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La guerre des immortalités

14/04/2015 | par Philippe Granarolo | dans Monde | 4 commentaires

 

Human hand touching an android hand. Digital illustration.
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Par une troublante coïncidence, l’édition du Figaro datée du 19 mars dernier consacrait sa Une à la tuerie djihadiste de Tunis, largement évoquée dans les pages intérieures du quotidien, et proposait en page 21 de la même édition une chronique de Luc Ferry intitulée « L’immortalité, ça vous dirait ? ». Mon collègue philosophe y proposait une belle synthèse des révolutions que vont produire à brève échéance nos biotechnologies.

Le même jour s’étalait donc sous nos yeux l’une des oppositions les plus spectaculaires de ce début du XXIe siècle : le conflit qui oppose une idéologie archaïsante cherchant à s’imposer par la terreur, et une technoscience en croissance exponentielle dont les découvertes et les applications rendent chaque jour plus ténue la frontière séparant science et science-fiction. Cent ans ou presque après que Max Weber eut considéré qu’une « guerre des dieux » caractériserait le siècle à venir, n’est-ce pas aujourd’hui une guerre des immortalités dont nous sommes les témoins un peu ébahis ? C’est à cette guerre que nous allons consacrer cette brève réflexion.

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La contradiction majeure de l’islamisme

L’islamisme est une idéologie archaïsante dont aucun intellectuel du siècle précédent n’avait imaginé qu’elle séduirait tant d’hommes au début des années 2000. Depuis le XIXe siècle tous nos penseurs annonçaient la sortie du religieux, tous prophétisaient un monde laïcisé en lequel les préoccupations religieuses seraient jugées ridicules. Il fallut attendre Régis Debray et sa Critique de la raison politique 1 en 1981 pour lire sous la plume d’un philosophe l’affirmation selon laquelle, tant qu’il y aura des humains à la surface de la terre, une croyance les réunira, la croyance étant seule capable de souder les membres d’un groupe. Et il fallut attendre Daryush Shayegan, ce philosophe iranien réfugié en France après la prise du pouvoir en Iran par  Khomeiny, pour que soit conduite en 1988 une interrogation rigoureuse sur l’énigme que représentait alors l’installation du premier régime islamiste.

La typologie proposée en 1988 par Daryush Shayegan dans Le regard mutilé 2 n’a pas pris une ride. Après avoir parcouru le « champ des distorsions » propre au monde musulman, l’auteur consacrait son dernier chapitre à dresser un portrait-robot des leaders islamistes de l’époque, qui se divisaient selon lui en quatre sous-ensembles : les intellectuels, les idéologues, les technocrates, et les stratèges de Dieu. Cette répartition vaut aujourd’hui encore.

L’argument majeur de Shayegan était le suivant. Se référant à Heidegger, il montrait que les objets technologiques ne sont pas neutres, et qu’ « acquérir une technique sans s’approprier, ou du moins comprendre, les soubassements métaphysiques qui en constituent la charpente, est une pure illusion » 3. Utiliser un téléphone cellulaire, se servir d’armements sophistiqués, avoir recours à Internet et aux réseaux sociaux (je complète la liste de l’auteur par cette dernière technologie qui, on le devine, est absente du livre publié en 1988), et parallèlement se crisper sur un système de croyances caractéristiques d’une vision préscientifique du monde, ne pouvait conduire qu’à une « schizophrénie culturelle » (sous-titre du livre de Shayegan) quasiment pathologique. Ce qui était « distorsion » lors de la parution du livre de Shayegan est devenu grand écart, un gouffre abyssal séparant à présent un paradigme religieux vieux de mille quatre cents ans et des technologies révolutionnaires qui transforment le monde et qui vont bientôt transformer l’homme.

L’auteur du Regard mutilé semblait considérer comme inéluctable la défaite de l’islamisme en raison même de cette distorsion qui deviendrait selon lui de plus en plus insupportable. Doit-on penser que les attentats du 11 septembre 2001, ou plus récemment les succès militaires de Daech ou de Boko Haram, contredisent les prévisions de Shayegan ? Rien n’est moins sûr. J’ai personnellement, peut-être influencé par la lecture de Shayegan, répété dans de nombreux écrits qu’une doctrine qui ne serait pas « scientifico-compatible » n’avait guère de chance de perdurer 4.

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Immortalité rêvée, immortalité construite

Des trois monothéismes, l’Islam semble le seul dont les fidèles croient encore fermement en l’au-delà et partagent la certitude de l’immortalité qui nous y attendrait. Depuis une trentaine d’années, tous les sondages ont montré qu’en France une majorité de catholiques pratiquants a des doutes sur l’existence de l’au-delà (on imagine aisément ce qu’il en est des catholiques non-pratiquants …). Quant à la religion hébraïque, les meilleurs spécialistes répètent depuis toujours que l’au-delà ne fait nullement partie de ses préoccupations majeures, et que « la Bible s’intéresse peu au sort des humains après leur mort » 5. Il n’y a donc qu’au sein de l’Islam que l’idée du Paradis que gagnent les fidèles après leur trépas fonctionne encore. Paradis agrémenté de la présence de jeunes  vierges qui seront tout entières au service de ceux qui pensent sacrifier leur vie (en éliminant celle des autres) à leur Dieu.

Immortalité attendue, immortalité rêvée, immortalité supposée. Croyance aussi fragile que toutes les croyances qui se sont succédé à la surface de la planète. En face de cette très archaïque croyance, en dehors d’elle et sans rapport aucun avec elle, nos sciences travaillent à construire l’homme immortel qui prendra notre suite. La chronique de Luc Ferry intitulée « L’immortalité, ça vous dirait ? » rend compte d’un excellent ouvrage de vulgarisation du Docteur Laurent Alexandre, La mort de la mort 6. A la page 389 du livre, l’auteur résume en ces termes son propos : « Le XXIe siècle sera bien celui du vertige. Nous allons en un siècle tuer la mort, créer la vie en éprouvette, organiser notre cohabitation avec l’intelligence artificielle et piloter notre cerveau ». Quatre lettres symbolisent selon lui l’entrée dans ce qu’Hervé Kempf avait dénommé avec bonheur l’ « ère biolithique » dans laquelle nous entrons 7 : les quatre lettre N B I C, initiales des Nanotechnologies, de la Biologie (en fait de l’ingénierie biologique), de l’Informatique et des Sciences Cognitives. La convergence des outils mis à notre disposition par ces quatre champs disciplinaires, la synergie entre ces champs dont nous n’observons encore que les prémisses, laissent augurer d’une prochaine modification de l’humain plus radicale que celle que les plus délirants auteurs de science-fiction ont pu imaginer.

Or ces quatre sciences, ou si l’on préfère ces quatre technosciences, sont le produit  des évolutions qui ont caractérisé la science occidentale, et elle seule. Les nanotechnologies, la découverte de l’ADN, la naissance des calculateurs dont les capacités croissent de façon exponentielle, et les neurosciences qui commencent à faire dialoguer nos réseaux neuronaux et les circuits informatiques, ces prodigieuses découvertes ne doivent rien aux sociétés non-occidentales, encore moins au monde islamique. Revenons une dernière fois à Daryush Shayegan : « Les trois événements majeurs survenus en Europe : l’expansion des voies maritimes, la Renaissance et la Réforme restèrent complètement étrangers au monde islamique », écrivait-il 8. Autrement dit, les mutations culturelles qui ont préparé la modernité et qui constituent les conditions de possibilité du passage à l’ère biolithique en laquelle nous entrons, n’ont jamais pénétré (ou n’ont pénétré que très superficiellement) les sociétés musulmanes.

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Le plus grand échec de nos sociétés

Que des parties entières de l’humanité aient vécu à l’écart de ces révolutions explique, ne serait-ce que partiellement, les succès des islamistes sur des terres restées à l’écart de la modernité. Mais cet écart ne suffit évidemment pas à expliquer comment l’islamisme radical parvient à séduire des jeunes gens formés et éduqués au sein même des sociétés européennes. Il y a là un double échec de l’Occident : échec de la colonisation d’abord, dont la mission aurait dû être de permettre l’accession à notre niveau de connaissance des populations dont nous avons colonisé les territoires. Sans partager en quoi que ce soit l’idée d’un « fardeau de l’homme blanc » chère à Rudyard Kipling, ne peut-on admettre que la colonisation aurait été moins scandaleuse si elle était parvenue à intégrer à la Modernité non pas seulement quelques élites, mais l’immense masse des peuples colonisés ?  Second échec, plus choquant encore : notre incapacité à intégrer au paradigme moderne quantité d’enfants issus de l’immigration qui ont tous, dans le cas de la France, fréquenté l’école de la République.

Doit-on penser, avec Rémi Brague, que la séduction djihadiste prouve l’incapacité de nos civilisations à vivre sans Dieu, et que nos sociétés areligieuses rendent attractives les sirènes djihadistes  à des individus en manque de repères ? Faut-il dénoncer une fois encore l’humanisme et le rendre responsable de tous les maux ? Faut-il accuser l’orgueil occidental d’avoir eu la prétention de construire un monde sans Dieu (tentation prétendument spiritualiste qui semble se répandre chez certains de nos intellectuels) ? Mais qui sont les plus orgueilleux ? Ceux qui tentent de faire reposer nos sociétés sur le socle unique de la raison partagée, ou ceux qui imaginent être les créatures préférées de Dieu ? Qui sont les plus orgueilleux ? Ceux qui mettent leurs espoirs dans la connaissance proprement humaine et dans les avancées technologiques qu’elle rend possibles, ou ceux qui s’autorisent, au nom du divin qui en donnerait l’ordre, à mettre femmes et enfants en esclavage et à égorger leurs semblables ? La réponse me semble évidente.

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La guerre des immortalités : un heureux symptôme ?

C’est moins un choc des civilisations dont nous sommes les spectateurs attristés qu’une guerre des paradigmes, qu’une lutte à mort entre les protagonistes d’une prochaine amélioration de l’humain  rendue possible par nos connaissances, et les adeptes d’une croyance archaïsante hostiles par anti-occidentalisme à toutes les promesses des biotechnologies.

Mais ai-je raison de parler d’ « amélioration » ? N’y a-t-il pas, avec l’entrée dans l’ère biolithique, menace de mort pour l’humanité ? De nombreux scientifiques ne sont pas loin de le penser, tel l’informaticien Bill Joy, qui écrivait il y a quinze ans, suivi depuis par nombre de ses collègues : « Étant donné la puissance redoutable de ces nouvelles technologies, ne devrions-nous pas nous interroger sur les meilleurs moyens de coexister avec elles ? Et si, à terme, leur développement peut ou doit sonner le glas de notre espèce, ne devrions-nous pas avancer avec la plus grande prudence ? » 9. C’est à cette éventualité d’une disparition de l’homme que mon ami Jean-François Mattéi avait consacré son dernier ouvrage avant de nous quitter prématurément 10.

Tant que se poursuit la guerre des immortalités, l’homme demeure présent sur la planète. Souhaitons que nos descendants n’éprouvent pas un jour une profonde nostalgie en se souvenant de ce conflit qui avait l’immense avantage d’opposer les uns aux autres des humains « en chair et en os ». Souhaitons que cette guerre des immortalités, aussi monstrueuse qu’elle soit comme l’ont été tous les conflits de l’histoire, soit autre chose que le dernier sursaut d’une humanité à l’agonie.
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(1) Régis Debray, Critique de la raison politique, Paris, Gallimard, 1981.
(2) Daryush Shayegan, Le regard mutilé / Schizophrénie culturelle : pays traditionnels face à la modernité, Paris, Albin Michel, 1988.
(3) Le regard mutilé, op. cit. p. 34.
(4) J’ai eu récemment l’occasion de préciser ce que j’entendais par « scientifico-compatible » sur les ondes de RCF Méditerranée. L’émission est en ligne sur mon site Internet à l’adresse suivante : http://www.granarolo.fr/medias/audios/489-qdans-loreille-dun-chatq-rcf-mediterranee–la-philosophie.html
(5) Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, article « vie éternelle », Paris, Cerf / Robert Laffont, collection « Bouquins », 2001, p. 1046.
(6) La mort de la mort / Comment la technomédecine va bouleverser l’humanité, Paris, Jean-Claude Lattès, 2014.
(7) Hervé Kempf, La Révolution biolithique : humains artificiels et machines animées, Éditions Albin Michel, Paris, 1998.
(8) Le regard mutilé, op. cit. p. 37.
(9) Cité par Dominique Lecourt, Humain Posthumain, Paris, P.U.F., 2003, p. 69.
(10) Jean-François Mattéi, L’Homme dévasté, Grasset, 2015. Cet ouvrage posthume vient de sortir en librairie. J’avais rendu hommage à Jean-François Mattéi sur ce site dès que j’avais été informé de sa disparition.

 

Philippe Granarolo

Docteur d'Etat ès Lettres et agrégé en philosophie, Philippe Granarolo est professeur honoraire de Khâgne au lycée Dumont d'Urville de Toulon et membre de l'Académie du Var. Spécialiste de Nietzsche, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment Nietzsche : cinq scénarios pour le futur (Les Belles Lettres, 2014) . Nous vous conseillons son site internet : http://www.granarolo.fr/. Suivre surTwitter : @PGranarolo

 

 

Commentaires

Bonjour,

Il est plus que temps d’échanger sur ce sujet contre nature, lancer des alertes tout azimut. Cependant, dans le silence de « Valley »,phosphorent des milliers d’ingénieurs d’ingénieurs : futurologie,neurosciences,nanotechnologies,neurosciences,transhumanisme,intelligence artificielle,etc.

Leurs imaginations (essaiment) n’a pas de limite. Informer sans cesse, faire de la pédagogie, philosopher,investiguer et dire ce qui se passe, pour autant les sources de l’info, dans le secret des laboratoires sans fenêtres. Par ailleurs, ils s’expriment dans un langage d’un autre monde. Incompréhensible.

Nous ne pourront échapper totalement à « l’homme augmenté ». En contre-champ des promesses d’avancée en matières de santé,(hologrammes) diagnostic vertical dès la naissance, (check-up) nano-prothèses, nano-robots, en filigrane, les scientifiques ont la volonté d’aller beaucoup plus loin : un Eugénisme requalifié, plus pernicieux, sophistiqué, confidentiel, réservé, élitiste! Pour commencer et donner envie.

Il y a peu, la CIA aurait mis fin à une expérience qui fait froid dans le dos (conservée en archives; probablement à des fins militaires; comme toujours). « Ils » on testé des psychotropes qui permettaient de prendre le contrôle d’un cerveau, et ce par télépathie, et…à distance (je résume). Il ne s’agit pas, là, de science -fiction. La réalité a dépassé l’imagination de l’écrivain rêveur et de tous les communs fantasmes !

Inventions,innovations, numérique, digital, informatique, ces techniques distribuées, émergentes, ne pourront savoir rester indéfiniment enfermées dans des coffres en orbite, autour de la terre.

Autant la science en emportera. A quand l’industrie du futur.

par philo'ofser - le 14 avril, 2015


D’accord avec vous lorsque vous évoquez le double échec de l’Occident à l’égard du monde musulman : celui de la colonisation , puis, sur notre territoire même , celui de l’intégration . Et je comprends ceux des musulmans qui ne sont pas vraiment dans l’admiration de nos  » valeurs « , si souvent claironnées par nos biens-pensants . Faut-il rappeler que les Lumières n’ont pas empêché l’Europe de faire du 20ème siècle le plus barbare de l’histoire de l’humanité ? Et doit-on vraiment considérer comme le summum de la civilisation une société américaine qui favorise la GPA , c’est-à-dire la « fabrication » et la vente de bébés grâce à des mères porteuses ? Ou qui laisse les armes en vente libre , à disposition de n’importe quel déséquilibré ou délinquant , au prix de 20.000 morts « civiles » par an ? Je comprends même totalement ceux des musulmans qui ne veulent pas échanger leur mode de vie à base de solidarités familiales contre notre individualisme débridé : nous aurions sans doute beaucoup à apprendre de leur respect des personnes âgées, par exemple.
Cela étant dit , n’est-ce pas aujourd’hui au monde musulman , en particulier français , de se poser les bonnes questions ? D’autant que nous avons la chance de compter dans nos rangs de grands intellectuels musulmans , à commencer par Malek Chebel , Abdelwahab Meddeb ou Abdennour Bidar , qui, eux , n’hésitent pas à les poser . Pourquoi le monde musulman , si longtemps en avance sur le monde occidental , a-t-il raté , au 18ème siècle , le tournant des sciences et techniques ? Le poids d’une caste religieuse qui freinait le développement de l’imprimerie – et donc la diffusion rapide des savoirs – pour conserver son pouvoir sur les masses ne constitue-t-il pas l’une des explications ? La spiritualité impose-t-elle de se plier aux dogmes et aux rites ? N’est-elle pas plutôt un exercice intérieur , qui ne réclame pas de prier cinq fois par jour ou de faire le ramadan ? Plutôt que de rêver à la vie éternelle , n’est-il pas temps pour l’Islam , comme le réclame en particulier Abdennour Bidar , de s’arracher à une culture de soumission à la tradition pour s’adapter sereinement à l’évolution du monde ?

par Philippe Le Corroller - le 15 avril, 2015


La croyance dans l’au-delà est une croyance « archaïsante » ?
Il me semble que l’histoire humaine commence à être passablement… longue pour un petit esquif doté de pensée réflexive dans de bonnes conditions.
Et que la croyance dans l’au-delà réconfortait et portait d’une manière ou d’une autre une multitude de générations humaines avant… le 20ème siècle.
Autrement dit, c’est un peu.. rapide (pour ne pas dire présomptueux) de proclamer que cette croyance qui informe ne serait-ce que l’enterrement, ou la préparation des corps après la mort, est.. VIEILLE comme une brique de lait stérilisé qui a dépassée la date de péremption.
Il est aussi très… culturellement égocentrique (au sens cartésien) d’imaginer que la pensée des pays Occidentaux est majoritaire dans le monde, sans parler uniquement des musulmans. Il me semble que le catholicisme (romain) de certaines personnes en Amérique Latine n’a pas forcément grand chose à voir avec le « catholicisme » post catholique des Français baptisés mais ne pratiquant pas.
Pour l’immortalité…
Je ne me laisserais pas aller à prétendre que la… croyance de certains modernes que les avancées technologiques et scientifiques du 21ème siècle vont permettre à l’individu humain d’accéder à l’immortalité serait délirante…
Pour la simple raison qu’il me semble hasardeux de trier le bon du mauvais grain en matière de croyances. Surtout lors d’une période aussi révolutionnaire que la nôtre, où la norme s’effrite, et la normalité avec.
Mais je me permettrai par contre de faire observer que l’immortalité ne me semble nullement… un souverain bien.
On pourrait même soutenir que l’immortalité du corps, comme de l’esprit, serait un enfer permanent…à la LONGUE…. Comme on pourrait faire remarquer que la mort est une heureuse délivrance… ne serait-ce que de l’impératif de penser, et de la conscience elle-même. Celui qui n’a jamais passé la nuit en proie à une terrible insomnie dont les raisons lui sont restées obscures ne peut pas comprendre, mais y en a-t-il tant que ça qui n’ont pas fait cette expérience ?
Donc… que les scientifiques de notre époque oeuvrent avec autant d’acharnement de bonne conscience tranquille à un projet aussi… ?? laisse rêveur sur notre… sagesse de « modernes ».
Pour la croyance… bien pensante dans « laraison »…
Je ne crois pas qu’elle tienne ses promesses de salut…
Encore moins quand on croit que son SALUT passe par là, et qu’on EST SAUVE parce qu’on a « laraison » de son côté.
Pour l’argument de l’intégration, je crois que l’auteur fait fausse route.
Dans un modèle… occidental… »catholique » (universel), l’identité nationale française est caduc, et pire, encore, un obstacle à éliminer.
Devant une identité NATIONALE affaiblie, qui offre peu de possibilités pour se structurer dans l’opposition ET la complémentarité, un certain nombre de jeunes… sont contraints de chercher ailleurs des appuis pour s’opposer afin de construire LEUR identité différenciée. Ils cherchent… l’Autre… Où est l’Autre dans un monde… « catholique », ou qui s’efforce toujours, des siècles après la mort de Paul, de le devenir encore plus ??

par Debra - le 15 avril, 2015


D’accord avec vous , Debra , sur l’enfer que pourrait constituer l’immortalité . Nombre d’écrivains ont d’ailleurs brodé sur ce thème , avec le mythe du Juif errant . Notamment un délicieux roman de Fruttero et Lucentini , L’amant sans domicile fixe , qui relate une histoire d’amour impossible à Venise .

par Philippe Le Corroller - le 15 avril, 2015



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