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Le «Traité théologico-politique» de Spinoza, un livre forgé en enfer

20/09/2018 | par René Chiche | dans Philo Contemporaine | 4 commentaires

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ANALYSE : Rares sont les livres ayant été aussi unanimement condamnés dès leur publication et qui ont autant influencé l’ère de la démocratie moderne, remarque René Chiche, qui s’exclame : «Lire Spinoza contribue hautement à nous rendre utiles aux autres autant qu’à nous-mêmes». Mais attention, nul ne fut plus sensible que lui au fait que se passer de toute religion n’était pas à la portée du premier venu.


René Chiche est professeur agrégé de philosophie. Il signe la préface de cette nouvelle édition du Traité théologico-politique de Spinoza publiée chez aux éditions H&O en 2018, à laquelle s’ajoute le texte Un texte forgé en enfer de Steven Nadler. 


Environ trois cent cinquante ans après la publication du Traité théologico-politique, un instituteur exerçant dans l’école publique du petit village français de Malicornay, en Indre, fut suspendu puis muté d’office parce qu’il avait entrepris l’étude littéraire de quelques passages de la Bible avec ses élèves : sa hiérarchie, qui s’en offusqua après avoir été saisie par une lettre anonyme, lui avait reproché «une grave entorse à la laïcité». Elle eut été bien inspirée de lire et méditer l’ouvrage de Spinoza, ou ne serait-ce que des parties de celui-ci : elle y aurait appris que non seulement l’étude littéraire de la Bible n’est pas contraire à la laïcité, mais qu’elle fut même le moyen d’établir l’utilité de ce principe pour tout régime se voulant un tant soit peu républicain.

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Le mot «laïcité», qui est d’invention récente, ainsi que les termes «laïc» ou «laïque» ne se trouvent certes pas dans le Traité de Spinoza ; mais la chose, si. Ainsi que l’enseigne par ailleurs l’auteur, les mots désignent généralement les choses telles que l’imagination se les représente et non telles que l’entendement les conçoit ; d’où l’on déduira que non seulement l’absence de ces mots n’empêche pas d’y penser la chose, mais qu’elle favorise en outre sa plus complète et plus claire compréhension. C’est pourquoi tous ceux qui préfèrent s’instruire de la chose que se payer de mots liront et reliront avec grand profit un texte qu’il n’est pas exagéré de considérer, ainsi que le suggère Steven Nadler dans son commentaire du «livre forgé en enfer», comme un texte fondateur de «l’ère laïque». La laïcité, pour le «lecteur philosophe» auquel s’adresse nommément le Traité théologico-politique, apparaîtra alors clairement comme ce qu’elle est : l’application particulière, aux rapports entre autorités religieuses et autorités politiques, d’un principe supérieur, inhérent à la nature même de l’homme, celui de la liberté de penser, qui implique à son tour celui de pouvoir enseigner et faire part de ses pensées tout aussi librement dès lors que ceci ne porte pas atteinte à l’ordre public et ne vise pas à la sédition.

Sans doute faut-il à certaines périodes de l’histoire, et le fallait-il notamment du temps de Spinoza, s’attaquer d’abord aux obstacles que les ennemis de la liberté mettaient à son exercice au nom de la religion : c’est ce qui explique l’attention que Spinoza accorde aux Ecritures, dont l’autorité était invoquée à tort et à travers à ses yeux, notamment quand elle prétendait mettre quelque borne à la philosophie, c’est-à-dire à la connaissance de la nature. De sa lecture scrupuleuse de la Bible, qui avait été préparée par une longue tradition (dont le commentaire de Steven Nadler fournit une claire synthèse au lecteur non averti) mais qui n’avait encore jamais atteint un tel degré de précision, de rigueur et surtout de rationalité, Spinoza déduit bien plus que ce que ses contemporains lui ont attribué, le plus souvent à tort, pour lui reprocher son impiété ou son athéisme ; il déduit non seulement l’utilité morale et politique d’enseignements et de prescriptions qui ne contredisent en rien la raison, mais il déduit par là-même leur limite, voire leur obsolescence, lesdites prescriptions n’ayant plus d’utilité dans une conjoncture différente de celle où elles avaient vu le jour, et lesdits enseignements n’étant pas indispensables, du moins sous une telle forme, aux individus capables d’en comprendre la valeur par eux- mêmes, ce que Spinoza entreprenait parallèlement de montrer, de façon cette fois plus explicite et systématique, dans un autre ouvrage qu’il s’abstint de publier, l’Ethique, auquel il n’est pas absurde de considérer que le Traité théologico-politiquedoive cependant servir d’introduction ou de prélude.

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Rares sont les livres ayant été aussi unanimement condamnés dès leur publication et qui ont cependant aussi durablement influencé l’ère de la démocratie moderne que ce «livre athée […] rempli d’abominations appliquées et d’une accumulation d’opinions forgées en enfer, que toute personne raisonnable, et donc tout chrétien, devrait avoir en horreur», selon les termes d’un lecteur contemporain de Spinoza cité par Steven Nadler dans son commentaire, intitulé justement pour cette raison «Un Livre forgé en enfer» et qu’Olivier Bosseau, qui l’a traduit de l’américain, a eu également l’heureuse idée de publier en même temps qu’une nouvelle édition du Traité qui offre pour la première fois au lecteur français une transcription de l’ensemble des citations et mots en caractères hébraïques ainsi qu’une révision complète de ceux-ci que ni Emile Saisset (le premier traducteur du TTP en français dont le texte, corrigé et rectifié, sert de base à cette réédition), ni Pierre-François Moreau (dont l’édition bilingue du TTP constitue désormais celle de référence pour le public français), n’étant hébraïsants ni l’un ni l’autre, ne pouvaient fournir. Le diptyque formé par le Traité de Spinoza et le commentaire fort bien documenté de Steven Nadler constitue pour le lecteur français, qu’il soit ou non spécialiste, un précieux outil à plus d’un titre : d’un point de vue historique tout d’abord, l’ouvrage de Nadler ayant le mérite de mettre à la portée du grand public les derniers résultats de la recherche érudite, reconstituant, avec une verve narrative qui ne gâte rien, les sources, le contexte et la réception d’un texte dont il donne par surcroît quelques éléments d’explication ; d’un point de vue philosophique également : longtemps tenu pour un écrit de circonstances que Spinoza se serait repenti d’avoir publié (conjecture absurde s’il en est et que la préface de l’auteur suffit à ruiner en avertissant expressément tous ceux qui souffrent des mêmes passions que celles de la foule de ne pas le lire, voire de l’ignorer entièrement, plutôt que de l’interpréter de travers «comme ils en ont l’habitude» ajoute Spinoza), le Traité théologico-politique contient des enseignements valant pour tous et pour tous les temps, que l’on pourra appliquer sans peine et avec le plus grand profit au nôtre.

Sans doute, en dépit de la profondeur intrinsèque de la doctrine spinoziste concernant le sens des Ecritures – doctrine qui a pour effet, sinon pour objet, de sauver la «vraie religion», c’est-à-dire la pratique de la justice et de la charité, contre ce qu’il appelle la «vaine», qui consiste à propager sous le nom de piété ce qui lui est absolument contraire, en encourageant et entretenant au besoin les pires superstitions – , cette partie de son enseignement peut paraître aujourd’hui avoir perdu son actualité ou du moins une partie de son opportunité, tant sont désormais nombreux ceux qui se disent et se croient dorénavant débarrassés de toute religion. Il s’en faut cependant de beaucoup que la plupart d’entre eux soient par-là réellement délivrés de la superstition, que Spinoza nous apprend à distinguer de la religion proprement dite, et dont on ne saurait se libérer sans se libérer des causes qui l’engendrent et l’alimentent, dont la principale est la crainte de l’avenir. Beaucoup se jettent en outre sur la science en y cherchant quelque chose en quoi ils puissent croire et, ne connaissant ordinairement de celle-ci que des résultats sans être aucunement familiers de ses méthodes, seules à même de former un esprit scientifique, en viennent à jurer par la Science comme d’autres le faisaient jadis par les Ecritures. Il n’est dès lors pas certain que Spinoza, bien qu’on lui reconnaisse directement et indirectement un rôle de premier plan dans cette histoire qui vit diminuer progressivement le poids de la religion dans les sociétés et dans les modes de vie, s’en fut réjoui : nul ne fut plus sensible que lui, au contraire, au fait que se passer de toute religion n’était pas à la portée du premier venu, et nul ne fut en réalité plus que lui soucieux de ne pas en fragiliser chez autrui les fondements, que ce soit par son enseignement ou par sa conduite quotidienne. On raconte ainsi qu’il s’employât, de la façon la plus naturelle, à affermir la foi de l’hôtesse chez qui il logeait, ou encore qu’il encourageait les gens du même logis à assister au service divin et qu’il s’enquérait auprès d’eux du profit qu’ils en avaient tiré : ces anecdotes ainsi que sa constante proclamation de ne point faire profession d’athéisme disent, en un sens, l’essentiel du subtil rapport de Spinoza à la religion, qu’il considérait au fond, et non sans raison, comme la voie du salut la plus appropriée et la plus efficace pour la plupart des hommes quoique, par cela même, elle devait aussi fréquemment et immanquablement servir de moyen pour les maintenir dans la servitude, détournement où excellent depuis toujours ceux qui s’emparent de la religion, comme d’ailleurs de la philosophie, pour mettre l’une aussi bien que l’autre au service de leurs propres passions et appétit de domination.

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Reste que, rien n’étant plus utile à chacun que d’être conduit par sa propre raison, l’attention que Spinoza accorde à la Bible au point de lui consacrer la première partie du Traité n’a pas tant pour objet d’en établir la véritable signification que de montrer que ses enseignements sont de nature exclusivement morale, accessoirement politique, mais nullement philosophique, et que, en d’autres termes, les Ecritures n’interdisent littéralement à personne de faire usage de son entendement, et prescrivent encore moins de l’abdiquer. Ni les Ecritures, ni quiconque à vrai dire : la faculté de penser est un droit inaliénable que l’autorité, qu’elle soit religieuse ou politique, doit préserver si elle veut elle-même se conserver. La raison d’être du Traité n’est donc pas tant d’établir une quelconque vérité en matière de religion, quoiqu’il s’y emploie par ailleurs et à l’occasion, que d’établir, pour la religion aussi bien que, et même surtout, pour la paix civile au sein de l’Etat, l’utilité de garantir la liberté de penser dont ce livre est très précisément la défense en même temps que la parfaite illustration.

Le Traité de Spinoza permet dès lors au lecteur de ce siècle de comprendre que le principe de laïcité, si souvent mal invoqué, ne se résume ni ne se borne à l’observance d’une neutralité de bon aloi de la part des autorités politiques vis-à-vis des religions, organisées ou non en églises, mais constitue, dans sa plus rigoureuse et sa plus profonde acception, le fondement de toute autorité politique légitime, l’organisation politique de la société, autrement dit l’Etat, ayant précisément pour but et pour seule raison d’être de permettre que chacun, autant qu’il le peut, développe toutes les conséquences de sa nature individuelle, dont l’usage et le perfectionnement de l’attribut le plus élevé de celle-ci, qui est la raison, est évidemment le plus utile aux uns et aux autres. Rien, selon la leçon de Spinoza, ne serait par suite plus préjudiciable à l’Etat lui-même que le fait de restreindre, d’une façon ou d’une autre, la liberté de penser ou, plus précisément et dans les termes de Maïmonide dont hérite Spinoza, la «liberté de philosopher» (c’est-à-dire de faire un usage privé aussi bien que public de sa raison), pour la bonne et simple raison que rien n’est plus utile aux hommes, au plus haut point, que d’autres hommes s’efforçant de faire eux-mêmes ce qui leur est authentiquement utile, à savoir vivre sous la conduite de la raison et perfectionner l’usage de celle-ci. Les seules limites à la liberté de penser sont en réalité des limites aux passions qui, sous couvert de faire usage de cette liberté, s’y donnent libre cours et mettent par-là en péril la paix civile dont tout Etat, qu’il le revendique clairement ou pas, tire de la préservation sa raison d’être. Une libre république, que l’on dira laïque par redondance et seulement en vertu de tel ou tel héritage historique comme c’est le cas en France, est au fond une république spinoziste. Mais allons plus loin : lire aujourd’hui Spinoza et réfléchir avec lui sur ces questions contribue hautement à nous rendre utiles aux autres autant qu’à nous-mêmes. Un Etat dont les dirigeants veilleraient à l’intérêt véritable et qui auraient de surcroît eu le privilège de lire Spinoza au cours de leur vie, n’aurait par conséquent de cesse, au lieu d’installer quelque improbable «Observatoire de la laïcité», de garantir et d’encourager l’étude de la philosophie dans les écoles : au sort qu’on lui réserve en effet, et en particulier au sort qu’on réserve à «la classe de philosophie», chacun peut juger de la nature plus ou moins authentiquement républicaine de l’Etat aux lois desquelles il est assujetti, et le cas échéant prendre à son tour la plume, à l’instar de Spinoza, afin de défendre une liberté qui n’est moins menacée qu’à son époque qu’en apparence.

 

René Chiche

René Chiche est professeur agrégé de philosophie. Il signe la préface de cette nouvelle édition du Traité théologico-politique de Spinoza publiée chez aux éditions H&O en 2018, à laquelle s'ajoute Un texte forgé en enfer de Steven Nadler. 

 

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Commentaires

Excellent exposé, et dans une langue châtiée qui honore le français, l’auteur, et le lecteur, de surcroit.

Petite précision sur le mot « laïc »… C’est un mot qui s’origine dans le vocabulaire de la grande Romaine. Si, si… Le mot « laïc » se réfère à ceux AU SEIN DE L’EGLISE, n’étant pas liés à celle-ci par des voeux formels contraignants, qui se consacrent à oeuvrer.. POUR ELLE. Une sorte de pouvoir semi temporel, semi spirituel.
Cette précision sur l’origine du mot me semble salutaire.

Il me semble que le grand conflit que Spinoza inaugure est celui de l’autorité. Ceux qui citaient les textes bibliques dans leurs arguments publiques, ou leur enseignement, le faisaient en s’appuyant sur ces textes pour donner autorité ET légitimité à leurs arguments/conclusions. Ils le faisaient parce qu’ils faisaient FOI de l’autorité du texte biblique.

Celui qui cite un texte écrit et PUBLIé dans l’espace PUBLIQUE dans son propre argumentaire reconnaît… que sa subjectivité, SA raison n’est pas l’alpha, ni l’omega de… « laraison ». Sa raison, son expression particulière ne suffisent pas pour faire lien avec son interlocuteur, établir un terrain d’entente COMMUN, et éventuellement… le convaincre.
Bien sûr, derrière le problème de faire appel aux textes bibliques, il y a encore le problème de savoir… QUI détient l’autorité pour les interpréter pour mieux servir… LA RAISON ? Dieu ? un Dieu.. rationnel ? (La raison de qui, là ? Quand on divinise la raison, peut-on la séparer d’un support charnel ?)
Ici encore, l’épineux problème de l’autorité surgit. Le monde d’avant Spinoza reconnaissait l’autorité des autorités… de l’Eglise (ou de la synagogue, ahem…) pour interpréter ces écrits que tout le monde n’avait pas les moyens de lire, d’ailleurs. Le monde de la synagogue s’appuyait sur une tradition d’interprétation qui remontait déjà très loin dans le temps. Spinoza inaugure une ère qui prétend que tout un chacun peut être ? devenir ? EST ? apte à faire ce qui était l’apanage des… docteurs de la religion. (Un peu… Jésus sur les bords, là…)

Enfin, il y a une dimension capitale à reconnaître : celle de la séparation public/privé. On peut admettre sans difficulté la possibilité, la nécessité pour un sujet singulier de pouvoir.. exercer sa liberté de penser en s’exprimant… dans l’espace privée, on peut reconnaître la nécessité de défendre… la possibilité de pouvoir accueillir en soi, sous forme de pensée, des choses les plus.. incroyables ? difficiles ? meurtrières ? agressives ? mais dès que cette liberté de penser prétend s’exercer dans l’espace publique, et bien, l’enjeu devient différent. (Je passe sous silence l’espace intime ici.)
On peut, pour moi, on DOIT établir une distinction entre les différents lieux d’expression, et ce qui est exprimé dedans. L’absence de cette distinction est néfaste.. pour la collectivité. Et ce qui est néfaste pour la collectivité est rarement salutaire.. pour l’individu. Cela ne le rend pas plus « libre », bien au contraire.
QUI doit établir cette distinction, et différencier ces espaces ? Et bien, là.. on retombe sur le problème de l’autorité, n’est-ce pas ?
L’alpha et l’omega…

par Debra - le 20 septembre, 2018


Pendant au moins quinze siècles, la religion chrétienne a structuré les sociétés européennes. Certes, nous en sommes  » sortis  » mais nous en avons, par bonheur, conservé les valeurs : Liberté – Egalité – Fraternité est-ce autre chose que la sécularisation des enseignements du Christ ? Lequel peut même être considéré comme l’inventeur de la laïcité :  » Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu  » . D’où l’attachement d’un certain nombre d’entre nous au respect de l’Histoire et notamment à la reconnaissance des  » racines chrétiennes de l’Europe « . D’aucuns ont cru habile d’empêcher leur inscription à l’échelle européenne, croyant sans doute donner ainsi des gages de bonne volonté à l’Islam. Le boomerang leur revient aujourd’hui dans la figure, lancé par Viktor Orban et les pays du groupe de Visegrad. Ils l’ont bien cherché, non ?

par Philippe Le Corroller - le 20 septembre, 2018


Si on pose au départ de notre raisonnement que le « raisonnement » est nécessaire au bonheur, il est logique de trouver à l’arrivée un pouvoir politique qui éduque et contraigne les personnes à ne pas croire comme elles l’entendent : soit en suivant leurs « passions », soit en suivant les enseignements de des « parents ». Mais plutôt à croire comme le solide et rigoureux raisonnement parfaitement « géométrique » l’impose avec évidence à n’importe quel esprit « sain ».
C’est ainsi qu’en l’Urss de l’époque héroïque, les institutions, l’école et l’État ont tenté de « rationaliser » et de « laïciser » les pratiques des personnes, des « ethnies »….

par Gérard - le 20 septembre, 2018


Alexandre Soljénitsyne et Vassili Grossman ont décrit cela de manière magnifique, Gérard !

par Philippe Le Corroller - le 22 septembre, 2018



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