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Pourquoi Nietzsche et les nazis étaient vraiment incompatibles

15/07/2019 | par Philippe Granarolo | dans Classiques iPhilo | 9 commentaires

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BONNES FEUILLES : «Les plus acrobatiques contorsions intellectuelles ne pourront jamais réconcilier» l’individualisme de Nietzsche avec le totalitarisme, martèle Philippe Granarolo. Nous publions un extrait de son dernier ouvrage, En chemin avec Nietzsche (éd. L’Harmattan), un beau recueil des principaux articles qu’il a écrit sur ce penseur inclassable qui l’accompagne depuis 40 ans.


Docteur d’Etat ès Lettres et agrégé en philosophie, Philippe Granarolo est professeur honoraire de Khâgne au lycée Dumont d’Urville de Toulon et membre de l’Académie du Var. Spécialiste de Nietzsche, il est l’auteur de nombreux ouvrages, notamment Nietzsche : cinq scénarios pour le futur (éd. Les Belles Lettres, 2014, rééd. ‘poche’ 2018). Nous vous conseillons son site internet. Suivre sur Twitter : @PGranarolo


Comment un philosophe anti-nationaliste, anti-socialiste, anti-étatiste, antiraciste, anti-darwinien et anti-finaliste, a-t-il pu être taxé pendant des décennies d’ancêtre du nazisme ? C’est une énigme qui n’a cessé de me fasciner depuis mon adolescence.

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Le fascisme est un étatisme, le national-socialisme est, comme son nom l’indique, à la fois nationaliste et socialiste (si l’on préfère dire «nazi», c’est, nous dirait le Docteur Freud, pour éliminer inconsciemment le «socialisme» du nazisme), le fascisme mussolinien et le nazisme hitlérien sont des idéologies biologisantes et racistes s’inscrivant dans le paradigme d’une évolution historique finalisée qui ira nécessairement à son terme.

Je commencerai (…), quitte à alimenter les fantasmes de ceux qui réduisent la philosophie de Nietzsche à un système de négations, par mettre en évidence les rejets les plus radicaux qui éloignent notre philosophe des piliers du fascisme aussi bien que du nazisme. Puis je quitterai les négations pour esquisser les fondements de l’individualisme nietzschéen, individualisme radical définitivement inintégrable à toute idéologie.

L’antinationalisme nietzschéen

Très brièvement séduit par le nationalisme wagnérien, Nietzsche s’en éloigne beaucoup plus tôt que ne l’ont dit la plupart des commentateurs. Sa brève participation à la guerre de 1870 fait s’écrouler définitivement les très pâles convictions nationalistes que lui avait communiquées Richard Wagner. Ce rejet se manifeste dès 1871, dans un fragment non publié où le philosophe établit de façon particulièrement nette ce qui distingue notre époque :

«Le sol de l’art nouveau n’est plus le peuple, mais on conçoit le peuple de manière idyllique et on s’efforce de tendre vers lui […]. L’individualité règne, c’est-à-dire qu’elle possède maintenant en soi les forces autrefois latentes dans les masses. L’individualité comme extrait du peuple : dépérissement en faveur d’une floraison. Il est impossible de poser à nouveau les buts culturels d’aujourd’hui comme des buts pour les masses.» (1)

Sitôt qu’il exprime sa pensée propre en cessant de se faire l’écho des idées wagnériennes, Nietzsche soutient clairement que les œuvres contemporaines ne sauraient avoir de genèse qu’individuelle. Il met en évidence la contradiction entre une formation culturelle authentique et une éducation marquée par «la crétinisation et l’effronterie nationalistes» (2). Archaïsme d’avenir, le nationalisme est perçu par lui comme une passion sur laquelle les États auront inévitablement la tentation de s’appuyer. Un fragment de 1882 prophétise que «le principe national déchaînera les Mahométans, les Indiens» (3). C’est donc pour une longue période que la culture véritable devra s’abriter de la passion nationaliste et de son utilisation par l’État. Face à l’État, qui sera symbolisé dans le Zarathoustra par l’image du «monstre froid» (4), État qui vise, consciemment ou non, l’anéantissement de l’individu, un camp retranché s’avère nécessaire pour favoriser le hasard de la naissance d’un esprit libre, du moins pour préserver le terreau culturel d’où pourraient resurgir un jour des individus authentiques.

L’anti-socialisme de Nietzsche

L’antinationalisme nietzschéen se conjugue avec un anti-socialisme. Pour le philosophe-prophète, cette puissance grandissante de l’État contient sa propre destruction, comme le montre un fragment de l’automne 1880 :

«Je sais ce qui provoquera la perte de ces États, c’est 1’État-non-plus- ultra des socialistes : j’en suis l’adversaire et je le hais déjà dans l’État actuel.» (5)

Prophétie apocalyptique qui ne fait pas dépendre la culture de l’effondrement de l’État, cette dépendance étant aussi illusoire que la prétention politique à favoriser le développement culturel. Si l’État ment en se prétendant l’allié de la culture, on ne saurait lier le renouveau de la culture au seul recul de l’État. Qu’il soit puissant ou misérable, c’est dans les marges de l’État que la culture a survécu à ce qui voulait l’anéantir et qu’elle abritera les germes de sa renaissance.

Lire aussi : Faut-il aimer l’Etat ? (Jean Picq)

Derrière les combats qui opposent les groupes révolutionnaires du XIXesiècle aux institutions religieuses, Nietzsche perçoit avec finesse la parenté profonde qui unit les combattants : se projetant dans le futur, il regarde l’idéologie socialisante avec la même ironie dont ses contemporains usent à l’égard des croyances religieuses archaïques, et découvre dans les deux fantasmagories la même origine réactive, le même narcissisme propre aux sociétés atomisées :

«Le phantasme politique qui me fait sourire autant que mes contemporains sourient des phantasmes religieux des temps primitifs, c’est avant tout la sécularisation, la croyance au monde et le fait d’exclure des consciences toute idée d’un “au-delà” et d’un “arrière-monde”. Son but est le bien-être du fugitif individu : c’est pourquoi le socialisme en est le fruit, c’est à dire : les fugitifs individus veulent conquérir leur bonheur par la socialisation.» (6)

Chez Nietzsche, le mot «démocratie» nomme avant tout un goût, et le mot «socialisme» nomme le faisceau des tendances qui correspondent à ce goût : ce goût et ces tendances sont devenus suffisamment puissants pour éclairer rétrospectivement l’événement qui en a pour la première fois révélé la profondeur, la naissance du christianisme dont le sens commence seulement à se dévoiler au penseur capable d’une investigation généalogique et d’une évaluation échappant à l’emprise de la force uniformisante. C’est bien vers le sable de l’humanité qu’ils nous conduisent, à travers une route parsemée de cahots qui interdisent encore à beaucoup de regarder l’horizon (7).

L’antiracisme de Nietzsche

Nietzsche a immédiatement eu en horreur l’antisémitisme qui sévissait dans les cercles wagnériens, et que partageait sa sœur Élisabeth. Il ne cesse de s’affirmer «anti-antisémite» et dénonce d’un bout à l’autre de son œuvre ce qu’il considère comme l’un des signes les plus évidents de la niaiserie intellectuelle. Les pires accusateurs de Nietzsche n’ayant jamais pu le soupçonner de racisme, vous me permettrez d’être rapide sur ce point, et de me contenter de citer cette formule très forte écrite à l’époque du Gai Savoir :

«Celui qui hait le sang étranger ou le méprise n’est pas encore un individu, mais une sorte de protoplasme humain» (8).

L’anti-darwinisme de Nietzsche

Qu’est-ce que le darwinisme ? Rien d’autre qu’une «innovation hégélienne, qui la première introduisit la notion d’évolution dans les sciences» (9), note le Gai Savoir. Darwin est hégélien dans la mesure où il substitue à la Raison dans l’histoire la main de fer de la «sélection naturelle» orientant les espèces vers un optimum de perfection. Nouvelle théodicée, nouveau providentialisme, qui nous épargnent la vision de l’issue véritable de l’évolution, et nous dispensent de la lourde tâche de prendre en main notre destinée. Nietzsche est anti-darwinien parce que tous les chemins dans lesquels il s’est engagé, méditation du destin de la Grèce, philosophie de la civilisation, généalogie de la science et de la morale, l’ont amené à la même certitude : c’est le faible, et non le fort, qui est sélectionné ; c’est vers l’égalisation, et non vers la différenciation et l’élévation, que conduit aveuglément le jeu des forces biologiques et culturelles. La lutte darwinienne ne peut aboutir qu’à la sélection des plus faibles, à l’uniformisation de l’espèce, comme l’affirme catégoriquement l’auteur du Crépuscule des Idoles :

«Et même en admettant que cette lutte ait bien lieu – de fait elle a parfois lieu – son issue est contraire à celle que souhaite l’école de Darwin, et que l’on devrait peut-être souhaiter avec elle : elle se termine au détriment des forts, des privilégiés, des heureuses exceptions ! Ce n’est pas en perfection que croissent les espèces. Les faibles l’emportent de plus en plus sur les forts.» (10)

La sélection des faibles, c’est-à-dire des médiocres, est la loi, mais cette loi n’a jamais cessé d’être bafouée par des exceptions sans lesquelles la vie aurait probablement répété depuis des milliards d’années la monotone partition originaire des êtres monocellulaires. Faibles sont les médiocres que la vie sélectionne, tandis que les forts sont «ceux qui sauront résister aux lois de l’espèce sans pour autant périr» (11).

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Si l’exception a surgi au sein d’une histoire dominée par les forces uniformisantes, c’est malgré la volonté des hommes. Par-delà Bien et Mal le remarque avec une particulière netteté :

«Les hommes ordinaires […] ont été et sont toujours avantagés ; l’élite, les plus raffinés, les plus singuliers, les plus difficiles à comprendre demeurent souvent seuls, succombent aux accidents du fait de leur isolement et se perpétuent rarement. Il faut une prodigieuse force adverse pour contrecarrer ce naturel, trop naturel progressus in simile qui cantonne l’existence humaine dans le semblable, l’ordinaire, le médiocre, le grégaire, – le commun» (12).

Les appels à vouloir un type supérieur d’humanité doivent donc être entendus très modestement comme une exhortation à ne pas capituler sans condition devant la logique de la vie et de la civilisation, comme un encouragement à veiller à sauvegarder, dans la trame de la nécessité, les déchirures chaotiques d’où naissent périodiquement les étoiles dansantes.

Un individualisme radical aux antipodes de toutes les idéologies totalitaires

Considérer Nietzsche comme un philosophe annonçant les idéologies fasciste et nazie suppose qu’on efface la dimension majeure de sa pensée, celle d’un individualisme radical aux antipodes de l’étatisme propre aux régimes totalitaires.

Citons quelques formules caractéristiques des idéologies totalitaires. Cette affirmation de Mussolini, en 1932, dans la Dottrina del fascismo : «Pour le fasciste, tout est dans l’État, et rien d’humain ou de spirituel n’existe, ni même n’a de valeur, en dehors de l’État». Ou ce qu’on peut lire dans la postface italienne du Protocole des sages de Sion : «Rappelons à nos concitoyens que l’histoire de l’humanité est une histoire de collectivités nationales et raciales, dans laquelle l’individu disparaît» (13). Ou encore, si l’on préfère se référer au fascisme espagnol, cette affirmation de Ramiro Ledesma Ramos, fondateur des JONS (Juntas de ofensiva nacional sindicalista) : «Il n’y a de liberté politique que dans l’État, ni au-dessus de l’État, ni face à l’État» (1933).

Lire aussi : La haine mène-t-elle le monde ? (Philippe Granarolo)

Arrêtons là ce sombre florilège : nul n’a jamais douté de l’étatisme forcené des systèmes totalitaires. Mais comment, dans ces conditions, supposer la moindre parenté entre ces idéologies et une philosophie tout entière fondée sur la certitude de la valeur irremplaçable de l’individualité ?

Répété d’un bout à l’autre de son œuvre, cet individualisme lucide, affirmé dès la première conférence de Bâle en 1872 («des hommes innombrables luttent pour acquérir la culture, travaillent pour la culture, apparemment dans leur propre intérêt, mais au fond seulement pour permettre l’existence d’un petit nombre») (14), se radicalise dans les derniers écrits, ainsi que l’atteste la formule extrême de Par-delà Bien et Mal :

«Un peuple est le détour que prend la nature pour produire six ou sept grands hommes – et ensuite pour s’en dispenser» (15).

La pensée nietzschéenne affirme tout au long de son parcours la valeur éminente de l’individualité. De l’assimilation de la doctrine schopenhauérienne du génie à la rencontre avec l’artiste sublime nommé Wagner, de l’apologie de 1’«esprit libre» à l’annonce du Surhumain, des prophéties de 1886 sur l’aristocratie de l’avenir aux appels des derniers écrits, l’individualisme caractérise l’ensemble de la philosophie de Nietzsche. L’une de ses dernières manifestations peut se lire dans le Crépuscule des Idoles :

«Le fossé entre un homme et un autre, entre une chose et une autre, la multiplicité des types, la volonté d’être pleinement soi, de se distinguer, ce que j’appellerais la passion de la distance, voilà qui me semble propre à toute époque forte.» (16)

Je ne retiendrai ici, parmi toutes les proclamations individualistes qu’il me serait possible de citer, que l’une des plus significatives ; après avoir dénoncé, comme il le fait dans la plupart de ces textes, la force uniformisante qui masque sa haine des distinctions sous de nobles prétextes, Nietzsche poursuit en ces termes :

«Chaque individu ne devrait-il pas être au contraire une tentative pour parvenir à une espèce supérieure à l’homme, à l’aide de ses dons les plus individuels ? Ma morale consisterait à dépouiller l’homme toujours davantage de son caractère général et à le spécialiser, à le rendre jusqu’à un certain point incompréhensible aux autres.» (17)

On conviendra qu’il est difficile d’aller plus loin dans l’apologie des différenciations individuelles. Mais l’annonce du Surhomme, perceptible dans ces lignes de l’automne 1880, incite à faire preuve de prudence dans l’interprétation de ce texte, qui ne peut être élucidé que si on le considère comme annonciateur du thème du Surhumain.

Lire aussi : La guerre des immortalités (Philippe Granarolo)

L’individu véritable est promesse d’avenir. Force ascendante de la vie, il apparaît quand s’effondrent un monde et l’ancienne croyance sur laquelle il était construit. Dangereux parce qu’il accélère l’effondrement et s’oppose à la puissance collective qui veut perpétuer le monde ancien, fragile et improbable dans sa solitude et sa nouveauté, «l’individu est alors contraint de se donner ses propres lois, de découvrir les procédés et les ruses qui lui permettront de se conserver, de s’élever, de se libérer» (18).

Les plus acrobatiques contorsions intellectuelles ne pourront jamais réconcilier l’individualisme quasi anarchisant de Nietzsche avec l’anti-individualisme qui caractérise tous les totalitarismes sans exception.

Pour aller plus loin : Philippe GRANAROLO, En chemin avec Nietzsche, éd. L’Harmattan, 2019.

Note de la rédaction : ce texte est la version complète d’une conférence prononcée à La Garde le 24 novembre 2012 lors de la manifestation Thém’art, que Philippe Granarolo, maire-adjoint chargé de la culture, organise chaque année dans sa commune et qui réunit autour d’une même thématique philosophes et plasticiens. Le texte intégral de cette conférence a ensuite été publié dans la Revue de l’enseignement philosophique (novembre 2016).

(1) Fragment posthume 9 [107], in Naissance de la tragédie, Œuvres philosophiques complètes, tome I, volume 1, op. cit. p. 394-395.
(2) Fragment posthume 7 [280], in Aurore, Œuvres philosophiques complètes, tome IV, op. cit. p. 653.
(3) Fragment posthume 1 [33], in Fragments posthumes Été 1882- printemps 1884, Œuvres philosophiques complètes, tome IX, Paris, Gallimard, 1997, p. 27.
(4) Métaphore célèbre qui apparaît dans le paragraphe du livre 1 intitulé «De la nouvelle idole», Ainsi parlait Zarathoustra, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 61.
(5) Fragment posthume 6 [377], in Aurore, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 571. Ce fragment dénonce l’État industriel vanté par Spencer en un langage qui évoque incontestablement celui de Max Stirner.
(6) Fragment posthume 11 [163], in Le Gai Savoir et Fragments posthumes Été 1881-été 1882, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 373.
(7) J’ai consacré à la métaphore du sable une partie de mon article Apocalypses, paru une première fois dans la revue Nouvelle École, n° 51, année 2000, p. 11-22, et dont la version intégrale est reprise dans la troisième partie de ce volume.
(8) Fragment posthume 11 [296], in Le Gai Savoir, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 421.
(9) Le Gai Savoir, § 357, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 247.
(10) Le crépuscule des Idoles, «Divagations d’un Inactuel», § 14, in Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p.116. Paragraphe intitulé précisément «Anti-Darwin».
(11) Fragment posthume 11 [126], in Le Gai Savoir, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 356.
(12) Par-delà Bien et Mal, § 268, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 194. 62
(13) Cité dans L’homme nouveau dans l’Europe fasciste (1922-1945), op. cit. p. 159.
(14) Conférences sur l’avenir de nos établissements d’enseignement, première conférence, in Écrits posthumes 1870-1873, Œuvres philosophiques complètes, tome I, volume 2, op. cit. p. 93.
(15) Par-delà Bien et Mal, § 126, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 88.
(16) Le crépuscule des Idoles, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 132.
(17) Fragment posthume 6 [158], in Aurore, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 516
(18)Par-delà Bien et Mal, § 262, Œuvres philosophiques complètes, op. cit. p. 189.

 

Philippe Granarolo

Docteur d'Etat ès Lettres et agrégé en philosophie, Philippe Granarolo est professeur honoraire de Khâgne au lycée Dumont d'Urville de Toulon et membre de l'Académie du Var. Spécialiste de Nietzsche, il est l'auteur de plusieurs ouvrages, notamment Nietzsche : cinq scénarios pour le futur (Les Belles Lettres, 2014) . Nous vous conseillons son site internet : http://www.granarolo.fr/. Suivre surTwitter : @PGranarolo

 

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Commentaires

Plaidoirie de la défense tout à fait convaincante. Je dirais plus globalement que Nietzsche est le symptôme de son temps, et même de ce point de vue le symptôme annonciateur du 20e siècle et de ses errements. Il est donc prophète, futurologue mais n’est pas la cause des phénomènes qu’il décrit/annonce/prophétise, comme vous l’avez déjà écrit dans iPhilo.

par Mme Michu - le 15 juillet, 2019


Merci pour votre remarquable analyse de la pensée nietzschéenne . Le hasard de l’actualité fait raisonner votre très belle phrase :  » L’individu véritable est promesse d’avenir  » . Je suis un peu inquiet devant l’hallali mené contre de Rugy : cette hâte à le déclarer coupable ne relève-t-elle pas du conformisme ? Mediapart nous incite à hurler avec les loups ou bêler avec les moutons ? Ma foi, je vais faire l’effort de me montrer nietzschéen : individu et non simple élément de la foule, je réservai mon jugement jusqu’à ce que les faits soient établis.

par Philippe Le Corroller - le 16 juillet, 2019


Je réserverai, bien sûr

par Philippe Le Corroller - le 16 juillet, 2019


Vaste question que les supposées ( à priori ) vertus de l’individu et donc de l’individualisme vus comme liberté de pensée et donc d’agir en rejetant tout apports et enseignements extérieurs soupçonnés voire démontrés comme étant manipulation et emprisonnement de la pensée in fine par un (des ) système de pouvoir coercitif. La défection et la méfiance envers nos « politiques » aujourd’hui ne pourraient ils pas en être l’illustration alors que se délitent toutes nos certitudes et que justement en réaction renaissent les tentations nationalistes voire totalitaires? Nietzsche comme Marx avaient ils prévus ce détournement de leur pensée et ces conséquences ?

par Abate G. - le 17 juillet, 2019


Quelques jours après la tempête, il s’avère que les fameux dîners de François de Rugy étaient bien professionnels. Ma foi, je me félicite d’avoir suspendu mon jugement, en préférant l’individualisme nietzschéen au conformisme des admirateurs de Mediapart. Et je m’interroge : la démocratie nous incite-t-elle à la médiocrité, pour que nous soyons si prompts à prêter une oreille complaisante à la délation ? En tous cas j’applaudis à l’attitude d’un Francois-Xavier Bellamy qui comme Peguy – dont un député particulièrement inculte lui reprochait de s’inspirer-refuse « la pensée toute faite » .

par Philippe Le Corroller - le 20 juillet, 2019


@ Philippe Le Coroller.
« Les fameux dîners de François de Rugy étaient bien professionnels » dites-vous en vous louant d’avoir suspendu votre jugement.
Je suis désolé mais je crains que vous n’ayez suspendu votre jugement pas assez longtemps sinon vous vous seriez aperçu que la fameuse structure qui « disculpe » M. François Goullet de Rugy n’est autre que l’Assemblée Nationale où LREM (càd les députés de M. Macron!) détient la majorité absolue et dont le président,M. Ferrand, est cité avec sa compagne dans une affaire de prise d’intérêts douteuse au détriment des adhérents des Mutuelles de Bretagne!
Décidément apprécier Nietzsche ne suffit malheureusement pas à dépasser le parti-pris et la mauvaise foi.

par Jean-Paul B. - le 22 juillet, 2019


Jean-Paul B : , désolé , j’ai pour principe de ne jamais répondre à un message anonyme.

par Philippe Le Corroller - le 22 juillet, 2019


Ce que je relève à la lecture de cet article, c’est le mot « prophète ».
Je ne suis pas une grande lectrice de Nietzsche, mais une petite sortie dans « Le Gai Savoir » il y a quelques années m’a convaincue d’avoir affaire à une parole prophétique.
Qui dit parole prophétique dit parole capable de susciter un grand nombre de résonances dans l’auditoire, et des résonances ambiguës, équivoques, contradictoires, même. Le prophète ne fait pas appel à la raison, et il convoque la promesse de l’avenir, de ce qui doit ad-venir. Le prophète est un amoureux des mots, dont il est ivre, et il se laisse facilement emporter là où les mots le mènent, pour son malheur, et.. pour le malheur des autres aussi, malheureusement.
« Le Gai Savoir » a énormément en commun avec les paraboles de Jésus dans les évangiles pour ce qui concerne le style, en tout cas…
J’ai déjà du dire ici qu’il me semble que Jésus (et Nietzsche ?) fut coupable d’un grand tort avec sa parole prophétique, et son… enseignement de mystères divulgués au grand public sur la place publique (liberté d’expression à ses débuts ?), sans attention particulière prêtée à la nécessité de faire converger parole/auditoire/contexte sur des matières… très délicates, mettons.
Quand on dispense une parole de… maître spirituel, à tous, sur la place publique, il ne faut pas s’étonner après que cela produise des conflagrations symboliques, et pas que.
C’est intéressant d’apprendre la radicalisation de la pensée de Nietzsche. Peut-être incontournable, la radicalisation de la pensée de quelqu’un si attaché à la souveraineté de l’individu ?

par Debra - le 26 juillet, 2019


Bonjour,
mais comment expliquez-vous que les nazis,dont beaucoup de leurs « cadres » étaient « éduqués »,ont pourtant placé Nietzsche en tête de leurs références philosophiques?
Est-ce seulement une incompréhension de son oeuvre ou bien y ont-ils trouvé les arguments justifiant leur soif de domination?
Merci.

par Jean-Paul B. - le 1 août, 2019



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