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Charlie Hebdo : Voltaire et le fanatisme

7/01/2015 | par Alexis Feertchak | dans Politique | 5 commentaires

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Devant l’horreur et la barbarie qui a touché le journal Charlie Hebdo, on pourra lire la définition du fanatisme que donne Voltaire dans son « Dictionnaire philosophique ». Tristement d’actualité.

« Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ? (…)
n
Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu’ils iraient assassiner tous ceux qu’il leur nommerait »

Il y a peu, Patrick Ghrenassia, Jean-Sébastien Philippart et Jean-Michel Muglioni s’étaient interrogés sur les origines du terrorisme et notre réaction face à ce fléau.

#JeSuisCharlie

 

Alexis Feertchak

Alexis Feertchak est journaliste au Figaro et rédacteur en chef du journal iPhilo, qu'il a fondé en 2012. Diplômé de Sciences Po Paris et licencié en philosophie de l'Université Paris-Sorbonne après un double cursus, il a été pigiste pour Philosophie Magazine et collabore régulièrement avec l'Institut Diderot, think tank de prospective. Suivre sur Twitter : @Feertchak

 

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Commentaires

Merci à toute l’équipe d’IPhilo de rappeler cette définition du fanatisme proposée par le grand Voltaire. Merci également à Patrick Ghrenassia, Jean-Sébastien Philippart et Jean-Michel Muglioni pour leurs textes éclairants sur la question du terrorisme.

Car au-delà des réactions émotionnelles tout à fait légitimes face à l’horreur de la barbarie, il importe de continuer à penser, de trouver en nous le courage de déterminer les réponses sensées qu’il conviendrait d’élaborer ensemble pour affronter l’adversité. Sans quoi, nous donnons raison aux terroristes fanatiques. Comment défendre sans faiblir la liberté, la démocratie et la laïcité, toutes ces valeurs dont nous sommes les héritiers et les porteurs? On peut – hélas – tuer des corps, mais pas l’esprit qui les a habités.

Solidairement
#JeSuisCharlie

par Guillon-Legeay Daniel - le 7 janvier, 2015


Définition percutante, au demeurant terriblement actuelle, que celle que Voltaire donne du fanatisme! Sauf que Voltaire ne vivait pas dans notre siècle dans lequel la vitesse de propagation et lle pouvoir de nuisance des pulsions mortifères sont technologiquement démultipliées. Je veux pourtant croire aux facultés de résilience des démocraties ainsi menacées d’implosion. J’adhère pleinement aussi à cette invitation : ne céder en rien à l’émotion et lutter de façon raisonnée et sans concessions contre la barbarie. Toutefois, je crains que ces professions de foi, aussi sincères soient-elles, ne nous prémunissent pas contre cette forme d’épuisement ( de nihilisme ?) qui semble aujourd’hui gangrener nos sociétés démocratiques en laissant ainsi ces dérives fanatiques occuper tous les espaces..

par Amanou Michèle - le 7 janvier, 2015


Je ne suis pas un terroriste, mais ce qui ont fait cela j’aimerais les étriper à mains nues.
Parce qu’il ont délié des langues pendues et fourchues pour porter des jugements si prompt et sans doute faux.
Que ceux qui récupèrent la mort de ces personnes pour des comptes partisans religieux nationaliste ou philosophiques se ressentent manger la chaire de ces morts.
Honte à eux et à vous ! Soit disant philosophes ! Votre lumière est noire et sanguinaire.

par Seyhan - le 7 janvier, 2015


Bonsoir,
Tous ensemble,
Je suis Charlie

par philo'ofser - le 7 janvier, 2015


Belle définition. Elle semble avoir été écrite après les attentats qui nous touchent depuis quelques année…ça me fait frissonner d’effroi.

Et dire que plein de gens autour de nous, au nom de leur raison puisqu’ils ne se trompent pas sont des fanatiques en puissance. Car après tout, chacun son dieu.

par Thierry - le 3 février, 2015



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