iPhilo » L’urgence de la tolérance : du pluralisme religieux au multiculturalisme

L’urgence de la tolérance : du pluralisme religieux au multiculturalisme

18/12/2014 | par Marc-Antoine Dilhac | dans Politique | 17 commentaires

Download PDF
Dans son essai La tolérance, un risque pour la démocratie (Paris, Vrin, 2014), le philosophe Marc-Antoine Dilhac justifie la nécessité et l’urgence d’un modèle multiculturaliste plus respectueux de la tolérance que la laïcité à la française, qu’il conçoit comme le signe d’un républicanisme  communautarien.

n

Cela peut paraître une entreprise curieuse que celle d’élaborer une théorie de la tolérance dans un cadre démocratique et de l’adresser à un public francophone, principalement français. En effet, si la tolérance était généralement comprise comme une marque de faiblesse du pouvoir tolérant, à partir du XVIIIe siècle, en France, elle est plutôt perçue comme l’affirmation de la puissance royale et comme l’expression d’une domination du pouvoir qui tolère mais pourrait ne pas tolérer. Plus récemment, au cours des décennies 1980 et 1990, la culture politique française a connu un tournant très défavorable à l’idée de tolérance, tournant qui s’est accentué dans la dernière décennie avec l’adoption de plusieurs lois (2004, 2010) portant un coup sérieux à la liberté de conscience. Parce que c’est l’égalité pure qui doit prévaloir, la tolérance est presque intolérable en démocratie. Les partisans d’une stricte laïcité républicaine, dont la signification juridique a évolué récemment, accusent les défenseurs de la tolérance de faire le lit du communautarisme et soutiennent que l’égalité formelle suffit.

Dès lors, pourquoi aurait-on besoin de tolérance dans une démocratie qui reconnaît des droits-libertés individuels ? Ne  doit-on pas plutôt rejeter la tolérance comme une vertu des institutions monarchiques qui consacraient l’inégalité entre tolérant et toléré ? Ne faut-il pas plutôt éliminer les différences dont on peut craindre qu’elles n’engendrent des conflits violents et ne sapent l’unité de la république ? Voilà quelques questions qui ont motivé cet essai sur la tolérance. La thèse que j’y défends est double : tout d’abord, bien que la tolérance soit une pratique politique négative dont la signification est essentiellement l’abstention, elle reste pertinente et parfois urgente en démocratie ; ensuite, la tolérance présente toujours un risque, risque d’accepter des pratiques qui se révèlent dangereuses, des opinions qui peuvent, selon les circonstances, devenir des actions nuisibles à la paix sociale. Pourtant ce risque, il est impératif de le prendre si l’on ne veut pas renoncer à l’idéal démocratique – hors de la démocratie, la tolérance n’est qu’une option politique parmi d’autres. Je me contenterai d’illustrer la première branche de cette thèse.

Définissons la tolérance comme la vertu qui consiste à supporter pour de bonnes raisons ce que nous désapprouvons moralement et qui engendre en nous une forme de dégoût moral voire physique. Être tolérant, c’est alors être disposé à ne pas agir pour empêcher l’expression d’une opinion, d’une croyance ou d’un mode de vie que nous désapprouvons alors que nous avons le pouvoir de l’empêcher. D’emblée nous pouvons écarter l’idée d’un respect pour ce qui est toléré, d’une indifférence ou encore d’une faiblesse coupable.

Dans le cadre d’une société démocratique marquée par la diversification des religions, des conceptions morales et des sources d’autorité, nous rencontrons immanquablement des opinions ou des modes de vie que nous désapprouvons. Et – c’est un fait de la vie sociale en général – l’émergence de ces opinions et de ces modes de vie est imprévisible. Le XVIe siècle a vu la multiplication d’innovations théologiques qui conduisirent à l’éclatement de la chrétienté d’occident avec une violence proprement inouïe. Les États européens n’étaient pas préparés à faire de la politique autrement, en faisant le deuil de l’homogénéité religieuse. Afin de surmonter la violence confessionnelle, il leur a fallu adopter un ensemble de principes politiques et de mettre en place un ensemble de pratiques inédites. Dans le cas de la France, l’État a dû emprunter la voie de l’impartialité en se mettant au-dessus des partis confessionnels, modèle initié dès le XVIe siècle par les Politiques avec des résultats plus ou moins heureux. Mais il fallait encore qu’il se sépare de l’Église (catholique) puis des Églises. Les principes de liberté et d’égalité ont ensuite reçu une forme juridique donnant naissance à la démocratie moderne. L’idée de neutralité confondue avec celle de laïcité est enfin venue aux grands réformateurs républicains du XIXe siècle. Tous ces dispositifs politiques et juridiques ont été inspirés par l’esprit de tolérance, même quand les révolutionnaires Rabaut Saint-Étienne et Mirabeau, entre autres, semblaient sacrifier la tolérance sur l’autel de l’égalité républicaine : en réalité, tous avaient pour dessein de protéger la conscience contre l’empiétement des groupes religieux, des partis confessionnels et de l’État partisan lui-même.

Avec l’avènement de l’égalité républicaine, on pensait avoir congédié la tolérance qui mettait le toléré sous le pouvoir du tolérant. Pourtant, le principe d’égalité reste muet sur la nature de ce qui est égalisé, et l’égalité des droits n’est pas encore l’égalité des conditions ni des libertés réelles. Or, si l’on se détourne un temps du fétiche que représente l’expression formelle « égalité républicaine » pour considérer ce qui l’animait, on retrouve le sens de la tolérance : l’égalité doit être celle des chances de mener sa vie selon la conception que l’on s’en fait, que l’on soit de la religion majoritaire ou d’une religion minoritaire, que l’on soit noble ou fils de métayer, issue de la classe bourgeoise ou du prolétariat. L’égalité des chances implique d’abord le droit de ne pas être empêché d’accéder à des positions sociales pour des raisons morales, religieuse et culturelle non pertinentes ; elle implique donc fondamentalement la tolérance, non pas simplement comme vertu individuelle des citoyens mais comme arrangement institutionnel.

Le régime de tolérance réalisé par l’égalité formelle des libertés et la séparation de l’Église et de l’État, a permis de pacifier les relations sociales entre catholiques et protestants, entre chrétiens et athées, et a donné un espace de liberté aux juifs, ce qui n’était pas le moindre de ses miracles. Mais cette pacification s’est faite sur fond d’une homogénéité et parfois d’une homogénéisation culturelle forcée – le cas des juifs est complexe mais l’insistance politique sur leur émancipation et leur assimilation est éloquente. Or, pour des raisons historiques multiples, de nouvelles figures religieuses et culturelles ont fait irruption sur la scène républicaine. L’immigration postcoloniale en particulier a introduit en France la question musulmane avec des revendications de visibilité et d’accommodements qui étaient inédites depuis la Réforme : carrés musulmans dans les cimetières ; construction de mosquées ; port de signes religieux comme le hijab, puis le niqab ; menu hallal dans les cantines scolaires, etc. À la question musulmane, la réponse de l’État a évolué passant d’une neutralité accueillante à une affirmation culturelle exclusive de la majorité, d’un régime de libertés à un républicanisme communautarien.

En effet, en 1989, lorsque éclate la première affaire du « foulard » islamique à l’école, le Conseil d’État rappelle les fondements d’une démocratie soucieuse des libertés individuelles et en particulier son engagement envers l’égalité des chances : « Il interdit (…) toute discrimination dans l’accès à l’enseignement qui serait fondée sur les convictions ou croyances religieuses des élèves ». Empêcher des individus d’accéder à l’éducation en raison d’une différence religieuse et culturelle porte atteinte à l’égalité des chances qui est au fondement du projet libéral républicain. Par un renversement inattendu, les revendications musulmanes sont passées pour des appels à rompre l’égalité républicaine dont le seul signe extérieur était l’absence de signes religieux « exotiques ».

La suite de cette histoire nous convainc que nous avons toujours besoin de tolérance en démocratie. En 2004, passait la loi sur l’interdiction des signes religieux ostentatoires à l’école ; en 2010, était promulguée la loi sur l’interdiction de la dissimulation du visage qui vise le port du voile islamique intégral. Derrière ces différentes interdictions et le paravent de la laïcité, on ne trouve rien de telle que la promotion de l’égalité des chances ou la défense de liberté de conscience qui figure à l’article 1 de la loi de 1905. Ce qui est plutôt défendu, comme l’écrivent explicitement les rédacteurs du rapport « sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national » en 2010, c’est le « vivre ensemble », c’est-à-dire en réalité un ensemble de normes culturelles de la civilité ou de la bienséance. J’appelle cette doctrine « laïcité communautarienne ». L’intervention de l’État pour définir les normes culturelles du « vivre ensemble »  constitue une atteinte particulièrement grave à la neutralité de l’État, à son impartialité, à la liberté de conscience, mais aussi à l’égalité des chances puisque l’État somme les individus de choisir entre leurs croyances et les ressources sociales (éducatives, professionnelles) auxquelles ils pourraient prétendre en renonçant à leurs croyances.

Une théorie de la tolérance rappelle que l’impératif constitutif de la démocratie est d’offrir des justifications politiques acceptables quand on exclut certains citoyens des bénéfices de la vie sociale. Ces justifications ne peuvent reposer sur des raisons morales contestables, ni des valeurs culturellement déterminées, comme le fait de se découvrir la tête quand on entre dans un lieu couvert. Ces raisons morales et culturelles peuvent justifier notre réprobation voire notre dégoût à l’égard de certaines pratiques; mais la tolérance consiste précisément à ne pas empêcher ce que l’on réprouve pour des raisons religieuses, morales ou culturelles particulières. Dans un contexte où l’État manifeste une partialité culturelle qu’il est difficile et parfois impossible de surmonter, il convient d’offrir aux minorités discriminées des exemptions et des services spécifiques qu’on appelle aussi accommodements raisonnables. Une telle politique qui a fait le deuil de l’homogénéité culturelle, comme celle du XVIe siècle avait fait le deuil de l’homogénéité religieuse, n’a pas d’autre but que de rétablir l’égalité par la reconnaissance de la différence.

Pour aller plus loin : Marc-Antoine Dilhac, La tolérance, un risque pour la démocratie, éd. Vrin, 2014.

 

Marc-Antoine Dilhac

Professeur de philosophie à l'Université de Montréal, Marc-Antoine Dilhac est titulaire de la Chaire du Canada en Éthique publique et théorie politique. Il est l'auteur de deux essais : Pluralisme et désaccords publics (avec Sophie Guérard de Latour, Publications de la Sorbonne, 2013) et dernièrement La tolérance, un risque pour la démocratie ? Théorie d’un impératif politique (Vrin, 2014).

 

Inscrivez-vous à la newsletter iPhilo !

Recevez le premier journal en ligne gratuit écrit par des philosophes dans votre boîte mail !

 

Commentaires

Soyons concrets : autoriser des femmes voilées à accompagner des sorties scolaires, comme l’a décidé la ministre Najat Vallaud-Belkacem, peut être considéré comme ce que vous appelez un  » accommodement raisonnable  » . On estime qu’il est bon que les femmes d’origine musulmane puissent accompagner leurs enfants lors de ces sorties , comme le font les autres mères, juives, chrétiennes ou sans religion . Pourtant , une question se pose : n’est-on pas ainsi en train d’encourager le communautarisme dès le plus jeune âge ? N’est-on pas ainsi en train d’habituer des enfants à considérer comme normal que des femmes soient voilées et donc vivent un statut inférieur à celui de l’homme, avec la bénédiction ( sic) de la République ? La tolérance doit-elle , finalement , aboutir au déni de la laïcité ?

par Philippe Le Corroller - le 18 décembre, 2014


C’est un fait que la laïcité n’est pas la tolérance, mais la tolérance n’est pas non plus un gage de respect pour la personne humaine. S’il y a de bonnes raisons de penser que les signes religieux ne doivent pas être apparents à l’école, c’est que l’école est le lieu à l’intérieur duquel l’enfant doit apprendre à se distancier de ses attaches culturelles, sociales, familiales ou religieuses pour s’y sentir d’abord un homme parmi les hommes et prendre la mesure de tout ce qu’il y a d’universel dans l’humanité.

par Eric Delassus - le 18 décembre, 2014


La photo (supra) illustre parfaitement le paradoxe qui agite nos sociétés démocratiques : se réclamer de l’individualisme pour justifier le communautarisme.

par Jean-Sébastien Philippart - le 18 décembre, 2014


Lu et approuvé, je soussigne.
Philippe Le Corroller, je ne comprends pas votre acharnement corrosif. Êtes vous athée ? Ou êtes vous d’une autre confession religieuse ? J’imagine que cela ne me regarde pas; pas plus que ce que portent ces femmes sur leurs têtes vous concerne. Vous êtes mon interlocuteur ici, donc je vous prie de répondre à cette question :
Que dites vous, ou diriez vous à votre enfant à la sortie d’école en croisant des mères portant le voile ?

par Seyhan - le 19 décembre, 2014


 » Acharnement corrosif  » ? Ma foi , si poser clairement des questions gênantes relève de l’acharnement , va pour l’acharnement .

par Philippe Le Corroller - le 20 décembre, 2014


Mais peut-être avons-nous une pratique différente de la philosophie . Je n’attends pas d’elle qu’elle m’apporte des réponses . J’attends qu’elle m’aide à me poser les bonnes questions .

par Philippe Le Corroller - le 20 décembre, 2014


Poser des questions ? Ou supposer acquises des réponses sous entendues dans celle-là ? Allez au bout de vos raisonnements, si votre conviction vous semble justifiée. Je renouvelle ma question : que daigneriez vous répondre à un enfant qui vous demanderait pourquoi des femmes portent un voile ?

par Seyhan - le 20 décembre, 2014


Chez les sophistes , vous auriez fait un tabac ! Je pose une question claire : en décidant d’autoriser des mères voilées à accompagner les sorties scolaires , la ministre n’est-elle pas dans le déni de la laïcité ? Au lieu d’y répondre , vous essayez, par deux fois , de me mettre en difficulté . D’abord, en m’accusant  » d’acharnement corrosif  » . Plaisante méthode , qui me rappelle la façon dont les trotskistes manipulaient les assemblées générales en mai 68, en tentant de décrédibiliser ceux qui ne pensaient pas comme eux d’un inénarrable  » D’où parles-tu , camarade ? « . Puis , vous me posez une question personnelle , alors que je vous invitais à un débat d’ordre général : un ministre peut-il en faire à son aise avec les lois de la République ? Merci , je me suis bien amusé…et vous n’avez toujours pas répondu à la question posée !

par Philippe Le Corroller - le 20 décembre, 2014


Vous n’apportez que de la douleur dans les cœurs, et vous n’êtes pas seul dans votre penchant vers le mépris. Que votre raison vous éclaire… La haine n’engendre que la haine.
Vous semblez bien convaincu de là où vous êtes, que la laïcité est l’absence de religion dans chaque mètre carré de la République. Vous menez la meme lutte qu’un idéaliste qui voudrait la disparition des drogues et de la prostitution, en oubliant qu’accepter l’homme tel qu’il est, est un premier pas pour le rendre meilleur. Si toutefois vous voulez déporter les musulmans il en va de votre avis partagé par d’autres individus. Il en sera ainsi j’imagine, à terme, car c’est la démocratie qui le déterminera, sans votre aide « éclairée ». La philosophie est l’application des principes et des finalités que l’on prône d’abord sur soi. Quelles sont les belles valeurs que vous prônez, une fois dépassée la lutte contre ce que vous ne voulez pas que l’humain soit ? Qu’y a-t-il apres ce néant ? Quelles réponses apportez vous a la soif d’avenir qu’ont toutes ces personnes ? On ne peut pas être philosophe sans être politicien, scientifique, homme de cœur. Quel est votre projet et quelles sont vos propositions qui vont souder les uns aux autres ?
Oui je pense que cette puissante volonté de conjuguer les uns avec les autres balaierait d’un revers tous ces débats sur non pas la laïcite, mais la non acceptation d’autrui, et qui condamne ce beau pays qui pourrait être un exemple futur de réussite d’intégration d’un humain pluriculturel, pour faire fleurir une économie en panne. Je crois aux mêmes valeurs que la Raison vous mène ou mènera à adopter. L’amour n’est pas une affaire de cœur mais de raison.

par Seyhan - le 21 décembre, 2014


Quel tombereau d’accusations indignes ! Je vous laisse à vos certitudes et vos détestations .

par Philippe Le Corroller - le 21 décembre, 2014


Le plus drôle c’est que , faisant du soutien scolaire depuis dix ans , j’ai eu à plusieurs reprises des élèves d’origine musulmane . Ils seraient sans doute effarés des intentions que vous me prêtez ! Curieuse époque, tout de même, où les attaques ad hominem remplacent l’argumentation .

par Philippe Le Corroller - le 21 décembre, 2014


« … que des femmes soient voilées et donc vivent un statut inférieur à celui de l’homme  »
Dites cela en ces termes à vos élèves musulmans, que vous auriez eu par le passé, ils vous contrediront sans doutes et trouveront des arguments plus ou moins valables.
Pardonnez ma vigueur je vous en prie, mais j’aime les débats enflammés. Mon regard exaspéré est tourné vers non pas vous, mais vers une pensée déconstructrice. La déconstruction en effet à cet effet de déraciner et de faire perdre un passé une histoire avec ses leçons et ses gains… Elle empêche le progrès de se faire. Vous qui êtes pédagogue devriez m’accorder au moins cela.
Le petit chaperon rouge francais n’eut le droit de vote que bien assez tard. Pourtant des femmes en France aujourd’hui peuvent presque écrire le prénom en pissant…

par Seyhan - le 22 décembre, 2014


Je ne déteste pas les débats enflammés . Et j’aime bien la provocation , qui oblige à réfléchir . Mais notre débat s’est mal engagé lorsque vous avez cherché à savoir si j’étais « athée » ou « d’une autre confession religieuse » . Moi je n’ai pas cherché à savoir pourquoi vous avanciez masqué derrière un pseudonyme , mais tout de même ça ne m’a pas incliné à la sympathie à votre égard . Qu’ensuite, vous ayez pu suggérer que j’étais partisan de la déportation des musulmans, j’avoue que là j’ai vu rouge ! Essayons de reprendre ce débat sur des bases plus sereines . Sur le fond , vous en venez au vrai sujet : le voile . Je comprends bien qu’une partie des musulmans y voient un symbole incontournable de leur tradition religieuse . A cela , permettez-moi de vous opposer plusieurs arguments . 1) D’abord, toutes les musulmanes ne portent pas le voile . Il se trouve qu’en début d’année ,les mères d’élèves qui me confiaient leur fils ou leur fille et avaient tenu à me rencontrer ( sans doute pour vérifier que je n’avais pas une tête de pédophile !), n’en portaient pas. 2) Que vous le vouliez ou non , une bonne partie des Français – c’est mon cas , je ne m’en cache pas – voient dans le voile un instrument de sujétion de la femme à l’homme. Vous avez certainement de bons arguments pour me dire qu’il n’en est rien . Mais ce qui compte, dans l’incompréhension entre communautés, c’est le ressenti . Beaucoup de Français vivent le voile comme une provocation à leur égard . On peut le déplorer , on ne peut pas nier le phénomène 3 ) Par chance , la laïcité , si on la respecte, permet de s’en sortir : pas de signes religieux apparents à l’école. Comme l’explique très bien M. Delassus , l’école c’est le lieu où  » l’enfant doit apprendre à se distancier de ses attaches culturelles , sociales, familiales ou religieuses , pour s’y sentir d’abord un homme parmi les hommes et prendre la mesure de tout ce qu’il y a d’universel dans l’humanité « . 4) Les sorties scolaires, c’est encore l’école . Il me semble donc que la ministre aurait du respecter l’esprit de la loi sur la laïcité, qui avait été confirmé par la circulaire de Luc Chatel . Elle a fait le contraire . Il est permis d’être en désaccord avec sa décision . Je comprends tout à fait que cela puisse être blessant mais je ne vois pas comment sortir de ce dilemme .

par Philippe Le Corroller - le 22 décembre, 2014


Peu m’importe votre personne et vos croyances, ma question était réthorique vous l’avez bien saisi, sans être certes bienséante.
C’est bien d’empathie et de respect pour une minorité qu’il s’agit.
Votre impuissance et vos questionnements infinis pourraient prendre fin avec une volonté d’Etat de ne plus chercher à faire de la démagogie et de ne plus éveiller les peurs, les haines et le mépris latents.
Avez vous un seul moment pensé que ces enfants d’immigrés de culture musulmane souffraient d’oppression quotidienne de la part conjuguée des politiciens et médias ( voir ceci pourrait vous éclairer dans la place que vous adoptez en effet ).
Aussi, ils sont des millions à être perdus entre l’incompréhension parentale et l’incompréhension sociale voir souvent la peur le mépris et tous sentiments, déplorables peut être, mais qui galvanisent salement une foule en perte de cohésion.
Cela me rappelle les propos de Sarkozy sur sa ministre aux origines grises, vous vous en souvenez certainement. Ne tentez pas de me faire croire que la décision tombée en faveur des mères voilées n’était pas prise en totale conscience de l’effet encore une fois bénéfique pour les frontistes, et qui fait s’engager les gauchistes contre eux, participant dans l’ensemble à la déresponsabilisation du politicien qui reste normal et impuissant, comme vous meme semblez l’être ( ou pas ).
Je souhaitais être constructif mais je ne peux m’engager outre mesure, car en effet je ne suis pas français et ma parole n’a malheureusement pas l’universalité de celle d’un blanc. Je vous laisse juge de quoi faire, car comme vous le rappelez la France est ainsi, et il n’appartient qu’aux francais de parler légitimement en son nom.

Je soutiens la laïcite, l’état ne peut interférer dans le fait religieux. L’intégrité de celui qui le pratique doit être respectée. C’est là le côté tranchant de la loi ét il peut être douloureux certes. Mais une vraie amélioration serait de cesser de détester le fait religieux, particulièrement l’islam. Je vous concède que c’est dur, par ces temps où des fous s’agitent de manières meurtrière dans les rues. Oui c’est la faute aux manipulations politiciennes. Quel génie quand même, mis au service d’une action purement oppressive ! Le désordre social et économique ainsi obtenu à freiné et mis en crise des économies pourtant bien huilées et qui se produisaient elles meme avec Raison, comme si une main invisible régulait tous ces intérêts aux apparences contraires.
Le seul rôle de l’état serait quand aux fait religieux de ne pas se laisser dépasser et diriger par celui-ci, donc par exemple de ne pas proclamer un « Islam de France ».
Que d’erreurs que d’errance, ou de velléité, peut être de calculs foireux, ou réussis que sais-je !
NB : Nul n’est tenu à divulguer son identité. J’espère que vous n’en avez pas apres ma liberté d’expression car je ne vous ai semble-t-il pas alloué des intentions génocidaire. Et j’ose espérer que le rouge que vous y voyez n’est que d’ordre politique.
Merci d’avance pour votre bonne compréhension et pardonnez autant se peut les erreurs d’appréciation, même si vous n’êtes pas enclin à aimer l’individu aigri que je suis… Sincères salutations !

par Seyhan - le 22 décembre, 2014


De l’empathie pour une minorité ? Franchement , je ne sens pas la France islamophobe . Elle ne confond pas l’épicier du quartier ou le jeune créateur de start-up avec Daesh ou Aqmi . Elle n’embraye pas bêtement sur l’acte accompli par un déséquilibré , qui relève de la psychiatrie , pour stigmatiser une communauté . Elle travaille tous les jours avec Hakim ou Djamel et a ri de bon coeur en voyant Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu . Bien sûr, tout ça n’empêche pas que la « crise » et donc le chômage frappent plus durement dans les « quartiers » qu’ailleurs .Et que les politiques aient donc la responsabilité d’y porter remède. Mais, franchement, je ne dirai pas que la France est islamophobe. En tous les cas, pardonnez ma raideur sur les principes, si elle a pu vous blesser . Je vous souhaite de bonnes fêtes. Bien cordialement.

par Philippe Le Corroller - le 22 décembre, 2014


Si on défend la liberté, ce n’est pas pour que nous soyons tous égaux quant à nos identités. Nous devons être égaux en droit, mais pas sur ce que nous sommes. Nous sommes tous différents ! La liberté suppose donc de faire valoir la différence, l’identité que chacun ressent et exprime. Le problème n’est pas de connaître l’identité pour mieux la conserver mais de garantir la diversité qui se manifeste, parmi nous, par des identités, à la fois sensibles, imprécises et mouvantes. Car, d’une façon ou d’une autre, nous sommes condamnés à la diversité, constante de la vie sociale. Le multiculturalisme, en accord avec l’isonomie, est donc cette voie de la liberté qui permet à un ensemble d’individus de s’octroyer mutuellement des droits et des libertés, sans tenir compte de l’origine, de la couleur de peau ou de l’essence historique.

http://www.contrepoints.org/2014/09/01/179219-le-multiculturalisme-comme-liberte

par José López Martínez - le 23 décembre, 2014


[…] Lien: http://iphilo.fr/2014/12/18/lurgence-de-la-tolerance-du-pluralisme-religieux-au-multiculturalisme-ma… […]

par “L’urgence de la tolérance : du pluralisme religieux au multiculturalisme”, sur iPhilo.fr | Marc-Antoine Dilhac - le 25 janvier, 2015



Laissez un commentaire