’abord à nous-mêmes ? Et, enfin, que penser d’un homme qui égorge son semblable en prétendant œuvrer pour le bien de ce dernier, au nom de la « vraie » religion et du « vrai » Dieu? Nos justifications pèsent d’un poids bien léger rapporté à l’impact de nos actions concrètes et effectives. La philosophie est d’abord une école de cohérence et de rigueur.

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A hauteur d’homme

Dans l’esprit de Montaigne, la philosophie comprise comme art de vivre reste à hauteur d’homme. Peu importe que nous ayons ou non des connaissances particulières en philosophie, envisagée cette fois comme une discipline scolaire qui s’enseigne au lycée et à l’université. Car la philosophie s’adresse à chacun de nous, sous la forme d’une question simple : quel sens voulons-nous donner à notre existence? D’ailleurs, Montaigne se moque et s’agace de ces conceptions élevées, austères et intransigeantes de la philosophie et qui la rendent si peu attirante : « On a grand tort de peindre la philosophie comme inaccessible aux enfants et avec un visage renfrogné, sourcilleux et terrible. Qui me l’a masquée de ce faux visage pâle et hideux ? Il n’est rien de plus gai, de plus allègre et s’en faut que ne dise folâtre. Elle ne prêche que fête et bon temps. Une mine triste et abattue montre qu’elle n’a plus là son gîte » 2. Dans un chapitre consacré à l’éducation des enfants, Montaigne affirme que la philosophie doit rester accessible à tous, aux  adultes comme aux enfants. Car dès leur plus jeune âge, ces derniers développent  une conscience aiguë de ce qui  vaut ou ne vaut  pas, par exemple de ce qui est juste ou injuste. Merveilleux humanisme de Montaigne qui inscrit la philosophie dans le programme d’éducation des enfants ! En fait, il ne s’agit pas seulement de pédagogie, mais encore et surtout d’éthique: la vie suit son cours tumultueux et inexorable et ne souffre pas de délais. Montaigne pointe la véritable difficulté : « On nous apprend à vivre quand la vie est passée. Cent étudiants ont attrapé la vérole avant d’être arrivés à la leçon que leur fait Aristote sur la tempérance »3. L’amour n’attend pas, et l’on expérimente bien plus vite les effets d’une maladie vénérienne que les enseignements d’un traité de philosophie.

Qu’est-ce que philosopher en effet ? C’est faire usage de notre raison pour rechercher, pour nous-mêmes et par notre propre effort, le Souverain Bien, un bien qui réunit toutes les fins auxquelles nous pourrions aspirer, et susceptible de nous aider à réussir notre vie. Le bonheur?4 La justice?5 Le pouvoir?6 La liberté?7 Le plaisir?8 Mais quelle que soit la réponse – à supposer qu’il y en ait une meilleure que les autres… -, l’important consiste dans cette recherche qui nous engage parce qu’elle nous concerne personnellement, et que nul d’autre – ni les hommes politiques ni les chefs religieux – ne peut faire à notre place. En ce sens, le cours de nos vies constitue la preuve indiscutable de la véracité ou, au contraire, de l’inanité de nos discours, et de notre capacité à vivre conformément à nos idéaux et nos convictions. Certes, il s’agit d’un idéal vers lequel nous devons tendre, et non d’une norme à laquelle nous devrions nous soumettre, car dans les faits, nous ne sommes jamais ni assez forts pour mener à bien tous nos projets, ni assez clairvoyants pour éviter de commettre des erreurs, voire des fautes.

Nous pourrions à bon droit nous demander quel est le statut de ce miroir? Celui-ci constitue bien sûr l’instrument indispensable sans lequel la réflexivité serait tout bonnement impossible. Notons au passage que la réflexion désigne autant l’activité du sujet pensant qui, en esprit, fait retour sur lui-même que celle du miroir qui renvoie passivement des ondes lumineuses. Pour autant, quelle est la valeur de ce reflet? Le miroir nous permet-il de nous connaître dans une totale transparence ou, au contraire, nous fourvoie-t-il en nous renvoyant l’image trompeuse et illusoire de notre être et de notre existence? « Connais-toi toi-même »: cette devise de Socrate, au fondement de la vie éthique comprise comme souci de soi 9, est-elle applicable sans médiations ni précautions? La psychanalyse, qui semble donner à la devise socratique un sens nouveau, nous enseigne que la conscience, loin d’être transparente à elle-même, est d’abord le lieu de toutes les illusions que le sujet se forge sur lui-même et sur le monde, qu’elle est le jouet de forces et de processus dont elle ne peut rien ni ne veut rien savoir: l’inconscient psychique. La cure analytique consiste précisément dans ce travail d’exploration de cette face cachée de notre moi (l’ensemble de représentations et des désirs refoulés). La vérité ne nous est pas donnée d’abord ; elle est le fruit d’une conquête, d’une libération intérieure.

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La suprême épreuve

Cette formule de Montaigne nous confronte également à la suprême épreuve, celle par laquelle tout art de vivre véritable trouve sa consécration: l’action. Il faudrait vivre d’abord et parler ensuite (c’est, dit-on, l’apanage  des anciens: l’expérience vécue et réfléchie leur apporte clairvoyance et sagesse). Et reconnaissons que nos oreilles y gagneraient un certain repos, et notre esprit une bénéfique tranquillité… Il faudrait ensuite – et surtout – accepter, à tout âge, d’apprendre de nos erreurs, de remettre en question nos certitudes et nos principes les plus assurés. Car le cours de nos vies est rarement conforme à l’idée que nous en faisions préalablement. En outre, le monde est en perpétuel devenir, rien n’y est fixe ni immuable. Mais comment, dès lors, concilier cette perpétuelle mutation du monde et la fidélité à nous-mêmes ? Il semble que nous n’ayons guère d’autre choix que de nier le réel (pour préserver nos croyances) ou de réviser nos croyances (pour nous adapter au réel).

Montaigne nous suggère une solution possible : la fidélité à soi accordée à l’inconstance des choses : « Le monde n’est qu’une branloire pérenne : toutes choses y branlent sans cesse, la terre, les rochers du Caucase, les pyramides d’Egypte : et du branle public, et du leur. La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet : il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle. Je le prends en ce point, comme il est, en l’instant que je m’occupe de lui. Je ne peins pas l’être, je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou comme dit le peuple, de sept en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute.»10. Le monde est sans cesse en mouvement, ondoyant et divers, et c’est folie que de vouloir y inscrire dans le marbre nos principes et nos certitudes. Montaigne en prend acte, et considère l’écriture et la pensée comme des moyens de saisir et d’embrasser ce branle universel: il ne peint pas l’être, mais le passage. Il ne cherche pas à fixer pas les êtres ni les choses, car ils sont emportés par le fleuve du temps et, en outre la raison humaine n’est jamais certaine d’en comprendre l’essence. Par conséquent, notre impuissance sur le plan de l’être se redouble d’une impuissance sur le plan du connaître. C’est le génie de Montaigne dans les Essais que d’avoir su retenir ce qui, par essence, se dérobe à notre emprise. Plus près de nous, Marcel Proust renouvellera cette expérience dans son œuvre : A la Recherche du temps perdu.

S’agit-il pour autant de renoncer à nous-mêmes ? Non, car la fidélité ne réside pas dans le conservatisme des idées, mais bien plutôt dans un constant souci de vérité. Ce qui était vrai hier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. Il n’en demeure pas moins qu’en dépit du changement qui affecte sans cesse le cours de nos vies, nous restons confrontés à une exigence de vérité et de lucidité qui, elle, ne varie pas. Si la vérité de l’être consiste dans le passage et non dans la fixité, alors ce qui importe, c’est la lucidité par rapport au réel et la sincérité de notre engagement. La fidélité suppose l’humilité. En ce sens, la philosophie est une école de modestie.

Il faut souligner que la philosophie s’enracine avant tout dans un choix existentiel 11 qui nous place en face de nous-mêmes et en face d’autrui. C’est parce que nous pensons que tout n’est pas égal, que certaines voies sont plus honorables que d’autres, que nous nous mettons en quête de sens, et que nous cherchons ensuite à  instituer ce sens dans notre existence, dans le monde aussi. Avec, pour ou contre autrui. Inséparablement réflexion théorique et action pratique, la philosophie nous découvre en même temps la vie éthique et la vie politique. En ce sens,  la philosophie est une école de savoir-vivre.

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1 Montaigne, Les Essais, Livre I, chapitre 26 : De l’éducation des enfants.
2 Ibidem
3 Ibidem
4 Aristote, Ethique à Nicomaque, Livre 1, chapitre 5.
5 Platon, La République. La justice désigne chez l’individu l’ordre organisant toutes les forces de l’âme ; dans l’Etat, le fait que chaque classe accomplit sa tâche. Dans les deux cas, la justice renvoie  à un équilibre et à une harmonie.
6 Platon, La République (livre II, l’anneau de Gygès) et surtout Gorgias. Voir également, dans une optique un peu différente : Machiavel, Le Prince.
7 Sur ce point, les références sont nombreuses: Epicure, Lucrèce, Spinoza, Marx, Nietzsche…
8 Epicure, Lettre à Ménécée.
9 Platon, Charmide, 164 d ; Apologie de Socrate, 30b : « Athéniens ! Ma seule affaire est de vous persuader de n’avoir point pour votre corps et pour votre fortune de souci supérieur ou égal à celui que vous devez avoir sur la façon de rendre votre âme la meilleure possible. ».
10 Montaigne, Les Essais, Livre III, chapitre 2 : Du repentir.
11 Pierre Hadot, Qu’est-ce que la philosophie antique ?

 

Daniel Guillon-Legeay

Professeur agrégé de philosophie, Daniel Guillon-Legeay a enseigné la philosophie en lycée durant près de vingt-cinq ans en lycée. Actuellement chargé de mission au Pôle Numérique de Créteil, il tient le blog Chemins de Philosophie. Suivre sur Twitter: @dguillonlegeay

 

 

Commentaires

Arrivé à un certain âge , on se sent d’autant plus primesautier et on vit d’autant plus intensément chaque instant de bonheur qui passe…qu’on a pris ses dispositions pour réussir sa mort ! Pas de cadavre dans l’armoire , que ceux qui nous aiment découvriraient caché sous une pile de linge . Ils pourront trouver, en se rappelant les moments de joie partagés , la force …de nous transformer en un doux souvenir, qui , peut-être , les aidera à vivre .  » Au revoir et merci  » , comme l’écrivait délicieusement Jean D’Ormesson . La philosophie, vous avez raison , nous aide à  » savoir accorder ensemble nos pensées, nos paroles et nos actes » . Elle n’est pas affaire de spécialistes . Merci de nous rappeler aussi clairement qu’elle est , comme le résume votre titre , » au coeur de notre vie « .

par Philippe Le Corroller - le 28 novembre, 2014


Merci beaucoup

par Guillon-Legeay Daniel - le 28 novembre, 2014


Voila des vérité qui a le mérite d’être rappeler. La philosophie n’est rien d’autre qu’une vie, qui essai de retrouver la face cacher du reflet de la vie.

par Anunda Démétrius - le 29 novembre, 2014


Ce que je retiens principalement de ce beau plaidoyer, « sceptique » au demeurant, est que la philosophie est une école d’humilité et de savoir vivre ; mérite ainsi le titre de « philosophe », celui qui, en pleine lucidité, s’attache à la quête de vérité dans le souci permanent de mettre en cohérence ses actes à son discours. Toutefois, la philosophie étant aussi une école de rigueur et un catalyseur de culture et de mémoire, elle impose un travail de questionnement du langage, de ses signifiants et de ses signifiés.
Non spécialistes certes, mais jamais dilettantes…

par Anna92 - le 30 novembre, 2014


Plaidoyer sceptique, oui en effet, vous avez tout à fait raison. Vous faites également valoir à bon droit cette autre dimension critique de la philosophie par rapport à la culture et bien sûr au langage, et sans laquelle on ne pourrait philosopher (s’interroger sur les mots pour clarifier les concepts, saisir l’essence de ce dont on parle et savoir enfin ce que parler veut dire). Heureusement, les deux dimensions
– existentielle et critique – vont de pair. Je crois toutefois que la seconde n’a de sens que par rapport à la première. Merci beaucoup pour ce commentaire éclairé. DGL

par Guillon-Legeay Daniel - le 30 novembre, 2014


Un professeur de philosophie n’obtient pas un diplôme de bien vivre, mais d’une série de connaissances.
Il serait heureux qu’il finisse par bien penser, c’est-à-dire mieux qu’en croyant que la mesure d’une bonne philosophie se mesure à une bonne vie, sur le mode du biographisme à la mode Onfray (http://www.exergue.com/h/2008-08/tt/onfray-biographie.html)

par Jacques Bolo - le 1 décembre, 2014


Cher Jacques,

 » Un professeur de philosophie n’obtient pas un diplôme de bien vivre, mais d’une série de connaissances » dites-vous? Soit. Il est vrai que la philosophie depuis Kant est devenue très scolaire: on y enseigne les doctrines et l’histoire des doctrines et l’histoire de l’histoire des doctrines… Mais à quoi bon ces connaissances si elles ne servent pas à mieux vivre? Voilà la question qui se confond avec la philosophie depuis Héraclite jusqu’à Descartes – le mot même de philosophie en dit long à ce sujet.

Combien de professeurs de philosophie avons-nous rencontré sans que jamais leurs discours ne nous aident à vivre? Socrate quant à lui n’enseigne rien; il reste cependant un exemple de philosophe pour tous; par sa vie, par sa pensée, par sa mort aussi (les trois sont indissociables: relisez Platon!). Et pourquoi me répondrez-vous? Parce qu’en cherchant la vérité sur les essences, il vise à l’universel, ce qui doit être vrai pour soi et pour autrui, pour tous les hommes donc. C’est-à-dire le contraire du biographisme!

Socrate a accepté de boire la ciguë pour rester fidèle aux lois d’Athènes et également à lui-même, à ce qu’il avait prôné toute sa vie durant: la vie vertueuse et le souci de l’âme. Car à l’heure de mourir, les beaux discours et toutes les connaissances ne font guère le poids.

Concluons donc sur ce point: rendons à Socrate ce qui est à Socrate, et à Onfray ce qui est à Onfray.

par Guillon-Legeay Daniel - le 1 décembre, 2014


Pourquoi je ne crois pas toutes ces belles paroles (et que Socrate n’enseigne rien, d’ailleurs)? Serait-je plus sceptique que Montaigne?

par Jacques Bolo - le 2 décembre, 2014


Il me semble que cet article résume très bien le défi actuel de la philosophie : renouer avec la Cité en se « déprofessionnalisant ».

Déprofessionnaliser la philosophie, c’est donner aux citoyens ce qui caractérisait la démarche Socratique : une véritable pratique. Considérer la philosophie comme l’apanage de quelques grands (ou petits) professeurs en col roulé n’est pas un service à lui rendre. Je pense qu’elle a beaucoup pâti des excès de rationalisation et de la différenciation (Weber) propres à la modernité. En la cantonnant aux milieux académiques, comme si là se trouvait son unique place légitime et indiscutable, on contribue indirectement au désamour dont elle est trop souvent victime en la sanctuarisant et en la déconnectant du champ de l’expérience. Pourquoi l’entrepreneuriat a-t-il le vent en poupe ? À mon sens, c’est parce qu’il n’exclut personne a priori et qu’il donne la possibilité de « s’armer » par soi-même. Il devrait en être de même pour la philosophie. Ce qui ne veut absolument pas dire qu’une « sélection » ne s’opèrera pas par la suite si l’on souhaite intégrer la sphère académique. Il y aura toujours des bons, des moins bons et des mauvais; mais au moins, chacun aura pu s’essayer à cette fantastique pratique.

Une ancienne camarade de classe, apprenant que je me lançais dans un doctorat en philosophie, m’a dit quelque chose comme « ah ouais, ça dois être bien fou dans ta tête ». Tout est dit… et je pense, malheureusement, qu’elle n’est pas la seule, loin de là, à penser ça.

Merci beaucoup pour ce bel article.

par Julien De Sanctis - le 9 décembre, 2014



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