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Robert Misrahi contre les philosophes

30/10/2018 | par Robert Misrahi | dans Philo Contemporaine | 4 commentaires

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GRAND ENTRETIEN (1/2) : Deux mots quand l’on pense à Robert Misrahi : Spinoza et bonheur. Il est l’un des meilleurs spécialistes du premier, un chercheur inlassable du second. Michel Juffé s’est entretenu avec ce grand philosophe, professeur émérite à l’Université Panthéon-Sorbonne. A 92 ans, rien ne l’arrête : Robert Misrahi lâche ses coups contre Sartre, Freud, Nietzsche, Wittgenstein, et même Spinoza.    


Né en 1926 à Paris de parents turcs, naturalisé à l’âge de 10 ans, Robert Misrahi est professeur émérite à l’Université Panthéon-Sorbonne. Docteur et agrégé en philosophie, proche de Sartre et Bachelard dans sa jeunesse, il occupera jusqu’en 1994 la chaire de philosophie morale et politique à la Sorbonne. Penseur du bonheur, pourfendeur de toutes les formes de déterminisme, il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages. Retrouvez « ici » une partie de sa biographie.


Découvrez l’ensemble de notre événement «Robert Misrahi» :
Naissance d’un philosophe (introduction)
Le bonheur à hauteur d’homme (entretien 2/2)

Michel JUFFE. – Je suis très content de venir chez toi aujourd’hui discuter en long, en large et en travers de ton œuvre. J’aimerais que l’on commence par ce que tu as écrit sur plusieurs philosophes. Tu parles de Sartre dans ton dernier livre Ma philosophie, cohérence d’un sens. Alors, commençons par la fin : en quoi est-il important à tes yeux ?

Robert MISRAHI : Allons à l’essentiel. Dans ma formation philosophique, reçue à Paris, à la Sorbonne, deux auteurs m’ont marqué. Deux auteurs ont eu sur moi une influence décisive. Ce sont Spinoza et Sartre. J’ai l’impression que nous parlerons de Spinoza tout à l’heure. Parlons donc de Sartre d’abord. En 1943, sous l’occupation allemande, paraît le livre L’Être et le néant. Je suis frappé d’admiration, parce qu’en pleine occupation, je découvre un livre sur la liberté. Les censeurs français et allemands n’ont pas vu que c’était le cas. Mais Sartre – et c’est cela que j’ai beaucoup admiré – ne se contente pas de se dire partisan de la liberté, et de clamer, d’afficher sa conviction selon laquelle nous sommes libres. Non, Sartre va plus loin. Il démontre que nous sommes libres parce que chaque acte est un dépassement qui ne s’explique pas par l’instant précédent. Chaque acte est un saut, une invention. Au-delà de néant, on ne peut pas expliquer un acte par les événements immédiats qui l’ont précédé.

C’est ce que tu appelles la spontanéité de la liberté ?

Oui, mais Sartre établit cette liberté totale et s’arrête là. Il ose dire dans le même ouvrage et je n’étais pas d’accord : toutes les valeurs se valent puisque c’est nous qui les créons. Oui, bien sûr, c’est nous qui les créons, mais toutes les valeurs ne se valent pas. Il y a des valeurs absolument inacceptables. Des valeurs entre guillemets ! C’est-à-dire des buts recherchés par certains, qui ne sont pas acceptables par tous.

Tu étais tout jeune. Tu avais 17 ans ! Tu n’avais même pas ton bac ?

Si, c’était ma première année de licence.

Tu as été quand même très précoce dans la lecture d’un texte réputé difficile.

Il était difficile et je crois que peu l’avaient lu en réalité. Tout le monde admirait Sartre sans connaître L’Être et le néant. Alors, un beau jour, je me suis dit : il faut que je le rencontre. Et je l’ai rencontré. J’ai été marqué – et le suis toujours – par sa démonstration de la liberté, mais il ne nous propose rien par ailleurs. A la fin, l’ensemble me déçoit puisqu’il ne donne aucune proposition d’avenir. A 17 ans, en pleine occupation, après avoir subi dans ma famille les déportations, je me suis proposé de construire une philosophie du bonheur et non une philosophie de la liberté pouvant faire n’importe quoi. Là, j’ai commence mon propre travail.

Passons à d’autres philosophes. Dans Lumière, commencement, liberté, paru chez Plon en 1969, tu balaies un peu rapidement Levinas et Ricoeur en disant : ils n’ont fait que de l’herméneutique. Comme s’il n’y avait aucun contenu dans ce qu’ils racontaient. Je voudrais que tu me dises pourquoi tu les rejettes aussi vite.

Qu’est-ce que l’herméneutique ? C’est décrire ce que nous ne pouvons pas atteindre directement. L’herméneutique, c’est interpréter. On ne sait pas ce que pense Dieu, alors on va raconter des histoires sur la naissance de Dieu. En réalité, l’herméneutique permet à Ricoeur de nous refiler les Evangiles et à Lévinas de nous refiler la Torah. Or, à cette époque – et même maintenant –, je ne voulais aucun Dieu. Ma méthode consiste à ne décrire que ce que la conscience peut vivre en elle-même. C’est la phénoménologie. C’est la seule méthode valable. Parce que si ce n’est pas de la phénoménologie, c’est de l’invention. Les grands philosophes inventent n’importe quoi ! Alors parfois, ce qu’ils inventent est tout à fait sympathique et fabuleux. Ce sont de vrais contes de fées. Tu prends Leibniz, tu prends… oh je vais être vulgaire, je vais essayer de ne pas être vulgaire là…

On coupera si c’est vulgaire (rires)

Cette brute – j’allais dire autre chose – de Nietzsche qui raconte n’importe quoi ! La volonté de puissance… Ce gars est complètement zinzin. Ils sont tous comme ça.

Sauf Spinoza ! Je ne t’ai jamais vu écrire quelque chose de négatif sur Spinoza… Ah si, tu critiques le fait que son éthique de la liberté serait en contradiction avec le fait que tout est déterminé. J’aimerais que tu développes ce point, parce que je ne suis pas d’accord !

Tu vas voir. Si tu es encore en désaccord en sortant d’ici, c’est que je suis un bien piètre traducteur… Spinoza dit à propos du monde qu’il appelle la nature : n’expliquez pas la nature par vos méthodes imaginaires comme l’alchimie ou la magie. Non, faites comme Descartes. Expliquez la nature par des lois. Autrement dit par le fait qu’il y ait des successions intangibles entre causes et effets, qu’on ne peut briser, qu’on ne peut surmonter. Ce déterminisme qu’on trouve dans la physique et dans la nature extérieure est universel. Il vaut donc aussi pour l’esprit humain. Nous ne sommes que des éléments de la nature. Nous sommes déterminés. Tout ce que nous faisons est déterminé par ce que nous avons fait. Une décision actuelle est le fruit d’une décision précédente. Tout s’enchaîne dans l’activité humaine.

Tout s’enchaîne ? Mais il peut y avoir plusieurs enchaînements possibles. Spinoza dit bien que c’est la connaissance des déterminations qui te rend libre. Parce que tu sais pourquoi telle chose va de A à B ou de A et qu’il y a des fluctuations des désirs, tu peux très bien opter pour ce qui conduit à B ou ce qui conduit à C. C’est ce que je vois dans Spinoza, mais c’est peut-être moi qui l’ajoute…

Tout ce que tu viens de dire n’est pas dans Spinoza. Spinoza ne prononce jamais le mot de choix. Il n’y a pas de contingence dans le système spinoziste. Si on affirme cela, c’est qu’on extrapole et on applique à la rigueur la doctrine même de Spinoza : tout est déterminé. Ecoute bien la suite… Tu prends un être humain déterminé. Dans le premier développement de sa vie, c’est la passion. Dans le livre III de L’Ethique, il enchaîne ainsi les affects. Pour Spinoza, là, vous êtes passifs. Sous-entendu, ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. Alors, que faut-il faire selon Spinoza ? Il faut connaître le déterminisme. C’est ce que tu as résumé dans ta question. On se met à connaître le déterminisme. Comment un affect A va entraîner un affect B ? Et vous verrez, à ce moment-là, vous serez libre. Parce que vous allez être actif… ah pardon, pardon, pardon… là, c’est moi qui parle. Pardon Monsieur Spinoza, pardon. On va connaître que A produit B. Oui, mais B, vous ne l’avez pas dit encore, mais B va produire C. On va essayer de connaître le déterminisme, mais pour quoi faire ? L’appliquer ou s’en défaire ? S’en défaire, on ne peut pas. Alors on l’applique. Pourquoi voulez-vous appeler liberté un déterminisme connu ? Ça ne tient pas ! Avec sa doctrine du déterminisme, Spinoza nous enlève le moyen d’appliquer sa doctrine de la liberté.

Attends, il y a une proposition sur laquelle je t’interroge, parce qu’elle est la clé de voûte de tout ça. Quand il dit, je le traduis à ma façon : « Plus un corps a d’aptitudes variées, plus une grande part de l’esprit est éternelle ». Plus tu as d’activités différentes, plus tu accrois ta connaissance de la Nature et de toi-même, plus tu es libre.

C’est une affirmation, ça. Ce n’est pas une démonstration. Il faut être sérieux.

Il prétend le démontrer avec une cinquantaine de propositions dans l’Ethique quand même…

Non, non, non, non, non, non, non, non…

Comment ça non, non, non ?

Il affirme qu’on est libre quand on agit. Et on agit quand on est la cause de ses actions. Ce qu’il nomme des actions adéquates. Mais comment être la cause de nos actions alors que l’ensemble de la nature est déterminé ? Il ne le dit pas. Personne ne veut comprendre ça. Ce n’est pas vrai que la connaissance du déterminisme rend libre. Car la connaissance du déterminisme est déjà avant le déterminisme une liberté.

Ça, c’est du Misrahi…

Il va pleuvoir. Donc, tu prends ton parapluie. Et moi, je t’explique : tu ne sais pas s’il va pleuvoir. Ne prends pas ton parapluie. Mais toi, tu me dis : ah oui, mais pardon, il y a des nuages, il va pleuvoir. C’est déterminé. Moi, je suis libre. Tu es libre de quoi ? De prendre ton parapluie. Tiens, tu es libre de faire ce tu es obligé de faire. Ah la belle liberté ! Et moi, je te dis : zut ! Je ne prends pas mon parapluie.

Ta liberté, c’est : «Je ne prends pas mon parapluie, qu’il pleuve ou non !» A ce moment-là, effectivement, ta décision est antérieure au déterminisme. Tu ne dis pas : «Je ne prends pas mon parapluie parce que je sais qu’il ne pleuvra pas…» Ça, c’est déterministe. Non ?

Le déterminisme ne dépend pas de moi. Si c’est mécanique, s’il doit pleuvoir, il pleuvra. Comment le fait que je connaisse qu’il va pleuvoir me rend-il libre ? C’est commode de savoir le déterminisme. Ça ne fait pas que le déterminisme n’existe pas. Si je sors, je serai mouillé…

Je veux quand même sauver Spinoza en dehors des questions de déterminisme ou non.

C’est la base de sa doctrine…

Non. Tu dis : «Ce qui m’a attaché à Spinoza, c’est effectivement qu’il se soucie de l’être humain concret, du corps humain, des passions humaines», alors que la plupart des philosophes évacuent ce problème, comme Hegel, comme Kant, comme Descartes. Pour eux, tout cela est négligeable, alors que lui, il s’y adonne complètement. Et tu partages ce point de vue ! Tu l’as écrit, tu ne peux pas me dire le contraire… Je lis MISRAHI : « La plupart des philosophes ne savent pas quoi dire sur l’inquiétude des individus concrets, vivants et sains d’esprit qui s’interrogent sur le sens de leur vie et de leur avenir». C’est toi qui as écrit ça !

Dans ta phrase, tu as oublié de dire que l’individu concret dont parle Spinoza, c’est le désir.

Oui, tout à fait, bien sûr.

Et alors, je viens de te dire qu’il y a une contradiction énorme mais qui ne me gêne pas entre l’affirmation d’un déterminisme complet, qui englobe le désir, ou alors les mots ne veulent rien dire, et l’affirmation d’une liberté, où je ne ferais pas comme d’habitude, c’est-à-dire me conformer à la foule. Là, je suis en train de critiquer Spinoza.

Tu as parfaitement le droit…

Il ne faut pas oublier : mon admiration pour Spinoza reste totale. Pourquoi ? Parce qu’il met au premier plan le désir. C’est ça l’essentiel. À partir de là, je le suis.

Et Freud ?

Il faut qu’on prenne notre temps.

C’est un peu plus compliqué que Nietzsche…

À peine… Tout d’abord, si on se réfère à son livre principal, L’interprétation des rêves ou la science des rêves, à un certain moment, dans le chapitre sur le travail du rêve, il dit ceci : référez-vous au langage de la diplomatie ; ou, dans un autre passage, référez-vous à l’intention d’un romancier ou d’un auteur de fiction. Dans la diplomatie, on ne dit pas directement ce qu’on a à dire. On le voile. Et on le dit. Mais on dit ce que l’on a voilé. C’est la même chose pour le romancier ou l’auteur de fiction. Par exemple, il va décrire des choses très dures, mais il a besoin des lecteurs, donc il va essayer d’être plus bienveillant à l’égard de son lecteur. Il va lui dire des choses plus douces. Il va introduire dans sa fiction des éléments plus favorables que les éléments trop durs qu’il a envie de dire quand même. Et Freud ajoute, tranquillement, le bec enfariné : et bien, ça se passe comme ça dans l’inconscient. L’inconscient, comme le diplomate, masque son langage, ou, comme le romancier, arrange ses fictions pour plaire. Qu’est-ce que je conclus, moi ? Je suis époustouflé ! Qu’est-ce que c’est que ce raisonnement ? Le raisonnement qui consiste à éclairer une réalité insaisissable directement, que nous allons appeler l’inconscient, on va éclairer cette réalité insaisissable par une réalité que nous connaissons tous, qui est l’activité classique et quotidienne de la conscience. C’est du diplomate, de l’auteur, même de la politesse dans la vie sociale. On ne dit pas tout de suite : je ne peux pas vous supporter.

Ou «viens dans mon lit»…

(rires) Alors, moi, je m’étonne. Qu’est-ce que c’est que ce raisonnement qui veut éclairer quelque chose que l’on affirme inconnaissable par quelque chose qui est évidemment connu, vécu, conscient, conscient par qui ? Par deux acteurs, par le diplomate qui déguise son langage et par Freud, l’observateur, qui sait que le diplomate déguise son langage. Freud, conscient, explique l’activité consciente du diplomate : cette activité, celle du diplomate, c’est celle de l’inconscient. Comment il le sait puisque l’inconscient est

inconscient ?

Cela, je le partage complètement, c’est-à-dire que l’inconscient inconnaissable, c’est impossible. Pour moi, l’inconscient, c’est une partie de la conscience. C’est de la conscience faible, de la conscience confuse, ce sont les idées mutilées et confuses, dit Spinoza. Il n’y a pas d’inconscient structurel et profond.

Je suis d’accord.

Venons-en aux philosophes du langage. Nous, philosophes, sommes dans le langage de toute façon. Toi, tu écris. Tu ne joues pas du violon. Tu ne fais pas de la peinture. Moi aussi. Comment peut-on être critique du langage tout en étant dans le langage ? C’est une vraie question…

Ça prouve qu’ils se contredisent constamment. Je ne peux pas supporter des gens qui, comme eux, expliquent avec le langage qu’on ne peut rien dire.

Ça, c’était au tout début. Après, Wittgenstein a changé d’avis, il a parlé des jeux de langage, des langages multiples, etc.

C’est ça ! Une fois qu’il a vu que le noyau de la doctrine ne tient pas, il fait des accommodements. Ce n’est pas intéressant. Je n’ai pas voulu perdre mon temps avec ça. Finalement, ils ont mis en évidence que les langues sont structurées. Ah oui, elles sont structurées ! Il y a de la grammaire, c’est merveilleux ce qu’ils ont découvert !

Si on arrivait à ce que je propose ? Ma doctrine générale, fondamentale et principale ?

Pour lire la suite de notre grand entretien avec Robert Misrahi, dans laquelle il nous présente sa philosophie, c’est ici !

 

Robert Misrahi

Né en 1926 à Paris de parents turcs, naturalisé à l’âge de 10 ans, Robert Misrahi est aujourd’hui professeur émérite à l’Université Panthéon-Sorbonne. Docteur et agrégé en philosophie, proche de Sartre et Bachelard dans sa jeunesse, il occupera jusqu’en 1994 la chaire de philosophie morale et politique à la Sorbonne. Penseur du bonheur, pourfendeur de toutes les formes de déterminisme, il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages.

 

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Commentaires

Bonjour,

Parlons de l’inconscient. Elle  »serait » une entité imperdable de la mémoire, sauvage,reptilienne,ancestrale,qui a façonné notre conditionnelle évolution.Un disque dur,un ange gardien.

Parlons liberté.Il pleut et je décide de ne pas prendre mon parapluie. Puis la pluie cesse,le soleil réapparaît,j’ouvre mon parapluie…

La nature n’est heureusement pas déterminé!

Une affirmation est de nature déterminée…

La dialectique cesse quand la connaissance est mise en lumière?

Et nous sommes très éloignés des savoirs et des mystères Universaux…

par philo'ofser - le 1 novembre, 2018


Bien sûr, connaître ce qui vous a déterminé permet de se rapprocher de sa liberté : tous les analysés acquiesceront sans doute . Mais arriver à vivre une part de libre-arbitre par une meilleure connaissance de soi-même et un brin de volonté n’empêche pas que nous soyons également…le jouet des circonstances ! Notre vie ne sera pas la même selon que nous aurons fait – ou non – les bonnes rencontres, négocié intelligemment – ou non – les mille et un tournants qu’il faut prendre . Dans son dernier roman, titré 4 3 2 1 , Paul Auster en fait la démonstration magistrale . En imaginant quatre possibilités de vie d’un même personnage, dans le New-York des années 50 et 60, il illustre à merveille le rôle du hasard dans nos existences. Si la vie était un long fleuve tranquille, guidé par la raison , ça se saurait, non ?

par Philippe Le Corroller - le 1 novembre, 2018


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