Enfants et pères de Fukushima, retour sur des paradoxes de la perception

6 juillet 2012 | Alexis Feertchak

« L'accident nucléaire de la centrale de Fukushima Daichii ne peut pas être considéré comme une catastrophe naturelle. Il s'agit d'un désastre dont l'origine humaine est profonde et qui aurait pu et dû être prévu et anticipé ». C’est ainsi que la Commission d’enquête indépendante sur l’accident nucléaire de Fukushima sanctionne l’Etat japonais et la société Tepco, dans son rapport remis jeudi 5 juillet au Premier Ministre. Cette sentence nous frappe pour deux raisons bien différentes : primo parce que ce jugement apparaît comme une évidence de Monsieur de Lapalisse et secondo parce que dans le même temps cette évidence martelée ne nous paraît pourtant pas crédible.

Inscrivez-vous à la newsletter iPhilo !

Recevez le premier journal en ligne gratuit écrit par des philosophes dans votre boîte mail !

Les dieux sont dans le smartphone

10 juin 2012 | Thibaud Zuppinger

La scène se passe il y a longtemps, dans une contrée reculée. Et il pleuvait. Des étrangers avaient fait une longue route pour rencontrer enfin le philosophe. Ils espéraient une rencontre grandiose, intimidante, à l’image de la réputation de sagesse qu’Héraclite possédait dans tout le monde grec. Quelle ne fut pas leur déception de voir le philosophe retranché dans sa cuisine, blotti au coin du feu, tel un Descartes dans son poêle afin, selon Aristote, de se réchauffer. C’est évidemment un lieu de réception fort modeste qui contraste avec l’image de la philosophie comme pratique noble de l’esprit.

L’épistémologie au procès

28 mai 2012 | Mathias Girel

Les sciences et leurs applications sont naturellement au coeur des choix démocratiques, qu'il s'agisse d'énergie, d'agroalimentaire, de décisions stratégiques en matière de recherche et d'innovation. On discute les sciences, on en dispute aussi. Pour autant, tout débat autour des sciences est-il un débat sur la science et au profit de la science ? Loin s’en faut.

L’humain avec ou sans limites

17 mars 2012 | Roger-Pol Droit

Dire adieu aux inconvénients de nos organes ? En finir avec les emballements déplacés de notre système digestif, les battements intempestifs de notre cœur ? Mais oui, c'est annoncé, et ce serait dès 2030 (!). Nous est d'ailleurs promis, dans la foulée, le largage définitif de ces derniers accessoires – obsolètes, encombrants et fragiles – que sont poumons, artères et système nerveux.