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Les catégories de Bien et de Mal se sont lentement mais sûrement estompées

26/10/2016 | par L. Hansen-Love | dans Philo Contemporaine | 16 commentaires

 

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BONNES FEUILLES – Laurence Hansen-Löve vient de publier l’essai Oublier le bien, nommer le mal. Une expérience morale paradoxale aux éditions Belin. Nous en publions les bonnes feuilles avec l’aimable autorisation de son éditeur et de son auteur. 

« Dans un bois aussi courbe que celui dont est fait l’homme,
on ne peut rien tailler de tout à fait droit. »
(Kant)
« Ce qui fait de l’État un enfer,
c’est que l’homme a voulu en faire un paradis. »
(Hölderlin)

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Il peut sembler étrange de prétendre «connaître» le mal et le faux tout en avouant ignorer ce qu’est le «bon». C’est pourtant ce qu’affirme Pascal dans un fragment de ses Pensées. En guise d’argumentation, il se contente de fournir une liste de qualités ou d’actions «bonnes» ou supposées telles – mais c’est pour souligner aussitôt que la «bonté» en question en est aisément contestable:

« On dira qu’il est vrai que l’homicide est mauvais ; oui, car nous connaissons bien le mal et le faux. Mais que dira-t-on qui soit bon ? La chasteté ? Je dis que non, car le monde finirait. Le mariage ? Non : la continence vaut mieux. De ne point tuer ? Non, car les désordres seraient horribles, et les méchants tueraient tous les bons. De tuer ? Non, car cela détruit la nature. Nous n’avons ni vrai ni bien qu’en partie, et mêlé de mal et de faux. »

Il faut préciser que ce fragment, qui s’intitule «Pyrrhonisme», appelle, comme c’est souvent le cas chez Pascal, une lecture teintée d’ironie : le philosophe prend acte du fait que chaque chose est «vraie en partie, fausse en partie», mais, en même temps, il ne peut s’en satisfaire: «La vérité essentielle n’est pas ainsi ; elle est toute pure et toute vraie. Ce mélange la déshonore et l’anéantit». En tant que croyant, Pascal ne saurait s’établir durablement dans l’entre-deux du relativisme. Mais les athées ou les agnostiques le peuvent-ils davantage ? Est-il «vrai», si tant est que ce mot ait encore un sens dans un monde sans Dieu – c’est-à-dire sans source irréfutable de toutes les normes – que le bien et le mal n’ont plus cours ? Devons-nous abdiquer devant les «pyrrhoniens» et leur concéder qu’il nous est devenu impossible de désigner avec assurance ce qui est bien (pour tous) et ce qui est mal (pour tous) ? Mais pourrions-nous survivre longtemps dans un monde non pas «immoral» – notion encore corrélative d’une morale – mais amoral ? Dans un tel monde, tout ne deviendrait-il pas permis, selon le fameux mot de Dostoïevski ? Les «méchants» tueront-ils tous les «bons» comme le craint Pascal ? Mais, au fait, que peuvent encore signifier les mots «bon» et «méchant» dans un tel contexte ? Comment pourrait-il y avoir encore des bons et des méchants s’il n’y a plus ni Bien ni Mal ?

Même un peuple de démons…

Que l’on croie en Dieu ou pas, que l’on soit «pyrrhonien» (sceptique) ou non, bon ou méchant, philanthrope ou pervers, ne change rien au fait qu’il nous faut cohabiter avec nos semblables ; qu’on le veuille ou non, nous sommes obligés de nous plier à un certain nombre de règles à la fois contingentes et incontournables ! Quant à savoir si une telle contrainte nous impose de nous accorder sur ce que sont «les choses bonnes», c’est-à-dire objectivement désirables, c’est une tout autre affaire. Dans les écoles primaires en France, aujourd’hui, les professeurs des écoles ne distribuent plus des «bons» et des «mauvais» points : mais parfois certains donnent, par exemple, des feux verts (ou rouges) et des stops. Le message d’un tel choix pédagogique est clair : le bien et le mal n’ont pas leur place dans ce sanctuaire républicain, les règles de la coexistence doivent s’y donner pour ce qu’elles sont, à savoir de simples conventions, au même titre, par exemple, que le règlement intérieur d’un établissement ou les règles du jeu de Monopoly ! Cette approche a effectivement le mérite d’éluder les débats récurrents qui opposent au sein de l’institution scolaire les républicains, plutôt traditionalistes, aux relativistes («Il y a autant de morales que de sensibilités ou de cultures, et toutes ont droit de cité »), mais au profit de ces derniers. La morale ainsi relativisée ne serait qu’une sorte de codification opportuniste des règles du bien-vivre : peu importe au fond que l’on roule à gauche ou à droite pourvu que l’on s’entende sur un minimum de conventions adoptées par tous ceux qui veulent se mouvoir librement sans s’entre-tuer. Comme l’écrit Rousseau, «il n’y a donc point de liberté sans loi, ni où quelqu’un est au-dessus des lois» : la « morale » – ancien nom du civisme – ne serait qu’une sorte de kit de survie que l’on adopterait sans être forcé d’adhérer pour autant à telle ou telle conception dogmatique de l’éthique.

Dans une perspective voisine, Kant relève que «même un de peuple de démons (pourvu qu’il soit doué d’intelligence)» finira bien par comprendre la nécessité d’adopter des règles de droit, internationales en l’occurrence, et de s’y soumettre lui-même s’il veut éviter, à terme, de disparaître. Si Kant a raison, pourquoi les simples citoyens ne pourraient-ils pas eux aussi décider de s’entendre sur un certain nombre de règles propres à assurer la vie en commun, tout en s’abstenant de prendre position sur la question de la source originelle des normes morales. Il est vrai que jusqu’ici nous ne nous y sommes pas parvenus. Mais cela signifie-t-il qu’un tel objectif soit dénué de sens ? En vérité, pour ce qui concerne le mal (c’est-à-dire ce que toute communauté ne peut que prohiber, comme l’inceste, les actes de barbarie, etc.), il paraît difficile de soutenir que toute définition en est périmée et que tout effort de concordance à son propos est superflu. Pascal le remarquait à juste titre dans le fragment cité plus haut. Il faut rappeler que le mal n’est pas exactement le symétrique du bien, et que ce qui est vrai du bien ne l’est donc pas forcément du mal. Il importe donc de les dissocier.

Mais arrêtons-nous sur le problème laissé en suspens par Pascal. Y aurait-il, envers et contre tout, «quelque chose» qui serait «le bon» (ou le bien), c’est-à-dire ce vers quoi convergeraient toutes les actions belles et bonnes, tous les comportements dignes d’éloge ? Sommes-nous en mesure de le concevoir clairement, et donc de le définir ? «Définir» signifie rassembler sous un même vocable : existe-t-il une idée qui constituerait soit la source suprême soit, a minima, une sorte de dénominateur commun de toutes les valeurs que les hommes poursuivent ou respectent ? Et, dans le cas contraire, ne pourrait-on pas, tout simplement, en faire l’économie ? Nous pourrions alors opter pour une généralisation de la philosophie jurisprudentielle des professeurs des écoles. Au fond, cette idée de Bien (absolu, souverain, objectif, impérieux, univoque…) ne ferait- elle pas plus de mal que de bien – si l’on peut s’exprimer ainsi ?

C’est ce dont témoigne l’histoire des idées. Il est possible en effet de tracer une ligne de partage assez nette entre les anciens théologiens ou idéologues d’une part, et les philosophes «modernes», croyants ou non, de l’autre. Si l’on met de côté les penseurs qui exploitent les outils intellectuels forgés par la philosophie grecque pour tenter d’avaliser les catégories de la théologie chrétienne – Créateur tout-puissant, arbre du Bien et du Mal, responsabilité d’Adam et Ève et ainsi de suite – on remarquera que les philosophes, depuis Descartes notamment, ont plutôt tendance à insister sur l’impossibilité, pour toute personne de bonne foi, de reconnaître sans hésitation les directives de la conscience morale. Les catégories de Bien et de Mal se sont lentement mais sûrement estompées.

Pour aller plus loin : Laurence Hansen-Löve, Oublier le bien, nommer le mal. Une expérience morale paradoxale, éd. Belin, 2016. 

 

L. Hansen-Love

Professeur agrégée de philosophie, Laurence Hansen-Love a enseigné en terminale et en classes préparatoires littéraires. Aujourd'hui professeur à l'Ipesup, elle est l'auteur de plusieurs manuels de philosophie chez Hatier et Belin. Nous vous conseillons son excellent blog hansen-love.com ainsi que ses contributions au site lewebpedagogique.com. Chroniqueuse à iPhilo, elle a coordonné la réalisation de l'application iPhilo Bac, disponible sur l'Apple Store pour tous les futurs bacheliers.

 

 

Commentaires

Même les règles de droit ne valent pour Kant que parce qu’il estime que la vie commune est un bien, elles ne sont pas aussi arbitraires que le seraient de pures conventions.
« Ne fais pas ceci » ne peut avoir de sens que si je considère que ceci est mauvais, mais je ne peux comprendre que c’est mauvais que si je comprends que cela porte atteinte à quelque chose qui a une valeur indépendante de ma volonté : et c’est cela qu’on appelle le bien.
Même dans le texte de Pascal que vous citez, le bien est présent t sans sa présence la notion de mal dont il parle n’aurait pas de sens. Car dire que la bien et le mal sont mêlés, c’est encore affirmer le bien.

par Pascal Jacob - le 26 octobre, 2016


 » Impossible, pour toute personne de bonne foi , de reconnaître sans hésitation les directives de la conscience morale  » ? Est-ce si sûr ? Lorsque Kant édicte son impératif catégorique – « Agis toujours de telle manière que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle de la nature « – , il ne fait en somme que reprendre à sa sauce l’universalisme judéo-chrétien . Lequel avait érigé des règles compréhensibles par tous :  » Tu ne tueras point « , je ne vois pas bien ce qu’on a fait de mieux en la matière depuis.

par Philippe Le Corroller - le 26 octobre, 2016


Le Bien et de Mal se sont lentement mais sûrement estompées,
En êtes vous certains?

Personnellement je trouve qu’il est de plus plus dichotomique, manichéen.

voici quelques représentations sociale criantes:

Les racistes – les autres
l’UE – les citoyens
L’UE – la méchante mondialisation
L’UE – ma nation
les migrants – ma culture
les méchants musulmans – les bons chrétiens
les croyants – les laïcs (pourtant ce ne sont pas que des athées et on peut être
croyant et laïc)
La droite – La gauche
Les islamo-gauchistes – les nationalistes
Les bons de l’OTAN – les Mauvais Russes et Chinois
Les crimes contre l’humanité – les dégâts collatéraux
Les occidentaux – les autres
Les développés – les pauvres
les travailleurs courageux -les chômeurs paresseux (les victimes du marché du travail)
Les entrepreneurs qui prennent des risques – les travailleurs qui ne sont que des coûts
Ceux qui paient l’impôt – ceux qui l’éludent
L’État sangsue – l’entreprise trop pressé par l’État
L’État dispendieux – les entreprises efficientes

et j’en passe

par Olivier MONTULET - le 27 octobre, 2016


Il me semble que l’on devrait aller plus loin…..
Depuis Descartes, la plupart des philosophies proposent plutôt l’idée que le bien n’est pas définissable, mais que l’on pourrait quand même progresser dans la définition du mal, dans la définition des « interdits », fondés sur le seul respect de l’universalité des lois.
Les interdits, étant cantonnés dans un espace culturel nécessairement relatif, ne peuvent viser à définir le bien, mais ils seraient pourtant les seuls modèles d’une approche de l’universalité.

Faut-il pour autant conclure que les catégories du bien et du mal s’estompent ?
J’ai envie de penser que le domaine dans lequel elles pourraient s’exercer se réduit ! cad, que les conditions d’existence de la conscience morale sont plus contraignantes, donc qu’il devient de plus en plus difficile de proposer des règles…
Ce faisant, ce qui s’estompe aussi, historiquement, ce sont les confusions, les fausses sentences qui remplissaient les discours de moralité, en même temps que progresse les sciences humaines

par schneider georges - le 27 octobre, 2016


A Pascal Jacob, cher collègue, Kant n’emploie pas les catégories de bien et de mal, il parle de devoir… on doit faire ceci, on doit faire cela… Mais il n’y pas l’idée que ce qu’on fait est bien. Puisque dans cette morale ce n’est pas le BUT qui compte mais l’intention, et que l’on ne peut dire que les intentions d’un homme soient jamais pures… L’ idée de Souverain Bien comme un horizon, un objectif qui demande un temps infini pour se réaliser (une vie au delà de la mort, qui est un postulat de la raison pratique) et qui reste très hypothétique car le lien entre bonheur et vertu est synthétique et non analytique. Cependant il est possible de déterminer ce qui est mal , c’est ce qui n’est en aucun cas universalisable. Nul besoin de concevoir le Bien pour cela. Ce qui est mal c’est d’inverser l’ordre moral des motifs… L’ idée de mal radical chez Kant est très précisément définie tandis que l’ idée de Bien (synthèse de vertu et de bonheur) est récusée.. C’est toute la différence entre les anciens qui concevaient la morale comme la poursuite du Bien et Kant qui la conçoit tout autrement… (« Tu dois »

)

par laurence hansen-love - le 2 novembre, 2016


A Philippe Le Coroller,

Kant ne fait pas que reprendre les dix commandements. Il ne propose pas une liste d’interdits et surtout il ne les fait pas dériver d’une croyance en Dieu (ou en un Dieu) qui aurait dicté des règles valables pour ceux avec lesquels il passé une Alliance. La morale de Kant fonctionne avec ou sans Dieu.
En ce qui concerne le « tu ne tueras bien » , c’est une prescription toute relative dans la religion.. tu ne tueras point sauf si.. Dieu te l’ordonne (cf le sacrifice d’Abraham) sauf si tu as affaire à des peuples idolâtres etc…et en général si c’est la guerre… Les prescriptions religieuses ne valent qu’assorties de toutes sortes de conditions liées à des circonstances variables. Au contraire l’impératif catégorique de Kant est inconditionnel.

par laurence hansen-love - le 2 novembre, 2016


A Olivier Montulet

Quand je parle du bien et du mal qui s’estompent, je ne veux pas dire ces dernières années, mais depuis le début du désenchantement du monde, et surtout depuis la « mort de Dieu » ( Le gai savoir). Néanmoins , je suis d’accord avec vous, le manichéisme est encore très virulent et très dévastateur. C’est précisément pour le dénoncer que j’ai écrit le livre. Néanmoins dénoncer le manichéisme ne signifie dire que tout se vaut ni que la mal n’est pas le mal..

par laurence hansen-love - le 2 novembre, 2016


A Georges Schneider,
En fait le titre de l’article ne correspond pas exactement au propos du livre. Ce qui s’estompe, selon moi, c’est l’idée de Bien. En revanche je crois que cela ne nous interdit pas de tenter de finir le mal et de le combattre.. c’est la thèse du livre, très précisément..
Merci en tout cas de votre lecture et de votre commentaire

par laurence hansen-love - le 2 novembre, 2016


Une question sur votre réponse à Georges Schneider en particulier et l’article en général. N’est-il pas contradictoire de dire que :
1. le bien n’est pas définissable dans une perspective sécularisée (sans Dieu).
2. mais que, si le bien n’existe pas forcément, le mal, lui, existe assurément.
Si l’on accepte la prémisse suivante :
P : le bien et le mal n’existent qu’à la négative l’un de l’autre. L’existence de l’un infère donc nécessairement l’existence (au moins conceptuelle) de l’autre. A cet égard, reconnaître que le mal existe n’est-ce pas forcément pré-supposer en creux que le bien existe aussi?
Ou alors, est-ce que cette opposition n’est que lexicale, et pas ontologique? Et que, donc, l’existence de fait du mal n’implique que l’existence du mot « bien »?

J’espère que la question n’est pas trop confuse. Merci pour cet article, et votre livre.

par Evan Grégoire - le 2 novembre, 2016


A Evan Grégoire

Vous avez été à l’essentiel: c’est la question du langage. Le bien n’est qu’un mot qui ne désigne aucune réalité .. Il en va tout autrement du mal.
Donc la symétrie induite par le langage est totalement trompeuse. C’est l’objet d’un chapitre de mon livre…
Merci à vous !

par Hansen-love - le 4 novembre, 2016


Bonjour, bon je ne suis pas philosophe ou quoi que ce soit, donc considérez mes propos plus comme une remarque que comme une vraie critique :

Est ce que vous (l’auteure) ne vous êtes pas donner trop de mal pour expliquer au final qu’il n y a ni bien ni mal dans la nature même des actions….

En gros tuer c est ni bien ni mal
Tuer un innocent « c est mal »
Tuer un coupable « ca se comprend »
Tuer en legitime défense « c’est bien »

Bon bien sûr ca va plus loin que ca…. mais cette histoire de bien et de mal est juste une invention humaine suite au développement de son cerveau…. Rien d’autre…. Les animaux ne connaissent ni le bien ni le mal (ou du moins pas connu comme nous on le pense), ducoup cela veut dire que les homo-sapiens, erectus etc, n’y pensait pas non plus et été régit par la nature et leurs instincts….. tout comme je pense les tribus (j’aime pas ce mot, c est vraiment un mot d’occidental)

par Nardelli - le 6 novembre, 2016


A Nardelli, je vous réponds par une citation de Russell qui exprime bien le sens de ma démarche et donc de mon livre sur le bien et le mal (que je ne crois pas superflu…)

« La valeur de la philosophie doit en réalité surtout résider dans son caractère incertain même…
Tout en ébranlant notre certitude concernant la nature de ce qui nous entoure, elle accroît énormément notre connaissance d’une réalité possible les différentes ; elle fait disparaître le dogmatisme quelque peu arrogant de ceux qui n’ont jamais parcouru la région du doute libérateur et garde intacte notre sentiment d’émerveillement en nous faisant voir les choses familières sous un aspect nouveau…
La philosophie mérite d’être étudiée, non pour y trouver des réponses précises aux questions qu’elle pose,… mais plutôt pour la valeur des questions elles-mêmes »

par Hansen-love - le 12 novembre, 2016


[…] nommer le mal. Une expérience morale paradoxale aux éditions Belin. Nous en avions publié les bonnes feuilles en […]

par iPhilo » Alep : quel est ton camp ? - le 15 décembre, 2016


Bonjour,

Si nous revenions aux origines de l’homme, avant même qu’il le devint, la lignée, qui a permis de faire advenir un pur animal en hominidé, avait su développé des stratégies pour assurer sa survivance et sa libre évolution.

On ne peut ignorer, en toute logique que pour se construire, cette lignée avait fait preuve de comportements pré-sociaux. Les échanges interactionnels des bonobos, leur langage, l’épouillage, l’adoption d’orphelins, les marques d’affection, le respect des règles de cohabitation, démontrent un exemple de solidarité et le mimétisme anthropomorphique porterait à croire qui sont animés de bonnes intentions, pour le bien de l’espèce.

Ce « sentiment », ayant été rendu nécessaire, aurait été à l’origine d’une première approche vers ce que l’on pourrait qualifier: bien et mal ; et conserver à la famille son intégrité.

Savoir si les gène du bien et du mal sont inscrits dans le génome (qui veille à l’équilibre) de l’ADN de l’Homo sapiens, l’Homme actuel…? Quand bien même, resteraient-il en l’état, (les gènes) notre évolution, très lente, tendrait vers un plus de solidarité entre tous les hommes…

Ce bien tant décrié, serait frappé consubstantiellement, comme nos amis les bêtes, au fondement de notre conscient et même de notre inconscient.

On ne saurait revenir en arrière…

par philo'ofser - le 16 décembre, 2016


réponse sur les catégories du bien et du mal

je trouve « bien » que vous me répondiez..! Que prouve l’usage que je fais ici de cette catégorie, celle du bien? cet usage prouve que cette catégorie est utile, qu’elle est donc comme inscrite dans un comportement social, celui que j’ai quand je parle à quelqu’un, quand je je veux lui faire connaitre ma pensée.

Peut-être pourrait-on dire que ma pensée occupe le terrain de la morale ?
car je juge votre comportement, et bien que je le juge en conformité avec le bien : c’est quand même presque une leçon de morale !?
En fait, je n’en sais rien.
En réalité, je ressentais plutôt une envie, j’avais le « désir » que vous connaissiez ce plaisir que vous m’avez fait en me répondant. Ma réponse ne semble avoir aucun intérêt du point de vue de la question générale!
1ere conclusion : à la question de savoir comment la pensée moderne occupe le terrain de la morale, et comment elle définit le bien et le mal, j’ai envie de témoigner d ‘une sorte de contribution à ce débat, contribution particulière dans le sens où elle n’est pas préméditée, elle s’exprime dans un comportement recherchant d’abord le plaisir dans la relation sociale. La « morale » imprègne donc les phénomènes psycho-sociaux, et donc la question morale ne peut pas être étrangère à la connaissance de ces phénomènes
2ème conclusion : puisque cette pratique se réclame d’une finalité morale, on pourrait peut-être ouvrir une nouvelle question :
1. quelle est la nature du bien . inscrit dans cette pratique ?
la première question se pose apparemment aux citoyens eux-mêmes, donc appartient au champ de la réflexion philosophique
2. Et enfin, on pourrait se demander:
si ce bien inhérent à cette pratique est en accord avec notre idée du bien.

Cette dernière formulation de la question a deux volets : le premier semble réclamer une connaissance scientifique et historique de ces phénomènes, permettant de découvrir possiblement un sens à cette évolution.
Le deuxième volet semble réclamer un traitement philosophique de la question, c’est à dire réclamer un réflexion critique sur cette évolution des idées et des pratiques.
Mais ces deux volets me semblent à la fois inséparables et distincts: par ex, la finalité morale des actions doit être reconnue et critiquée par l’histoire (l(historien), et la vérité contenue dans cette connaissance doit être reconnue par les citoyens.

Je dirais bien….:
Le citoyen conserve, à travers le peuple, le droit de dire le bien et le mal, à condition qu’il reconnaisse la vérité de son passé, de tout son passé.
En ce sens, on voit la part grandissante du champ des sciences dans le débat moral
Mais on peut également être étonné devant la part fondamentale de la morale dans le traitement de toutes les questions politiques

Pour moi, la dynamique de cette question devrait servir d’ossature à la pensée politique démocratique.
Et encore merci…..

par schneider georges - le 28 décembre, 2016


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